‹ Les artistes littérairesChapitre 23 sur 160 · Rolla, cliant IV · texte numérisé non relu

Rolla, cliant IV

Hugo, moins nerveux, mais non moins inquiet, s'écrie :

Une chose, ô Jésus ! en serret m'épouvante : C'est l'écho <le ta voix qui va s'alïaihhssanl ' ;

en même temps qu'eux, et à côté d'eux, Théophile Gautier pousse la même plainte funèbre, et appelle l'éclosion d'une foi nouvelle qui puisse remplacer dans son c(eur celle qui n'est déjà plus:

Pour sauver ce vieux monde il faut un dieu nouveau,

Et le prêtre demande un autre sacrifice.

Voici bien deux mille ans que l'on saigne l'agneau :

Il est mort à la fin et sa gorge épuisée

N'a plus assez de sang pour teindre le couteau.

Le dieu ne viendra puft. L'église est renversée-.

Triste constatation dernière ! désillusion finale, après laquelle le mysticisme de l'anéantissement devient le seul refuge de l'esprit, et la recherche de la mort le but unique, la préoccupation suprême de l'existence. Devant ses amours, ses croyances, ses espérances détruites, l'homme se prend de la passion furieuse de se détruire lui-même, de tuer sa pensée individuelle, de se plonger tout entier dans le sommeil sans rêve : et Théophile Gautier, bien avant Schopenhauer, bien avant la révélation à la France des doctrines bouddhiques, aspire au nihilisme, au sombre Nirvana de Çakya-Mouni et de ses disciples,

1, Les Voix Intérieures, pièce i.

Page 1