‹ Les arts au Moyen Age (volume 3)Chapitre 14 sur 41 · LE P AI. A T S ROMAIN · texte numérisé non relu

LE P AI. A T S ROMAIN

elle égorgea les enfans après avoir fait répudier leur mère, renouvelant ainsi, et au-delà, à elle seule, la scène du massacre des enfans de Clodomir , se dévoua dès lors tout entière aux intérêts de son fds liés à ceux de son ambition. Humble et suppliante dans le malheur , elle put réoccuper bientôt le palais des rois, lorsque, régente du royaume par la protection de Gontran et plus reine que jamais , elle dirigea ses poignards contre Gontran lui-même, et parvint à obtenir pour Clotaire II la part du lion dans le nouveau partage de Paris, redevenu par les artifices de cette reine la seule capitale du

royaume.

Dagobert Ier, fils de Clotaire II et héritier de ses vastes possessions ( Frédcg . Sup., c. lvi, p. 435), ne se rendit à Paris en 629 qu après avoir résidé, avec Nantilde , à Metz, à Soissons et à Reims -, mais ce fut de notre ville ou du palais voisin de Clichy que ce prince habitait, qu’avec T aide de son ministre, expert en matière d’art , saint Eloy, il fonda et construisit, pour abriter dignement les reliques de l’apôtre des Gaules, recueillies par sainte Geneviève , l’admirable basilique de Saint-Denis , fondation dont la grande tradition s’est perpétuée jusqu’à nous , malgré les nombreux changemens apportés à son ordonnance primitive 1 .

» Charlemagne commença par la transposition du portail où son père s’était humblement placé le ventre et la face contre terre, comme se jugeant sans doute indigne d’entrer dans le temple. Il voulut ainsi enclaver la sépulture de Pépin, sans translation de ses restes, dans l’intérieur de l’église. Plus tard, Suger, voulant donner à cette basilique une importance et un éclat correspondans à l'affluence des fidèles , entreprit et dirigea lui-même d’immenses travaux que nous analyserons plus tard (ch. ni, Art. chrétien, et ch. vu, Peinture sur verre). Vinrent ensuite les embellissemcns successifsdes roisdes XIVe et XVe siècles, pour étendre à leur dernier refuge l’effet prestigieux de l’architecture religieuse dtf ces époques, et pour remédier aux dévastations commises par les Anglais sous Charles VI, ravages qui, toutefois, quoique partant d’une main ennemie, ne s’étendirent pas, comme de nos jours , jusqu’à la violation et au pillage des cendres royales.

Il suffira, pour donner ici une idée de la fondation de Dagobert et des ressources d’art qu’il trouva dans notre pays, à des époques dites ténébreuses, de citer ce passage d’Aimoin (1. iv, c. xxxiii) :

« Nullam impçnsis slntuens rnoâum, dit-il de Dagobert, rnarnwreh ilhtd columnis

t,E PALAIS ROMAItf.

Il n’ existe aucun motif de douter que cet état de choses n’ait subsisté sous les principaux règnes suivans de Clovis II , de Childéric II % de Dagobert II, de Thierry III , de Clovis III , de Childebert III, etc., ou plutôt sous l’autorité, supérieure à celle des rois, de nos célèbres maires du palais , depuis Ega, mort à Clichy en 64 1 (Frcdcg., c. lxxxiii ctLXXXiv, p. 44^)> jusqu'à Pépin, qui s’empara, en 754, du sceptre tombé des mains du dernier des rois fainéans. Sous plusieurs rapports, et malgré notre respect pour les droits acquis, nous convenons que le relief que donnerait à notre résidence la tradition du séjour et des attributions spéciales 2 d’un Erchinoald , d’un Ebroin3, d’un Pépin de HerstaE, d’un Charles-Martel5, serait tout

» sinalique venustavit pavimento, immenso œdi/icandi sumptu et exquisito fabrication » décoré. Nec minor illi in altis quoque ornatibus intentio ; nam vestibus auro textis et » palliis holofericis totum inleriorem circumdedit templi ambitum. n ( Yoy. d’ailleurs Gesta Dagoberti, t. XI, c. xvu, p.584, etc.)

