‹ Les arts au Moyen Age (volume 4)Chapitre 4 sur 14 · TRAVAUX DE SUCER · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE SUCER

Que le livre intitulé : De rebus in administralione sua gestis , soit de l’abbé de Saint-Denis lui-même qui y parle toujours à la première personne , ou de son secrétaire , comme le pense Duchesne , l’authenticité de ses récits est d’autant moins contestable que plusieurs de leurs détails se trouvent confirmés par des mentions incidentes que l’on rencontre éparses dans la vie de Louis-le-Gros (apud Duchesne, t. IV, p. 3i i), œuvre bien personnelle du grand abbé, ministre de ce prince et de son fils.

Ce sera donc surtout dans ce livre, commenté par quelques traditions contemporaines et expliqué en tant que de besoin par les documens historiques, par des déductions archéologiques comme celles rapidement exposées plus haut, quant aux vitraux, et parles publications ultérieures sur la célèbre abbaye de Saint-Denis , que nous cherchcronsla matière de ce paragraphe. Nous y résumeronssuccinctement, comme complément de nos aperçus spéciaux sur les diverses branches d’art florissantes ou qui prirent racine au X1P siècle , ce que fit un seul homme obscur par sa naissance mais illustre à tant d’autres titres, dans un temps où les manifestations du luxe, religieux même, excitaient à un haut degré l’irritation des plus saints personnages qui trouvaient de nombreux et redoutables échos dans le clergé, et par conséquent dans le peuple soumis à une influence d’autant plus active en ce point que les mœurs très sévères et les dehors plus que modestes de ces implacables ennemis du luxe, contempteurs par conséquent de nos pratiques d’arts, étaient d’accord avec leurs préceptes.

Le seul intitulé de ses chapitres : « De ecclesice ornatu, de portis fusilibus, de tabula aurca superiore, de crucifixo aureo,e te., etc., pourrait fournir matière à des dissertations qui, pour ces divers travaux, comme pour la peinture sur verre et les œuvres de joaillerie appliquées aux objets précieux dont Suger enrichit le trésor de son monastère , viendraient prouver quelles ressources d’art offrait la France, alors que l’Italie, toujours plongée dans sa torpeur léthargi-

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que, voyait à peine poindre dans quelques lieux 1 ces premières semences qu elle ne cultiva que plus tard, et ne participait même en rien aux glorieux efforts qu’une impulsion sympathique inspirait à nos rois normands, pour régner aussi par les arts et pour soumettre à un commun prestige les nations diverses qui peuplaient alors la Sicile 2.

Chacun sait que Suger, abandonné pour ainsi dire, à l’âge de dix ans, au pied de l’autel de Saint-Denis ( Sug ., const. i et testant. Felibien. Hist. de VAbb. de Saint-Denis , p. i5n), et recueilli dans cet asile hospitalier, y puisa l’instruction, les lalens et les vertus qui ne lui firent jamais faute , au sein de la prospérité comme dans les épreuves réservées à la France qu’il gouverna longtemps. Quoiqu’on ne puisse entièrement attribuer à des relations d’enfance l’appel que fit Louis VI, plus âgé de six ans que Suger, dès qu’il fut parvenu au trône, à l’orphelin délaissé son ancien condisciple, pour le guider dans la direction des affaires, il esta croire cependant que le souvenir conservé de l’esprit droit, des qualités brillantes de ce compagnon d’études que l’ardeur inspirée par sa condition obscure plaçait

■ Si l’on excepte la poursuite, par les Vénitiens, de leurs grands travaux commencés vers la fin du X« siècle, sous l’influence byzantine et le concours d’efforts pour atteindre le même but, d’autres populations maritimes, telles que les Pisans, les Génois, que leur contact avec l’Orient et les fruits déjà recueillis de leur participation aux croisades, au moins comme entrepreneurs de transport, plaçaient alors dans des conditions semblables ; et si l’on met à part, comme le fait à dessein Cicognara à qui M. le duc Serra di Falco en fait le reproche, l’habile et puissante impulsion donnée aux travaux religieux de la Pouille et de la Sicile, par nos princes normands, le grand comte Roger et son fils , que trouve-t-on pour l’Italie centrale, sinon quelque premiers essais, comme ceux de Modène, de Parme, dus bien plutôt encore à notre lorraine Mathilde qu’aux eneouragemens des papes ou autres princes d’Italie, qui, placés au milieu d’une telle élaboration, semblaient, de ce foyer éteint, attendre sans efforts que l'art s’y réveillât de lui-même, ce qu’il ne fit que bien plus tard, et, quoique prétendent les maîtres (Vasari , le père Dellavalle, Cicognara et autres), grâce aux alimens conserves , aux soins constans entretenus dans cette circonscription active.

