Revue de Paris
242 LES AUTISTES LITTERAIRES.
mation, les Goncourt, enfermés dans les limites étroites de leur monde contemporain, n'éprouvèrent naturellement qu'un enthousiasme très contenu, et en somme ils ne comprirent pas ^ Le grand représentant de la critique d'alors, Sainte-Beuve luimême, Sainte-Beuve surtout, sous une forme modérée, se montra sévère pour l'épopée barbare, accusa presque son ami d'avoir trahi la vraie cause, et du reste ne comprit pas davantage^. 11 s'était placé pour étudier Salammbô à un point de vue absolument détestable, et, s'obstinant à y chercher ce que nous appelons un roman, il avait beau jeu à en relever les points faibles et se faisait la partie trop aisée pour conclure à un échec. Les trois articles aboutissaient à quelques conseils d'une prudence assez plate. Il voulait que l'auteur revînt « à la vie, à ce qui est du domaine et de la portée di; tous, à ce que notre époque désire le plus et (pii peut l'émouvoir sincèrement ou la charmer ». Il l'engageait en terminant à ne pas tenter l'impossible et à toujours demeurer « l'homme de sa nature » . Qu'eùt-il pensé plus tard, le juge autorisé des Lundis, s'il avait pu lire à ce sujet l'appréciation d'un témoin intime de la vie de Flaubert, et qui professait sur la nature du grand écrivain une opinion diamé-