Poèmes tragitiues ; rilUusion suprême
M. LECONTE DE LISI.E. 199
étrangères, la philosophie, l'histoire surtout, sans but bien fixe d'ailleurs, accumulant pour Pavenir des matériaux, dont il ne pouvait guère pressentir Tusage. Son existence à ce moment, jusque vers 1850, s'écoule en une flânerie laborieuse, indécise, presque incohérente. II s'absorbe dans les travaux les plus divers; il fréquente les personnalités aux esprits les plus disparates. Il voyage : nous le trouvons parcourant à pied, en compagnie de Théodore Rousseau, la vieille terre du druidisme, qui lui fournira, pour ses Poèmes barbares, le sujet de si grandioses descriptions. Puis, pris de nostalgie peut-être, deux ou trois fois il traverse les mers pour regagner son île natale. Il élit enfin domicile à Paris, où il se plonge dans le fouriérisme, collabore à la Démocratie pacifique que dirigeait Victor Considérant, et compose des odes à la gloire de la nouvelle doctrine K C'est là qu'il découvrit sa voie véritable, si longtemps et si péniblement cherchée, et qui, selon toute vraisemblance, lui fut en grande partie révélée par le hasard d'une relation artistique.
Parmi les hommes qu'il rencontrait habituellement dans son entourage d'amis intellectuels, plu-