2 Déjà depuis près de dix ans s’étaient élevés en Sicile , par la pieuse magnificence du roi Roger, la cathédrale, votive ou non, de Céfalu, commencée en 1131, et la chapelle royale du palais de, Païenne, monumens dont le haut renom, quant à l’éclat surtout de leurs ornementations, avait dû pénétrer en France, d'après les relations constantes et amicales, prouvées même par des présens de Louis-Ie-Jeune et de Roger, dont la flotte arracha plus tard notre prince à l’esclavage musulman. Ce retentissement des merveilles siciliennes dut être un véhicule pour Suger.

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peut-être sous ce rapport au niveau de l’enfant royal, dut influer sur cet étrange choix , gage de bonheur pour la France. Où ce prince en effet aurait-il pu trouver un ministre à la fois plus instruit et plus modeste, plus énergique et plus conciliant, qualités des plus importantes à une époque où le pouvoir était en butte à tant d’attaques, par l’insolence des seigneurs et les exigences du peuple, où l’octroi d’une franchise communale faisait au prince un ennemi du haut baron ou de l’évêque, et réciproquement dans les cas de refus?

Cette haute faveur porta d’ailleurs un fruit spécial, en ce qu’elle suffit sans doute à désigner l’humble moine de Saint-Denis pour le poste d’abbé auquel il fut élu en 1122, alors qu’il remplissait une mission à Rome, grand centre des négociations diplomatiques à ces époques.

Cédant au prestige du rang, sans sortir toutefois des limites tracées par ses prédécesseurs , l’abbé de Saint-Denis , souverain dans ses vastes domaines , s’abandonna d’abord à des démonstrations de luxe autorisées par l’usage. Saint Bernard l’en reprit, et publiquement même 1 , et soumis à l’autorité de cette éloquente parole, l’abbé indépendant, le ministre puissant, en position de dicter la loi plutôt que de la recevoir, opéra sans hésitation cette réforme personnelle plus conforme à ses goûts que le déploiement d’un vain faste, comme le prouve assez ce seul mot du grand abbé de Cluny (Pierre le Vénérable), à l’aspect de la modeste cellule et du coucher de paille que Suger occupait dans son palais monastique : « Cet homme nous condamne tous ! » Mais tous les argumens de l’abbé de Clairvaux , d’un effet si rapide en tant qu’ils s’appliquaient à des habitudes personnelles, vinrent heureusement se briser contre une volonté de fer dans l’extension que leur donnait l’austère fondateur d’un culte sans magnificences. Pénétré de l’esprit du Seigneur qui envoya à Moïse,

> Dans une de ces sorties véhémentes où la pureté des intentions et l’autorité personnelle de Tabbé de Clairvaux servaient d’excuse à l’âpreté de son langage, saint Bernard parle du spectacle scandaleux qu’offrait le cortège en valets, équipages, chevaux, d'un simple ministre de Dieu. Il désignait évidemment Suger, qui n'avait sans doute rien changé aux habitudes de luxe de ses prédécesseurs , dont l’espèce de souveraineté, comme abbés de Saint-Denis, par l’importance et l'étendue des dépendances de cette abbaye, justitiait cette pompe. Cet avis ne fut pas perdu. Dès ce moment, on vit Suger restreindre, à la glorification de Dieu, l'essor de sa magnificence.

