‹ Les artistes littérairesChapitre 122 sur 160 · Nouveaux Lundis, t. IV [8, 15 et 22 décembre · texte numérisé non relu

Nouveaux Lundis, t. IV [8, 15 et 22 décembre

tralement opposée? 11 fut sans doute resté stupéfait devant cette phrase des Souvenues littéraires de M. Maxime Du Camp : « Salammbô est le livre excessif de Flaubert ; il eut moins de retentissement et est moins apprécié que Madame Bovary, je le sais ; mais c'est celui qui est le plus dans son tempérament , c'est celui où il s'est abandonné sans contrainte, cest celui sur lequel on le doit apprécier, car il y a mis tous ses défauts et toutes ses qualités ^ »

Et cependant, maintenant que des années se sont écoulées et que l'on peut observer l'homme et l'œuvre plus impartialement, de plus loin et de plus haut, avec un recul qui permet d'un seul coup d'œil de les voir dans leur ensemble, maintenant que des correspondances et des mémoires alors inédits ou inexistants ont été publiés, l'assertion de Sainte-Beuve se trouve bien compromise, et c'est à celle de M. Maxime Du Camp que la postérité, scmble-t-il, devra se rallier. Le volume le plus complMemcnt adéquat au génie artistique du maître, celui qui correspond de la manière la plus logique et la plus immédiate à sa conformation cérébrale, c'est bien, avec la Tentation de saint Antoine, le poème de Salammbô. Ses autres ouvrages, — en quelque haute estime qu'on les tienne, — ne sont que des produits indirects de sa pensés et ne parais-

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