Charles Demailly, ch. vu et xvii
3. La révolution dans les mœurs : Des lettres et des arts au XIX siècle (E. Dentu, édit., 1854),
l'art pour l'art, la moralité du beau ; ils parsèment leurs écrits d'étincelants morceaux de prose, et, en ces dernières années, alors que M, Edmond de Goncourt est embrigadé pourtant dans un cénacle qui ne se recommande pas de l'auteur de l'fnterinez-zo, on le voit parfois revenir à ses premières inspirations et créer, dans le })ersonnage de la Tompkins * , un pendant au Forlunio de Théophile Gautier. 11 ne nie pas d'ailleurs, lui, le romancier expérimental, le collectionneur de documents humains son goût « pour les livres des écrivains à l'imagination déréglée, aux concepts extravagants, aux idées singulières, pour les livres un peu fous, ces livres où, selon Montaigne, l'esprit, faisant le cheval échappé, enfante des chimères » '-. Kt la mort de lord Annandale, dans la Faustin, est peutêtre un peu le produit de cette disposition fort rare chez les adeptes de l'école naturaliste. Seulement, à la suite de ces envolées poétiques et capricieuses, ils aimeront parfois à s'abaisser en proportion des hauteurs où ils s'étaient élevés. Sans bien s'expliquer ce phénomène, ils l'avaient d'ailleurs senti et noté dans un court alinéa de leur Journal, quand ils déclaraient que « l'homme a besoin de dépenser, à certaines heures, des grossièretés de langue, et