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pour la construction de l’arche sainte des artistes comme Bêsêléel et Ooliab {voir notre t. II, p. io), qui donna à David l’ordre « jubente Deo, » exécuté par Salomon, de bâtir un temple à la gloire du nom de Dieu (Rois III, chap. Y, vers. 5, et chap. yi, vers. 2), et dirigé sans doute aussi par le sentiment des devoirs politiques autant que religieux imposés au ministre d’un grand royaume, comme par l’exemple assez récent des grandes fondations du pieux roi Robert, Suger, que son voyage en Italie, où nos abbés normands s’illustraient par des merveilles, n’avait pu qu’éclairer sur son vaste projet T, dès qu’il eut entrevu ce grand but de gloire mondaine rattachée à celle de Dieu, le poursuivit en dépit des clameurs. Il l’atteignit, autant qu’il put lui être donné de le faire , dans le court intervalle de temps consacré à ces grands travaux , et même lorsqu’aux jours heureux qui luirent sur l’accomplissement de son œuvre, en succédèrent de néfastes qui vinrent en borner l’essor 2.

> Profitant de son séjour à Rome, en 1122, Suger visita Bénevent, Salerne, Bary, et sans doute aussi la Calabre où régnait le comte Roger II, ce protecteur des sciences et des arts, qui, maître de cette province conquise par ses armes, à la mort du duc Roger, malgré les foudres d’Honoré II , y préludait sans doute aux manifestations d’art qu’il fit, neuf ans après, dominer en Sicile. C’était pour le ministre d’un grand roi une heureuse leçon à joindre à celles qu’il put recueillir sur d’autres points de l’Italie, et notamment au Mont-Cassin, alors tout rayonnant encore de l’éclat qu’il devait aux travaux de l’abbé Didier : et l’avis que reçut Suger, dans ce voyage même, de son élection comme abbé de Saint-Denis , put contribuer a lui faire concevoir dès lors et en présence des monumens dont il aurait à s’inspirer, le grand projet qu’il exécuta plus tard. C’est du moins ce que semble indiquer le souvenir qu’il exprime, lorsqu’à propos du besoin qu’il éprouvait d'enrichir sa basilique de colonnes de marbres précieux, il se reporte en idée à celles qu’il avait vues aux Thermes de Dioclétien et autres monumens de Rome, pour arriver à se glorifier de l’exploitation d’une carrière près de Pontoise.

2 La croisade de Louis VII, prêchée à Vézelay, par saint Bernard, par ordre d’Eugène III, et dont Suger n’avait que trop pressenti la triste issue, pesa doublement sur la France, lorsque l’ambition du frère de ce roi (le comte de Dreux) y suscita de grands désordres que Suger apaisa, mais par des sacrifices auxquels paraissent avoir pourvu, en partie du moins, le trésor de Saint-Denis et peut-être aussi certains objets de haute valeur. Un sage comme Suger, dans cette position critique, ne put être arrêté par ses goûts de prédilection. L’exemple de Clovis III, tiré des annales de son abbaye même, celui de Charles-Martel, et l’abnégation des mêmes fantaisies personnelles, prouvée en semblable occurrence par l’abbé de Saint-Bénigne de Dijon (Guillaume), lui tracèrent d’ailleurs sa règle de conduite. Il n’est que plus remarquable que tout en s’imposant de pareils sacrifices, Y abbé de Saint-Denis n’ait compromis en rien la mission du régent du royaume ;

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Après la mort de Louis-le-Gros (i i3y), et alors que son fils, qui s’était estimé heureux de comprendre Suger dans l’héritage de son père, cédant, malgré l'avis de ce sage ministre, aux instances conjugales, s’occupait desapprêts d’une guerre contre le comtede Toulouse, détenteur d’une partie des états formant la dot de la jeune reine (Eléonore de Guyenne ) , l’abbé de Saint-Denis, plus maître de son temps, s’occupa de réaliser un projet depuis longtemps conçu, la reconstruction de son église abbatiale , sur un plan qui correspondait au renom de ce monastère et à ses besoins religieux 1 . Grâce à un immense concours d’ouvriers et d’artistes accourus de toutes parts à l’appel de Suger , les divers travaux furent conduits avec une telle rapidité que l’église (son centre du moins) fut dédiée en 1 14° î mais cette rapidité même devint fatale au monument et nous aura privé sans doute d’un specimen complet de la grande architecture de ce temps dont il ne reste, en fait de remarquables vestiges, que le portail occidental 2. La plupart des autres parties de l’œuvre de Suger ayant été détruites, c’est dans ses récits seulement que nous en chercherons les traces. Pour n’en avoir laissé aucunes, l’emploi de la peinture, par exemple, n’est pas moins constaté par la mention rap-