1 Du Greul, religieux de Saint-Germain-des-Prés, mentionne (p. 220) « la sépulture dans » celte abbaye , de ce roi et de sa femme Blilhilde, pour lors enceinte, lesquels, en l’an » 079, Bodille, gentilhomme de Franconie, tua en la forêt de Chelles, autrement dite de » Bondis, en vengeance que ledit roi l’avait fait lier en un pillier, et ( sans le respect de » noblesse) fustiger cruellement. »

2 L’institution des majeurs ou maires du palais remontait au règne des petits-fils de Clovis. C’était la première dignité du royaume, comme fut depuis celle de grand-sénéchal, de grand-maître de France , etc. Cette dignité héréditaire, emportant le droit de tutelle des enfans en bas-âge , il pouvait arriver que le tuteur fût plus jeune que le pupille ; ce qui advint sous Dagobert III , où le petit-fils de Pépin , Théobaldc, fut maire du palais sous la tutelle de sa mère.

Leurs attributions , bornées d'abord à l’intérieur du palais , s’étendirent successivement. Sous Clovis II, ils commandèrent les armées ; plus tard ils firent ou supposèrent des rois et substituèrent leur autorité à la puissance souveraine, que Pépin-le-Bref, d’accord avec le pape, réunit sur sa tête en se faisant élire, secundum morem Francorum, en 750 ( Ducliesne, Hist. F., 1. n, p. 24).

Cette inlluence d'une autorité secondaire se renouvela avec les mêmes conséquences à l’expiration delà 2e race, usée à son tour. Hugues, comte de l'Isle-de-France et de l'Anjou, dit Hugues-Capet, fut plus roi que Lothaire : « Lotharius rex Francice prœlatus est solo » nomme. Hugo vero,non nomine , sed actu et opéré » ( Gerberti epistolœ apud rerum script. Franc., 1. 1, p. 587).

3 Confiné à Luxeuil lorsque Thierry III fut enfermé à Saint-Denis , Ebroin , après avoir été réduit à supposer un autre héritier du tronc, parvint à rétablir son maître dans tous ses droits.

4 Mort en 714, après avoir régné quatre règnes dans l’espace de vingt-sept années.

5 Ce grand homme, la terreur des Sarrasins et le bouclier de la France, gouverna souverainement de 715 à 741, surtout dans l’interrègne que fit la mort de Thierry IV , en 757 ;

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autre que le prestige d’une illustration purement héréditaire, étrangère à toute volonté , à tout sentiment de dignité et de force.

§ xi.

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A l’époque où le fils de Charles-Martel saisit la couronne déshonorée par les habitudes plus claustrales que souveraines des derniers rois, la lutte avec divers peuples de l’Allemagne, et surtout avec les Saxons, avait succédé aux attaques des Sarrasins , et réclamait la présence habituelle du souverain sur une ligne excentrique1, comme aux trois premiers siècles ; toutefois Pépin, couronné à Soissons par saint Boniface , et à Saint-Denis par Etienne III , ne demeura pas étranger à Paris , puisque , tombé malade en Aquitaine , il se fit conduire dans le rayon de cette capitale pour venir mourir à Saint- Den is2. Les annales d’Eginhard et les fraginens donnés par Du-

mais il n’appartint qu’à son fils, Pépin-le-Bref, de confondre l’imperceptible nuance qu’on pouvait supposer exister entre l’autorité du maire et celle du roi , en franchissant le dernier degré du trône par la déposition de Childéric. Rome , dès lors en voie de réciprocités gracieuses avec la France, paya, par son adhésion, les deux glorieuses campagnes faites par Pépin contre les Lombards sur les instances d’Étienne 111, venu en France pour implorer ce secours. Les relations d’Adrien Ier et de Charlemagne continuèrent cet heureux accord de deux autorités, qui, quoique bien distinctes, se prêtaient un mutuel et important secours. Si le bras de Pépin et celui de Charlemagne affranchirent Rome des craintes fondées sur les menaces des empereurs iconoclastes , et du contact plus immédiat des Lombards, l’onction des papes accrut le prestige qui soumit les populations à nos princes; et quand Léon III ajouta à ses libéralités si peu coûteuses le don inespéré, dit-on, et tout nominal de l’empire de Rome et d’Occident que Charlemagne avait conquis par son épée, il ne fit qu'acquitter, en monnaie papale , la dette toute temporelle résultant de la possession par le Saint-Siège des domaines enlevés par cette épée même à l’exarchat grec.

