Prosper Mérimée, Lettres à une Inconnus, lettre IF
3. Gustave Flauberl, Correspondance: I" série, lettre à Ernest Chevalier (24 février 1839).
un jeune paysan de dix-sept ans contemple le tranchant fraîchement aiguisé d'une hache, sous le banc où dort son vieux père; soudain, il brandit la hache et regarde avec une curiosité hébétée comment le sang coule sur le banc de la tète fendue. Dans le même état, un homme trouve quelque jouissance à dévisager quelque personnage considérable, entouré du respect de tous, et à penser : si j'allais à lui et que je le prisse par le nez, en lui disant : — Eh ! mon bon, viens-tu? »
M. Melchior de Vogué, qui a déjà cité ce fragment dans ses belles études sur le Roman russe, appelle ceci d'un nom intraduisible dans notre langue, Yotchaïanic \ et il y voit la maladie nationale des Slaves.
Leur est-elle à ce point réservée? Oui, par sa généralité, puisqu'elle semble être descendue jus qu'au moujick à demi sauvage.
Mais, en l'espèce, elle avait été constatée en France avant que l'auteur de la Guerre et la Paix y fût encore connu, et Baudelaire l'avait donnée comme une des formes les plus habituelles du désespoir et du découragement.
Rappelons-nous, dès le début des Fleurs du Mal, la description de l'ennui, et comment, au miheu de sa plus molle paresse, le « monstre délicat »