‹ Les artistes littérairesChapitre 30 sur 160 · TU KOPTIILE GAL'TIEU · texte numérisé non relu

TU KOPTIILE GAL'TIEU

existence sera encore pire que celle-ci*. » Celle-ci, de toutes les manières, lui avait été pourtant singulièrement douloureuse, et peu de pages dans notre littérature semblent aussi navrantes que les confidences intimes qu'il adressait de Saint-Pétersbourg à ses sœurs, dans l'hiver de I808. Elles ont été transcrites entièrement par M. de Spoelberch de Lovenjoul dans la préface de son ouvrage - ; en dehors de l'intérêt documentaire qu'elles présentent comme portrait d'un grand écrivain dessiné par luimême, elles valaient, au seul point de vue de l'art, en tant qu'admirable morceau de prose, d'être livrées à la publicité.

Vous savez dans (^uel dcgoùt et quel ennui je suis des hommes et des choses; je ne vis que pour ceux que j'aime, car, personnellement, je n'ai plus aucun agrément sur terre. L'art, les tahleaux, le théâtre, les livres, les voyages même ne m'amusent plus : ce ne sont pour moi que des motifs d'un travail fastidieux, car il est toujours à recommencer. N'ajoutez pas à tous ces chagrins des phrases comme celles qui terminent une de vos lettres, ou je me coucherai par terre, et me laisserai mourir le long d'un mur sans plus bouger.

11 se plaint ensuite de cette lourde tâche du feuilleton qu'il a dû subir sans répit pour faire subsister

1. Ernest Feydeau, Théophile Gautier : Souvenirs inlimes, ch. xxxviu.

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