‹ Les artistes littérairesChapitre 20 sur 160 · Ibid., ch. III · texte numérisé non relu

Ibid., ch. III

THEOl'HILi: GAirriEii.

homme, de chcanger sa personnalité pour iiiic personnalité différente, tout en se demandant déjà par avance si cet avatar fantastique parviendrait à lui procurer une sensation nouvelle.

L'amour môme, avec ses multiples sources d'émotion, est incapable de lui donner une secousse sutTisantc pour le tirer de son mélancolirpie engourdissement; l'abandon lui manque. Une seule fois, dans un simple baiser, il a trouvé ce moment d'oubli sans lequel la volupté complète n'est pas réalisable ; en vain, par une scène identique, accompagnée de circonstances semblables, il a essayé de ramener cette minute d'ivresse'. Il ne peut pas aimer, quoiqu'il le veuille, quoiqu'il s'exhorte avec colère à être tendre et passionné ; quoique, selon sa propre expression si énergique, il prenne son âme « par les cheveux » pour la traîner derrière lui et la forcer d'obéir ; il ne peut pas aimer, en dépit de son désir et de ses sens, parce que le moi, ironique et analyseur, le moi qui sait et qui ne s'illusionne plus est toujours là pour souffler à l'amant les décevantes leçons de la mortelle expérience, et pour lui montrer, jusque dans les bras de sa maîtresse, la vanité parfaite du bonheur qu'il croit goûter. Son sang-froid intellectuel ne le quitte pas, même au milieu des spasmes d'un plaisir convulsif ; quand

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