Les Fleurs du Mal, pièce xix
quête de filles lardées, aux lèvres roupies par le carmin et aux yeux avivés par le kohol; tantôt épris de ces charmes c inconnus aux peuples anciens* »,
Les visages rongés par les chancres du cœur, Et comme qui dirait les beautés de langueur ^
tantôt enfin hanté par le souvenir de la statuaire grecque, le poète, ou bien demande à l'amour de lui donner des sensations violemment et affreusement dramaliques, mêlées de mysticisme chrétien et excitées encore par un besoin de contraste que nous examinerons, et il se représente l'Éros antique sous l'aspect «d'un démon aux yeux cernés par la débauche et l'insomnie, traînant comme un spectre ou un ji,alérien des chaînes bruyantes à ses chevilles, et secouant d'une main une fiole de poison, de l'autre le poignard sanglant du crime ^ ». Ou bien il cherche dans l'union ([ui l'attache à une maîtresse une sorte de bonheur tranquille :
Je hais la passion et l'esprit me fait mal ; Aimons-nous doucement. . . '.
Et il y poursuit ce genre d'affection calme que contiendrait le cœur d'une sœur ou d'une mère :