Poèmes barbares
Les ans n'ont pas pesé sur ta grâce immortelle, La tombe bienheureuse a sauvé ta beauté : Il te revoit, avec tes yeux divins, et telle Que tu lui souriais en un monde enchanté.
Jlais quand il s'en ira dans le muet mystère Où tout ce qui vécut demeure enseveli, Qui saura que ton âme a fleuri sur la terre, 0 doux rêve promis à l'infaillible oubh ' ?
Dès lors, sans chercher à pénétrer plus clairement cette mystérieuse passion, sans nous arrêter davantage aux circonstances diverses qui durent assombrir les débuts de la vie pour M. Leconte de Liste, nous pouvons admettre comme certain que, dès sa première jeunesse, avant qu'il vînt en Europe, quelques-unes des fibres les plus sensibles de son cœur avaient été irrémédiablement atteintes, et qu'il portait déjà, dissimulés sous une résignation apparente, les germes de l'implacable désespoir épandu plus tard dans ses livres. Ce qu'il deviendra un jour se dessine ainsi peu à peu. A cette époque, il ne se connaît ni ne se possède encore. Son génie n'est qu'à l'état embryonnaire; mais pourtant il existe. Il lui faudra une succession d'années et une série d'événements pour s'épanouir en sa pleine maturité.
Arrivé en France, le futur auteur des Poèmes antiques s'installa à Rennes, où il écrivit quelques vers dans les journaux de Bretagne, et étudia les langues