» On voit par les Annales rerum francicarum données par Duchesne (t. II, p. 24), que, dès 743, Carloman et Pépin combattaient Odilonem, dux liaiorœrium , et que Carloman ayant porté la guerre in Saxoniam, prit Odiserburg.

2 « Ad Sanctones civitalem reversus est , ibique moram faciens aliquot dies , wgro- » tare cepit. Parlibus Turonorum revertendo perexil , orationcm ad S.-Martinum » fecit, et ad S.-Dionysium usque pervenit , ibique diem obiens finivit , VII liai, octo- » bris (708).))

Pépin laissa à son fils l’exemple d'une activité sur laquelle Charlemagne enchérit encore. Aux guerres qu’avait soutenues le maire du Palais, succédèrent celles que le souverain fit pour son compte. On le voit, dès 754 , faire campagne in Saxoniam, puis recevoir dans

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chesne, nous le montrent d’ailleurs passant les hivers de 762 et de 766 à Gentilly 1 (Gentiliacum) , à la porte de cette même capitale, dans un palais qui ne pouvait être qu’une succursale du nôtre , et où il tint même un concile dans cette dernière année.

Serait-ce en se fondant sur ce que Charlemagne naquit en Bavière, tandis que son père préludait contre les Saxons à cette guerre d’extermination qui entache la mémoire 2 de l’empereur d’Occident, ou parce que sa grande figure nous apparaît incessamment aux confins de son vaste empire 3, ou n’est-ce pas plutôt par l’effet d’une foi trop aveugle dans l’opinion émise légèrement par André Duchesne , que Dulaure s’est cru en droit d’accuser plusieurs écrivains d'erreurs graves , en déclarant formellement que « jamais les rois de la deuxième race ne résidèrent à Paris (X)?» Il convient cependant qu’ils

son palais de Carisiacus sur l’Oise, le pape Etienne III, venu en France adjutorium et solatium quœrendo en 775; marcher en Italie per apostolicam invitationem, et conquérir l’exarchat au profit de son hôte , comme font les chasseurs invités en bonne maison ; retourner en Italie en 756, recevoir à Compïègne , en 757, Tassüo, dux Bajoarium ; porter en 761 la guerre en Aquitaine; célébrer Noël et Pâques la même année à Carisiacus ; retourner en Aquitaine en 762 et 765; convoquer une assemblée à Worms en 764, une autre en 765 à Attiniacum sur l’Aisne; célébrer Pâques à Gentilly en 766, Noël à Bourges en 767, et se transporter en Aquitaine en 768, pour de là venir rendre le dernier soupir à Saint-Denis. Quant au mouvement continu de Charlemagne, voir la note Y.

1 Les Annales rerum Francormn portent, pour l’année 762 : « Et celebravit Natalem x Domini in Gentiliaco villa et Pascha similiter , » et pour 766 : « Natalem in Salmon- » ciagum (maison de campagne où mourut Carloman), Pascha in Gentiliaco (les traces de » ce palais ont disparu depuis longtemps). » Les dernières ont été conservées par un chartulaire de l’église de Paris , finissant en 1282, qui mentionnait en ce heu une tour ronde, restes sans doute du palais carlovingien. Du Breul (p. 549) dit que saint Louis donna aux chartreux, qu’il fit venir pour chasser le diable de Vauvert, sa maison de Gentilly, avec les terres, vignes, prés et appartenances d’icelles ; mais il résulte d’un autre passage, que cette maison ne provenait pas d’un ancien domaine royal, mais bien d’une acquisition faite par ce roi.

2 Cette guerre acharnée dura trente-trois ans; elle n’offrit aux malheureux Saxons aucune alternative entre la mort ou le baptême; 4,500 furent décapités au même lieu : occiderunt multamillia, dit l’annaliste contemporain.

3 Gibbon convient (t. XIII, p. 58) : « Qu’on doit s’étonner de l’inconcevable activité de » son corps et de son esprit ; que ses ennemis et ses sujets étaient surpris de sa brusque « présence, lorsqu’ils le croyaient dans les parties de l’empire les plus éloignées, et que » notre esprit ne concilie pas facilement les annales de son règne avec la géographie de ses » expéditions. »

La 22e année de son règne fut la première qu'il passa sans prendre les armes.

