‹ Les artistes littérairesChapitre 59 sur 160 · Ibid., pièce xvi · texte numérisé non relu

Ibid., pièce xvi

change, sans qu'on puisse s'en expliquer le motif autrement que par le besoin de corser l'idée d'un contraste, et nous avons ceci :

Je m'avance à Taltaque et je yriiiipe aux assauts. Comme après un cadavre un chœur de vermisseaux, Et je chéris, ô bête implacable et cruelle ! Jusqu'à cetie froideur par où tu m'es plus belle '.

Ces citations pourraient se passer de commentaires plus amples, et la méthode de composition employée par Baudelaire s'y révèle déjà avec une irréfutable netteté. Pourtant, il y a mieux; et, avant d'en finir sur cette question, on ne saurait oublier une de ses pages les plus célèbres, et où il a poussé son système jusqu'aux dernières conséquences.

Qu'est-ce que le poème intitulé la Charogne -? — Le sujet n'en est ni très compliqué ni très neuf. 11 se résume en une phrase : malgré la destruction universellement inévitable, quelque chose de divin dans nos amours restera immuable et éternel. Tous les lyriques de tous les temps ont traité ce thème avec plus ou moins de bonheur, et, d'ordinaire, ils ont porté l'effort principal de leur lyrisme sur le spectacle de la vie immortelle et de l'union sans fin des amants. Scrupuleusement, ils ont écarté les

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