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» et les provoquait a se réfugier dans le giron de l’Église. L’inter- » valle des colonnes du portique , cour carrée , était garni de treillis » de bois fermés, mais à jour, de manière à permettre aux néotoute différente, dans la crainte que les Hébreux ne parussent faire acte d’idolâtrie en adorant le soleil, plutôt que le maître du soleil : « Conversum erat tcmplum Salomonis non ad orien- » tem , dit saint Anastase Nicœnus (de plurimis et necessariis qucestionibus , quæst. 18), » ne precantes adorarent solem orientent , sed solis Dominum ». Et quoique, d’après le Lévitique ( ch. xvi , v. 14), les aspersions de sang de veau dussent se faire vers le propitiatoire du côté de l’orient, il résulterait de la 14e question d’ Anastase que c’était vers le midi que les Juifs dirigeaient leurs prières : « Cur Christiani adorent admundi plagamorientalem, Judæi vero versus austrum ? »
Les païens, au contraire, sans placer le soleil ni même son représentant Apollon à la tête de leurs divinités, paraissent avoir eu la même orientation que nous , d’après la recommandation contenue au livre iv, ch. v de Vitruve (de sacrorum œdium positione) : « quo » tcmplo introeuntes et ad altare accedentes spectent orientem. »
Quand le christianisme surgit entre ces deux religions qu’il domina bientôt de toute la puissance de la vérité sur l’erreur, il appartint aux Apôtres de poser les bases de cette symbolique ; et l’on ne saurait douter , d’après la lettre même de Pline déjà citée , qui représente les Chrétiens s’assemblant au lever du soleil, pour se livrer à leurs exercices religieux, que dès lors la direction de la prière vers l’orient, malgré la conformité de ce rite avec l’usage païen, n’ait prévalu sur l’appréhension juive. Tout confirme ce témoignage : le soin qu’a pris Zacharie (ch. xiv, v. 4) d’indiquer qu’au jour du Seigneur il poserait ses pieds sur la montagne des Oliviers qui est vis-à-vis de Jérusalem, vers l’orient, s’accorde avec le verset 7 du 131e Psaume ( Cantique des degrés) : nous entrerons dans son tabernacle, nous l’adorerons dans le lieu où il a posé ses pieds , etc., suivant ces grandes pensées chrétiennes que Dieu est la vraie lumière, Deus lux est vera ; et qu’en priant vers l’orient, la vue et les vœux se dirigeaient vers le paradis des premiers âges si regretté des iidèles : « antiquam requirimus patriam, videlicet paradisum quem conslituit Deus in Eden ad orientem » (Basil., de Spiritu-Sancto , ch. xxvn).
Non seulement le soin qu’on mettait, dès le IID siècle, à donner une orientation quelconque à ces églises chrétiennes que Ciainpini traite d’édifices, et qui n’étaient sans doute encore que des maisons spacieuses , se trouve prouvé par ce qu’on lit de saint Grégoire le Thaumaturge, mort vers 270, « que cetévêquede Néocésarée, qui n’avait trouvé que dix-sept Chrétiens dans son diocèse, et qui n’y laissa que dix-sept païens, fit reculer une montagne, qui l’empêchait d’orienter l’église qu’il fit bâtir; » mais les démonstrations des causes de cette orientation surabondent chez les écrivains mystiques ; le seul Casalius (de veter. sacr. et christ. Ritibus , p. 29 et 30), en ajoute plusieurs à celles déjà tirées plus haut du précepte : « Adorabimus ubi steterunt pedes ,» de l'assimilation de la lumière à Dieu : « quoniam Deus lux et creator lucis nuncupatur, » et des regards incessamment dirigés vers le Paradis terrestre. « L'orient et l’occident sont, dit-il, les symboles opposés de la lumière et des ténè- » bres ; les cathécumènes, tournés d’abord vers l’orient, en recevant le baptême, après » avoir renoncé au démon, se tournaient tout à coup vers l'occident pour confesser leur foi, » le nom du Christ; et puisque le Christ mourut sur la croix en regardant l’occident, on » doit, dans l’attente de son avènement , ainsi prédit : quemadmodum vidislis eum as- » cervdentem in cœlumita veniet, » tourner scs regards vers l’orient; conséquence qui ne
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» phytes de recevoir les premières instructions , sans pénétrer dans » l’enceinte. Des fontaines abondantes placées dans cette cour of- » fraient des moyens de purification ( soins qui furent longtemps