car malgré ce grand dénuement que la sédition vint accroître , jamais, dans son plus fort paroxisme, ni les domaines royaux, ni les bons serviteurs du prince, n’éprouvèrent l’effet de ces perturbations. Ses soins constans pour la conservation, pour 1 ’ embellissement même des résidences royales et ses largesses envers les chevaliers , sont expressément constatés par son biographe.

' Suger explique dans le chapitre xxv, de ecclesiœ primo augmenta (p. 342) , que son église ne pouvait plus suffire à contenir l’afiluence des fidèles, l’exiguïté du local forçant les femmes à se placer sur La tête des hommes comme sur un pavé « Exigebat enim » loci angustia, ut mulieres super capitum virorum, tanquam super pavimentum. » 11 fut par conséquent réduit, sans doute faute d’espace sur d’autres points, à changer la disposition qu’avait introduite Charlemagne, pour appliquer le compelle intrare au corps de son père qui, dans son humilité chrétienne, ne s'était pas jugé digne de franchir le seuil de l’église « Déponentes augmentum quoddam , quod à Karolo Magno factum perki- » bebatur » (ce qui constate bien, nous le répétons encore, le séjour de Charlemagne à Paris, nié par Dulaure) ; et procédant à deux reprises, ainsi qu’il ledit au chapitre xxvin de augmento superioris partis, il donna à cette basilique les proportions quelle conserve encore aujourd’hui, puisque le portail occidental est de ce temps ainsi que le chevet, comme le prouve son appareil. Les cryptes principales sont antérieures.

2 Ce portail était sans doute bien plus riche de détails qu’il ne nous apparaît dans son état actuel, suffisant toutefois pour donner l’idée du travail.

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pelée plus haut, appuyée de notre remarque que cette peinture en précieuses couleurs avec or, reproduisait sans doute des sujets saints, comme ceux que Ton trouve encore par fragmens dans certaines de nos églises, notamment à Montoire (près de Vendôme), peintures qui, postérieures à celles de Saint-Savin, peuvent remonter à peu près à l’époque de Suger. Cet emploi s’appliquait nécessairement aussi à la sculpture polychrome qui remplaçait alors pour nous, avec les vitraux peints, la décoration en mosaïque cultivée avec tant d’éclat dans le même temps en Sicile, sous le roi Roger, et qui, bien connue, bien appréciée par nos voyageurs, pèlerins armés on non, dut inspirer du moins ce genre d’imitation à Suger, à défaut d’artistes spéciaux dans cet art oriental1. Mais ce qu’on doit surtout vivement regretter, comme témoignage de l’exécution et du style de la sculpture de cette époque, autre que les détails en partie détruits sans doute du portail, et en outre comme monument français du plus grand intérêt, à raison de leur date antérieure de quarante ans à leurs analogues italiens 2 , ce sont ces portes en bronze doré à sujets en relief, dont l’entière disparition est restée un mystère pour nous, lorsque nous lisons dans Félibien (1. IV, p. i^3 ) « que ton voyait encore, » au temps où il écrivait son histoire de l’abbaye de Saint-Denis ( commencement du XVIIIe siècle), « celle du milieu contenant en diffè-

• En faisant venir de Sicile, comme l’abondance de ses ressources et son influence diplomatique lui en offraient sans doute les moyens , de ces artistes mosaïcistes qui venaient d’illustrer leurs édifices religieux, et qu’on retrouve plus tard en si grand nombre, encore occupés à revêtir des produits de leur art la cathédrale de Monréale, son cloître, etc., Suger n’eût produit qu’une imitation inférieure sans doute aux types grecs ou siciliens. 11 préféra une décoration plus neuve et non moins expressive et éclatante, qui vint donner une grande impulsion à notre art tout français de la peinture sur verre.