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y passèrent quelquefois, et borne l’exception, quant à Charlemagne, à une seule apparition très instantanée , en 779. Le dernier éditeur de cet écrivain , M. Jules Belin , objecte d’abord qu’il existe un capitulaire de ce prince, fait à Paris et daté de 8o3, ce qui constituerait déjà un second acte de présence et compromettrait quelque peu l’historien auquel le témoignage des capitulaires n’a pas manqué. L historien de Paris, qui n’était pas rigoureusement tenu d’administrer les preuves des faits positifs, souvent très contestables, dont il a grossi son œuvre , devait du moins se montrer sobre d’assertions négatives aussi tranchées que celle-là , avant d’avoir épuisé toutes les recherches. Mais examinons la question dans son ensemble par les faits et par les dates. L’un des écrivains accusés d’erreurs graves, et qui reçoit sa part du démenti de Dulaure , est le savant Bonamy , qui, ici et dans tout ce qu’il traite, va au fond des choses, quoique chargé d’un bagage moins lourd, et qui dit positivement ( Mém . de V Acad, des Inscrip .., t. XV, p. 659) : « Il est vrai que Pépin, Char- » lemagne et Louis-le-Débonnaire n’ont pas fait à Paris d’aussi » longs séjours que les rois de la première race 1 -, ils sont cepen- » dant venus demeurer de temps en temps dans le palais qu’ils y » avaient. Pépin y est mort 2 et Charlemagne y était quand il prit la » résolution d’aller à Rome -, il y demeura encore plusieurs fois , » ainsi que son fils Louis-le-Débonnaire, et on ne peut douter que, )> sous Charles-le-Chauve, Paris ne fût regardé comme le siège de )) la royauté. Ce prince y séjourna plus longtemps qu’aucun de ses » prédécesseurs, et le soin qu’il eut d’y établir les écoles fondées

» Malingre assigne «n motif particulier à l’éloignement des princes de la race carlovin» gienne pour le séjour de Paris :

« La raison, dit-il, je la pense être, non par le peu de lustre du lieu , ains que la cité de a» Taris était sujette aux comtes jà faits héréditaires, et lesquels estoient Celtes naturels, )> lesquels ne tendoyent qu’à remettre la couronne ès-mains de la race légitime de Gaule » ( par opposition à la race de Gaule-Belge dont il fait sortir la ligne de Charlemagne).

Voici du moins une raison contestable ou non , et qui , sans détruire les faits , peut les éclairer.

2 C’est ce que dit formellement Eginard dans la vie de Charlemagne : Apud ParisiuS morbo aquœ intercutis diem obiit ( Duchesne , t. II, p. 95, B.). Ce témoignage, qui vaut bien celui des annalistes qui le font arriver à Saint-Denis juste pour s’y faire enterrer, conduisait nécessairement dans notre Palais ce prince et son (ils.

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» par Charlemagne, contribua à augmenter le nombre des habitans » de Paris. »

Conçoit-on qu’en réponse à de semblables autorités, l’historien moderne, dans une question qui embrasse le séjour de toute une race de rois dans la capitale qu’il décrit , question qui ne pouvait meme effleurer sa susceptibilité anti-monarchique et anti-religieuse, se soit borné à lajin de non-recevoir consignée à la page 33p du t. Ier (édit, de Furne), où il est dit, après ce que nous avons cité sur Charlemagne : « que Louis-le-Débonnaire visita quelques églises à » Paris en 8 , mais qu’il n’y séjourna pas, et que, quant à Charles- » le-Chauve , en 84 1 et 842 , il passa deux ou trois fois la Seine à » Paris, mais qu’il n’y séjourna jamais? »

Commençons par Charlemagne , dont nous reconnaissons que le règne de quarante-sept ans ne fut qu'une suite d’expéditions lointaines , dirigées surtout vers l’Allemagne , l’Italie et l’Espagne. D’abord le fait seul de la résidence de son père à Gentilly pendant les deux hivers de 762 et de 766 , n’ emporte-t-il pas la présence en ce lieu, et par conséquent à Paris 1 , de l’héritier du trône qui l’occupa en 768 ; puis la circonstance de la mort de Pépin à Paris, même si Ton veut à Saint-Denis, en cette dernière année, et la solennité de ses obsèques n’ exigèrent-elles pas plus impérieusement encore l’intervention du nouvel empereur, de même que l'ordonnance nouvelle qu’il donna plus tard à la basilique de Saint-Denis pour y enclaver la sépulture de son père, et pense-t-on que ces voyages aient eu lieu sans que ce prince visitât au moins une ville qui n’avait pas cessé d’être sa capitale 2 ?