nous paraît pas des plus logiques : mais telle n'est pas la question principale qui nous occupe ici et dont nous n’avons trouvé la solution nulle part, malgré nos soins pour rechercher à quoi pouvait tenir la disposition tout inverse de l’orientation des basiliques de Tyr et de Rome, et plus clairement , pourquoi certains vaisseaux de basiliques primitives offraient leur proue à l’orient quand d’autres lui présentaient leur poupe, selon l’expression même de saint Paulin (ép. 12 ad Severum ) ? Ainsi réduit à procéder par conjectures, cherchons dans le texte même de cette dernière épîlre citée par Duranti (de Ritibus ecclesiœ , etc. p. 18) : « Prospectus vero basilicæ non ut usitatior mos est , orientem speclat. » Ideoquc usque inhodiernum diem usu et consuetudine receptum est, ut altari primum, » quodvulgo altaremajus appeliatur, versus orientem si commode fîeri potest, extruatur, » sitque collocalum quasi in puppi navis ecclesiæ, » et joignons-y d’abord celte remarque, de Valafrid Strabo (de Rebus ceci., cap. iv) : « Non magnopere curabant illius tempori » justi quam in partem orationis loca converteret , sed tamen usus frequentior et rationi » vicinior habet in orientem orantes converti et pluralitatcm maximam ecclesiarum eo » teuore constitui? » puis enfin cette sorte de conclusion de Casilius : « Et quamvis in » illarum ( basilicarum ) exlructione ni! esset præcise determinatum. »
Peut-être la disposition de l’autel principal , allare majus , a-t-clle. été pour beaucoup dans la variation des principes; car tel évêque constructeur , ils l’étaient tous alors , interprétant la tradition dans ce sens que la prière émanait du sacerdoce , et que les orantes devaient moins s’entendre des fidèles que du clergé, qui leur donnait l’impulsion , aura jugé convenable de tourner vers l’orient l’intérieur et non l’extérieur de l’hémicycle où il siégeait avec les prêtres , considérant l’autel où l’officiant célébrait alors les saints mystères en face du peuple, comme le point de départ des rayons d’orientation , dirigé dès lors vers le portique que regardait le prêtre en élevant au ciel l’hostie consacrée.
Peut-être aussi la situation géographique résout-elle seule ce problème. Pour Rome , par exemple , comme pour tout l’Occident , Jérusalem se trouvait incontestablement placée dans une direction tout orientale qui justifiait, à quelques égards, la prescription architectonique dont il s'agit ; mais il n’en était pas de même d'un grand nombre de villes de la partie orientale de l'empire, à commencer par Byzance , dont le gisement, relativement à celui de la Ville-Sainte, eût mis en flagrante contradiction les préceptes adorabimus ubi steterunt pedes, avec ceux de Deus, creator lucis , d’ anliquam patriam paradissium , puisque Tyr notamment , dont la basilique est ici en cause, étant située sur le littoral de la mer Intérieure , au nord de Jérusalem , il eût fallu orienter son église vers le sud pour trouver la direction de la montagne des Oliviers ; ainsi de suite , selon les localités.
Ces aperçus expliqueront peut-être la latitude dont quelques évêques d Orient crurent devoir user sur ces points et jusqu’au moment où l’introduction des crucifix dans les églises, circonstance dont nous traiterons plus loin , sembla fixer invariablement la ligne d’orientation, en ce que le Christ placé sur 1 autel où le prêtre officiait des lors, en tournant comme aujourd hui le dos au peuple, devait toujours , comme au moment de sa moit, regai dei le couchant. Dès lors aussi, les chefs et régulateurs de 1 Eglise, dans leur pieuse sollicitude toujours croissante , voulant éviter qu on imputât à superstition , à la tradition du culte du
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» observés , même dans la fondation de nos églises du moyen âge). » Le portail de l’église était également ouvert à l’orient par trois » portes. Celle du milieu , plus large et plus haute que les deux » autres , et dont les battans étaient clc cuivre , avec des liens de fer » ornés de sculptures , communiquait directement avec la nef ou » principal corps de la basilique. Les autres portes conduisaient aux » bas-côtés, au-dessus desquelles étaient des fenêtres fermées seu- » lement de treillis en bois d’un travail délicat.
