La Comédie de la Mort, chant IX
Ta gorge est plus lascive et plus souple que l'onde ; Le lait n'est p;is si pur et la pomme est moins ronde.
Allons, un beau baiser !
Hâtons-nous! hâtons-nous! notre vie, ô Théone! Est un cheval ailé que le temps éperon ne.
Hâtons-nous il'en user'.
Et désormais, c'en est fini des lamentations et des rêveries funèbres : la transformation est faite ; l'épicurien remplace ou, pour le moins, masque le désespéré. Il va écrire Fortunio « cet hymne à la beauté, à la richesse et au bonheur, où l'on ne verra que du marbre, de l'or et de la pourpre '^ » ; il composera cette infinité de nouvelles et de contes, que remplit tout entiers la préoccupation plastique ; et lui qui rêvait jadis de tuer son corps par l'ascétisme de la Thébaïde, il ira reprocher aux moines de Zurbaran de mépriser et de déchirer cette chair, pétrie pourtant de la main du Créateur.
Votre corps modelé par le doigt de Dieu même, Que Jésus-Christ, son fils, a daigné revêtir, Vous n'avez pas le droit de lui dire : Anathème^ !
Assurément l'homme d'autrefois n'a pas disparu d'une manière complète; il suffirait de remuer ses biographies ou de feuilleter ses œuvres pour y retrouver sans cesse l'écho lointain de cette mélan-