‹ Les artistes littérairesChapitre 131 sur 160 · Journal des Concourt, t. II (31 janvier · texte numérisé non relu

Journal des Concourt, t. II (31 janvier

nelle, à quel mobile obéissait-il donc quand il composait laborieusement ces vastes études de mœurs, où le souci du Vi-ai paraît avoir primé la préoccupation du Beau ?

En ce qui concerne son premier ouvrage^ M. Maxime Du Camp, — que nous avons déjà cité, et que nous aurons encore à citei' plus d'une fois, — M. Maxime Du Camp a raconté, avec les détails les plus précis, pour quels motifs et sous quelles influences son ami se décida à entreprendre cette triste scène de la vie de province. Ce fut presque à titre d'exercice littéraire, sur le conseil de ses intimes les plus dévoués, et pour réfréner justement son imagination en l'attachant de force à un sujet terre à terre K Du reste, il ne subit pas sans quelque frémissement la contrainte qu'il s'était imposée, et dès qu'il eut conduit jusqu'au suicide final les adultères d'Emma Bovary, sa principale hâte fut de retourner aussitôt vers le monde antique et de commencer Salammbô. On a donc le droit d'être surpris ensuite quand on le voit, sans occasion extérieure connue, et de son plein gré en apparence, s'absorber de nouveau, et à deux reprises, dans la peinture de cette société contemporaine qu'il prétendait mépriser et haïr de toutes les énergies de son âme ; on s'étonne, s'il éprouvait de tels ennuis et de tels dégoûts devant la platitude

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