Ibid., id
ci. Ibid., ch. IV.
M. THÉODOUi: DE liANVILLi;. 313
d"habitude, les connaît rapidcmcnl et les voit venir au bout des vers avant qu'il ne les ait lus.
Nous avons là un premier exemple d'une curiosité de blasé pour les complications ingénieuses mais inutiles, et déjà il semblerait assez significatif, s'il n'était corroboré [jar une série d'autres laits analogues, et principalement par l'aveu que laisse échapper l'auteur sur ce qu'il considère comme Tessence du plaisir esthétique. A son avis, « dans toute œuvre d'art, ce qui intéresse c'est l'adresse de l'ouvrier* » ; et, dès lors, on comprend que son intérêt s'accroisse en raison directe du nombre d'obstacles qui auront été surmontés. Ainsi s'explique sa passion pour les l)oèmes traditionnels à forme iixe, le ronde!, le rondeau, la ballade, le sonnet, le sonnet surtout, avec les multiples conditions qu'il exige pour atteindre à la perfection, avec ses strophes inégales et aux rimes entre-croisées, avec son trait final, à la fois concis et précieux, et dont le piquanl doit tivrprendre.
Ces deux derniers mots, déjà placés en italiques dans le Traité de Poésie, et répétés à quelques pages d'intervalle, peuvent, semble-t-il, passer à eux seuls pour une révélation. L'étonnement considéré comme une des bases fondamentales du sentiment du beau ! l'imprévu érigé en système d'art ! Scribe et son école avaient pratiqué une théorie semblable