1 Gentilly-sous-Bicêtrc touchait , pour ainsi dire , aux dépendances du Palais romain , dont rien ne fait présumer l'abandon à cette époque.

-j Paris ne cessa jamais d’être considéré comme la capitale de la France. Le moine Âdrevald, qui vivait sous Charles-le-Chauve , en parle ainsi à propos des dévastations des INormands : « Quid Lutetia Purisiorum , nobile caput resplendcns , quondam gloria , opibus, fcrtilitate soli ? » ( Mirac . S. Paud. apud. Duchcsne, t. III, p. 440.)

Flodoard ( Eccl . Item., t. IV, c. 5) constate que Foulques, archevêque de Pcims, écrivant à l’empereur Charles-lc-Gros pendant le siège de Paris par les Normands, appelle celte ville la capitale de Ncustrie et de Bourgogne.

D'après les annales reproduites par Duchesnc ( t. XI, p. 57-38) , Charlemagne célébra, pour la première fois, Noël et Pâques, ou en d’autres termes passa pour la première lois un

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Qu’on ajoute à ces considérations son sacre fait à Noyon , à quelques lieues de notre capitale, en 76g (. Annales Eginh.f t. Y, p. i3) ; son séjour momentané reconnu par Dulaure en 779, lors de son départ pour l’Italie, d’où il envoya Alchuin à Paris; un autre séjour dans cette même ville au mois de juillet 1800, à son retour dePvome après la perte qu’il fit à Tours de sa femme Leutgarde 1 ; la date de son capitulaire de 8o3 ; sa résidence constatée, ainsi que nous l’établirons plus loin ( note T), en 772, à Altiniacum ( Altigny )', palais situé sur la rive gauche de l’Aisne , et où Witikind et ses Saxons furent baptisés en présence de l’empereur en 785 ; en 779 à Compiègne; en 781 dans le palais de Garisiacus (Quiersi-sur-Oise), où son père avait reçu le pape Etienne III, et dont Charlemagne voulut également faire les honneurs, en 8o4, au pape Léon III, et le séjour incontesté et incontestable dans notre Palais des filles de l’empereur, Gisèle et Rotrude, correspondant de cette résidence avec leur précepteur Alchuin, alors à Tours (voy . note A); et qu’on juge si c’était par une simple dénégation placée dans une note , qu’il convenait à un historien de Paris de chercher «à rompre ce faisceau d’inductions. ]N’y avait-il pas matière suffisante pour lui à contester autrement , sinon le séjour prolongé, du moins la présence à maintes et maintes reprises de l’empereur d’Occident dans sa première capitale qu’il dota, ainsi que nous le prouverons plus loin, des plus grands biens, de la culture des lettres et des arts ; et de prouver autrement que par une sèche dénégation, qu’ après avoir déposé ces germes il s’inquiéta peu de s’assurer par lui-même de leur fécondation , dans les fréquentes occasions que lui en offrait sa continuelle gravitation vers ce centre, prouvée par nos citations ?

quartier d’hiver à Aix-la-Chapelle, in Âquis Palatio, en 788, la vingtième année de son règne. C’est qu’en effet il fallut beaucoup de temps pour élever cette nouvelle capitale des états d’Allemagne qui explique la double couronne trouvée sur le cadavre desséchéde cet empereur. Jusque-là, nous le répétons, Paris fut la seule capitale de l’empire, Ratisbonne et d’autres villes n’ayant été habitées par le souverain que comme des centres de gravitation.

> Les divers écrivains dont Ducbesne a rassemblé les écrits s'accordent à cet égard.

On trouvera, tom. II, p. 41, A, sous la date de 800 : « Inde per Aurelianos ac Parisios » régressas Âquis Grani reversas est ; p. 59, B, même indication et p. 79 : Invita per » monaclmm Egolism descripta » ; l’indication précise du mois de juillet (mense Julio).

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