‹ Les artistes littérairesChapitre 125 sur 160 · Maxime Du Camp, Souvenirs littéraires, t. I", ch. ix · texte numérisé non relu

Maxime Du Camp, Souvenirs littéraires, t. I", ch. ix

luptueux qu'on éprouvo .-i regarder aux abattoirs le couteau s'enfoncer dans la gorge des bêtes K

Cette anomalie mentale serait déjà étrange à observer si, dans l'histoire des lettres, on la voyait particulière à l'auteur de Salammbô; mais quelque forcé que semble au premier abord un rapprochement, il faut se souvenir qu'elle a été une des marques distinctives de toute une école théâtrale en Angleterre.

Les prédécesseurs et les contemporains de Shakespeare, et Shakespeare aussi parfois, s'attachent avec une insistance maladive à des fictions épouvantables, à de longues descriptions d'horreurs, scènes de massacres ou de supplices qu'on dirait émanées des méditations des tortionnaires, et qui secouent brutalement le système nerveux plutôt qu'elles ne touchent l'intelligence ou la sensibilité. Qu'on se rappelle certaines pièces de Kid ou de Marlowc'% et surtout ce long cauchemar en trois mille vers, Titus Anchonicus, auquel a très probablement collaboré le créateur d'Hamlet. Le meurtre, le viol, les mutilations, le cannibalisme s'y succèdent sans interruption comme les principaux ressorts dramatiques sur lesquels repose l'ouvrage. Un fils est exé-

1. Nous tenons Fanecrlote de M. Auguste Dide qui était, ce jour-là, du groupe devant lequel Flaubert soutenait sa singulière opinion.

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