LES 1 H LUE S DE GO.XCOLRT
son imagiiialiou '. De même nous voyons Jules de Goncourt, brisé par des douleurs de l'oie, à la suite d'un article brutalement hostile où il a été appelé « le sergent Bertrand de l'histoire- ». De même encore, au moment où tous deux prépareront leur roman de Sœur Philomène, et chercheront dans les hôpitaux de Paris les documents nécessaires à leur travail, la vue et la fréquentation matérielles des hideuses misères humaines, l'aspect de la maladie et des plaies sanglantes, tout l'appareil funèbre de la souffrance et de l'agonie leur causeront un ébranlement qui, au bout de quelques semaines, aura brisé leurs forces, à tel point que « le moindre bruit, une fourchette qui tombe, leur donnera un tressaillement par tout le corps et une impatience presque colère^ ».
En dehors de ces manifestations purement physiques, leur état se révèle par des crises morales, habituelles à ceux-là seulement chez qui le système nerveux a pris une prépondérance anormale. Ils ont quelque chose qui rappelle les étraugetés observées par la médecine chez les jeunes filles ou les jeunes femmes, et les confidences qu'ds ont laissées sur leurs mélancolies ou leurs joies, sur leurs ardeurs fébriles ou leurs dégoûts soudains, confondus en un