Préface de Cfiérle
2. Edmond de Goncourt : La Maison d'un Artiste, t. II, — Cabinet de travail.
LES FRÈRES DE GdNCOURT. 16'J
ciirc n'a pas cette pureté que possédaient nos maîtres du xvii*' siècle, elle a par contre l'éclat du coloris, l'harmonie du rythme, la richesse et la variété de l'épithète, et puis une certaine poésie d'une mièvrerie précieuse et contournée, qui n'est pas faite pour déplaire à tous, et qui disparaîtrait forcément avec une contexture de style plus solide et plus serrée.
Le genre qu'ils ont créé n'est donc pas inadmissible: loin de là; et ce n'est que justice de lui reconnaître d'incomparables mérites. Est ce à dire (|u'il faille l'applaudir sans réserves ? Malheureusement, non. Fùt-il excellent, inattaquable en soi, il pécherait encore par la faron dont il a été employé; et nous remarquons là une pi-euve nouvelle des déplorables résultats auxquels ont été conduits les deux frères par leur mode de travail.
Que l'idée naisse de la perfection du style, comme Tout soutenu Gustave Flaubert et Théophile Gautier*, ou bien au contraire que la force du sentiment ou de la pensée parvienne à soutenir la trame des phrases chez des hommes fort peu experts dans les questions du métier, — et ce fut le cas de Lamartine et d'Alfred de 3Iusset, — nous n'en trouvons pas moins chez tout écrivain véritable une connexité intime, un rapport absolu entre la