Idées et Sensations, p
bert comme o une des plus grandes sottises qu'on ait pu dire » son aphorisme: « Malheur aux productions de l'art dont toute la beauté n'est que pour les artistes' », et. à ce sujet, se font de nouveau relever par Sainte-Beuve, écrivain beaucoup moins intransigeant, et qui, à la fin de sa carrière, se laissait volontiers effrayer par les allures qu'il voyait prendre aux lettres françaises sous l'impulsion des novateurs, fussent-ils de ses amis, comme MM. de Concourt.
Geux-là, il est vrai, avaient poussé l'horreur de la loi commune plus loin que tous les autres, jusqu'à avouer qu'ils souffraient de toute régularité dans la vie réelle. L'organisation précise et un peu monotone des sociétés contemporaines les exaspérait aussi bien que la médiocrité de conception ou de style dans un ouvrage d'imagination. Volontiers, ils auraient demandé aux hommes et aux choses des spectacles plus tourmentés, plus romanesques, plus excentriques.
Ce qui me dégoûte, c'est qu'il n'y a plus dextrava- ^ance dans les choses du monde. Les événements sont raisonnables. Il ne surgit plus quelque grand toqué de gloire ou foi, qui brouille un peu la terre et tracasse son temps à coup d'imprévu. Non, tout est soumis à un bon sens bourgeois, à l'équilibre des budgets. Il n'y a plus de fou, même parmi les rois -.