2 Nous avons déjà parlé et nous reparlerons à leurs dates, comme dans le texte de notre planchesur Monréale, etc., (pl. xxx de la 3e série), de ces grands travaux de fonte de Bonanno (de Pise) et de Barinense , produits de l’art italien qu on voit cent ans plus tût hors d’état d’entreprendre une semblable tâche , confiée par conséquent à Byzance. Cette anticipation de près de quarante ans dans l’exécution de semblables travaux, que les artistes d’Italie n’osaient pas aborder, puisque le roi Boger n’eût certes pas manqué d en emichir au moins sa chapelle royale où l’on ne voit que deux petites portes de ce geme, mais sans valeur artistique, prouverait seule que la France occupait alors dans les arts un rang que l’Italie ne conquit que plus tard. C’est une des réponses les plus victorieuses que l’on puisse opposer aux dénigremens systématiques des historiens de 1 art de ce dernier pays, trop humblement copiés par les nôtres.

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» rens cartouches de demi-relief , V histoire de la passion , de la résur - -» rection et de Y ascension du Sauveur 1 , et la figure de Sugcr » reprèsetitêc comme dans la vitre du chevet2.»

De la peinture sur verre que Suger fit exécuter et que Y extension des ailes de l’édifice, selon son expression, le força de multiplier sur divers points, il en reste du moins quelques curieux fragmens, comme nous l’avons dit plus haut, dans le paragraphe relatif à cet art, et ces fragmens ont cela d’important qu’ils offrent, ainsi que nous l’avons fait remarquer, un rapport exact de style, de composition et meme de dimension avec nos grandes plaques émaillées sur cuivre du XIIe siècle , et que par leur date certaine, ils indiquent l’époque, sinon le point de départ de ces verrières composées de petits médaillons circulaires qui, liés ensemble plus tard par une brillante ornementation empruntée aux tapis d’Orient, constituèrent au XIIIe siècle les décorations transparentes de notre Sainte-Chapelle de Paris, de nos cathédrales de Chartres, de Rouen, de Sens, de Bourges3, etc., etc.

1 La description de Suger est tout-à-fait concordante, quant aux sujets principaux, comme le prouve le texte que nous avons cité plus haut (paragraphe de la sculpture). La large dimension de la baie centrale prouve encore aujourd’hui l’importance de ces valves dont la dorure devait encore rehausser l’éclat. Plusieurs autres fontes en bronze doré furent en outre exécutées pour clore le lieu où Suger fit placer les sarcophages des saints patrons de son église : « Tabulis etiam cupreis fusilibus et deauratis , atquc politis » lapidibus impaciis propter interiores lapideas voilas, nec non et jaunis conlinuis ad « arcendos populorum tumultus. . . . circumcingi fecimus. »

2 Voir planche ii du chap. vii de l’Atlas. La seule différence dans la composition consistait en ce que Suger était prosterné aux pieds du Christ. L’inscription portait :

» Suscipe vota tui judex districte Sugeii,

» Inter oves proprias fac me clemenler liaLeri. »

3 Les belles verrières du XIIIe siècle de cette dernière cathédrale, forment en ce moment la matière d’une grande publication qui va jeter un nouveau jour sur cet art si peu apprécié jusqu’ici, et sur la haute portée de la science biblique qui présidait , surtout à cette époque, à l’exécution de ces poèmes, lisibles alors pour tous les fidèles, mais devenus indéchiffrables à d’autres yeux que ceux de quelques studieux interprètes de ces grands enseignemens religieux. En mariant leurs talens, graphique et descriptif, pour cette œuvre à la fois de science et de luxe, mise pourtant à la portée de tous, par la médiocrité de son prix à peine égal à celui de revient ( ce dont nous pouvons juger par notre expérience), messieurs les abbés Martin et Cahier rendent à l’archéologie chrétienne et aux arts, un signalé service. En même temps qu’ils font apprécier ce qui nous reste encore, même en fait de débris, de ces pages éblouissantes, ils guideront nos nouveaux peintres verriers

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