Les Fleurs du Mal, pièce lsvi
96 LES AUTISTES L ITTÉ U A 1 H lOS .
Et pourtant, aimez-moi, tendre cœur ! soyez mère, Même pour un ingrat, même pour un méchant; Amante ou sœur, soyez la douceur éphémère D'un glorieux automne ou d'un soleil couchant'.
Ou bien enfin il làclie d'y puiser l'oubli, d'y hmicontrer un avant-goût du néant que, semblable à tous les hommes de son siècle, il a parfois souhaité à ses lieures funèbres, et il avoue qu'il
A cherché dans l'amour un sommeil oublieux -,
sans se soucier de la qualité réelle des sentiments auxquels il ne demandait que le repos. Trop heureux s'il parvenait à « s'enivrer d'un mensonge ^ » qui rendît
L'univers moins hideux et les instants moins lourds'',
et qui lui permit d'échapper à la monotone platitude de l'existence humaine.
Fuir le banal dans la vie et dans l'art! c'est en effet le premier principe de sa vie et de son art. Jl dédaignait la foule et ses suffrages; il n'aimait et ne recherchait que les plus subtils abstracteurs de quintessence; il professait cette doctrine, si souvent répudiée, que le goût et le sens littéraires