‹ Les artistes littérairesChapitre 27 sur 160 · Ibid., chant IX · texte numérisé non relu

Ibid., chant IX

d'un esclave qu'il la supplie de ne pas l'emmener encore, de revenir demain. 11 la nomme « la Vierge aux beaux seins d'albâtre ' )> ; il lui rappelle qu'en son honneur il a planté son jardin d'ifs, de buis cL de cyprès ; selon sa propre expression c. il lui fait la cour », pour qu'elle daigne l'épargner.

La physionomie et le ton du poème ont changé complètement; et, tandis que nous l'avons vu presque en entier se dérouler sur le mode le plus lugubre, voici qu'il se termine par une invocation à la jeunesse et à la vie, une sorte d'ode anacréontique à la beauté et au plaisir :

Prenez-moi dans \os bras, doux rêves du poète; Entre vos seins polis posez ma pauvre tête, Et bercez-moi longtemps.

Loin de moi, cauchemars, spectres des nuits! Les roses, Les femmes, les chansons, toutes les belles choses,

Et tous les beaux amours .

Voilà ce qu'il me faut. Salut, ô Muse antique. Muse au frais laurier vert, à la blanche tunique.

Plus jeune tous les jours.

Brune aux yeux de lulus, blonde à paupière noire, 0 Grecque de Milet, sur l'escabeau d'ivoire

Pose tes beaux pieds nlis.

Que d'un nectar vermeil la coupe se couronne! Je bois à ta santé d'abord, blanche Théone,

Puis aux dieux inconnus.

Page 1