RoUa, chant I
sa première jeunesse, sur les bancs même du collège, au lieu de lire Tite-Live, Cicéron et les écrivains de la pure é})oqiie liltéraire, il recherchait déjà les auteurs de décadence d'un latin plus compliqué, plus raffiné, plus subtil, Martial, Catulle, A-puléc, Pétrone ' , Il fallait des mets épicés à ce palais d'éphèbe, et lui-même, en quelques pages curieuses de Mademoiselle de Maupin, il se reconnaît atteint, à vingt ans, « de celle maladie qui prend aux peuples et aux hommes puissants dans leur vieillesse ».
« N'est-ce pas singulier que moi, qui suis encore aux mois les plus blonds de l'adolescence, qui, loin d'avoir abusé de tout n'ai pas même usé des choses les plus simples, j'en sois venu à ce degré de blasement de n'être plus chatouillé que par le bizarre et le difficile... C'est comme un enfant de six mois qui trouverait le lait de sa nourrice fade et qui ne voudrait tcter que de l'eau-de-vie ; — je suis aussi las que si j'avais exécuté toutes les prodigiosités de Sardanapale, et cependant ma vie a été fort chaste et tranquille en apparence ; c'est une erreur de croire que la possession soit la seule route qui mène à la satiété. On y arrive aussi par le désir, et l'abstinence