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Maxime Du Camp, Souvenirs litterairea, t. II, ch. xvt

GUSTAVE FLAUBERT. 2o3

Dans ces conditions, l'existence lui fut dure; il en souffrit sincèrcuient, d'autant plus qu'avec sa disposition naturelle à tout exagérer, de douloureuse il se la fît tragique, et qu'il considéra comme de cruels tourments les moindres méconqjtes de son imagination désabusée. Il ne fallut pas moins que son amour de l'art pour la lui rendre tolérable, et lui permettre, selon ses propres termes, « d'escamoter la vie » ^

Aussi, dès qu'il compose d'après ses goûts, dès qu'il laisse agir sans contrainte son génie et son tempérament, ce sont les mêmes outrances, c'est le même « attrait pour les excessifs » qui caractérisent sa rêverie malérialisée par la parole écrite. Il s'attache aux sujets bizarres, farouches, macabres qu'il emprunte aux contrées les plus lointaines, aux civilisations disparues les plus mystérieuses, ou enfin au domaine du pur fantastique. Ses ouvrages de jeunesse, demeurés longtemps inédils, indiquent assez, par le peu que nous en savons, par les ({uelques fragments publiés, par leur titre seul, dans quel esprit ils ont été conçus et à quelle catégorie ils appartiennent. Novembre, sorte d'autobiographie romanesque d'un lyrisme échevelé jusqu'à l'emphase, d'une coloration de style criarde à force de vouion* être brillante, ferait sourire aujourd'hui par ses

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