w La basilique , garnie de colonnes bien plus hautes que celles du )> pérystile, était bien éclairée et ornée de matières les plus précieuses » et des ouvrages les plus remarquables ( Eusèbe parle de peintures » et de sculptures tirées des livres saints, dont tous les murs étaient )> couverts) ; de beaux compartimens de marbre en formaient le pa- » vage -, sa voûte (un soffite sans doute) était en cèdre provenant des » montagnes du Liban , assez voisines de Tyr •, au fond de l’édifice » étaient placés des sièges élevés, disposés en demi-cercle , pour » l’évêque et pour les prêtres , sièges qui enfermaient l’autel par der- » rière, de telle sorte que l’évêque qui occupait le siège du milieu 1
soleil , la direction constante de la prière vers l’orient, multiplièrent successivement, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des églises , et principalement sur la ligne de l’orient, les images de relief ou de plattc peinture, etc., afin de bien préciser l’objet de l’adoration. C’est ce que remarque d’ailleurs Casilius (p. 31), en citant une mosaïque représentant le Christ, saint Pierre et les Apôtres, exécutée en 1300 par « Jottus , tlorentinus, excellens pictor » (c’est de Giotto et de sa navicella ou pêche miraculeuse , encore subsistante, qu’il parle), qui fut placée d'abord sur la porte extérieure de la basilique de Saint-Pierre : « Adhoc ut illam » imaginem orientem versus positam orarent tideles et omnis evitaretur superstitio solem » adorandi. »
1 Ce siège de l’évêque portait alors le nom de cathedra : « altarium cathedræ » , est-il dit au chap. xxx du liv. vn de l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe ( voir aussi saint Augustin, Psalm. 126, et Epist. 203). La dénomination, passée du détail à l’ensemble, a désigné plus tard, non pas seulement la chaire de l’évêque, mais le siège épiscopal même auquel la cathédrale était inhérente. La philosophie de l’histoire pourrait voir dans la transformation du nom royal de basilique en celui de cathédrale , une conquête du sacerdoce sur l’autorité souveraine ; mais nous nous bornerons à faire remarquer que cette conquête date de loin , puisqu’un capitulaire , donné à Aix-la-Chapelle en 789, cite le canon xxxvm d’un concile africain, portant : «Ut non liceat cpiscopo principalem cathedram suæ parochiæ negligere, etc. » Aussi Du Cange explique-t-il ainsi pour cette époque le mot cathedra: « ipsa ædes scu ecclesia cathedralis. »
La dénomination de cathedra , pour s’être étendue aux édifices , n’en resta pas moins appliquée, pendant tout le moyen âge, aux stalles collectives et aux grandes chaicres ou
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» regardait le peuple en face et était tourné à V orient. L’accès du » sanctuaire était fermé au peuple par une balustrade en treillis de » bois, ornée de sculptures délicates. Des bancs % rangés avec ordre.
chaires à usage civil, ainsi qu’en témoignent plusieurs inventaires d’ostels cités par Monteil, portant : « unam cathedram rotondam ex operagio Parisiensi, » et autres preuves que nous réservons pour notre chapitre xir.
L’hémicycle où se trouvaient placés les sièges du clergé substitués à ceux des juges et dans une disposition toute conforme, conserva longtemps le nom de tribune qu’il portait dans les basiliques païennes. « Tribuna dicitur, dit Du Cange, hemicyclus muralis qui in fine » presbyterii soîet terminari , quasi tribunal, quia ibi tribunal sive pontificalis eathe- » dra collocabatur ut in templo S. Ceciliæ Transtiberinæ regionis ex lapide adhuc extat. » On le nommait aussi presbyterium, comme étant le lieu où se tenaient pendant l’office divin les prêtres dont les bancs flanquaient le siège exhaussé de l’évêque , quelquefois taillé en relief dans le mur même, comme on le fait encore en Grèce et en Russie, pays où beaucoup de traditions de la primitive Église sont restées pures , ou formant un monument distinct, comme les sièges de marbre qu’on voit encore à San Pieiro in Vinculi, à San Stephano Rotonda, comme la chaire de St-Grégoire-le-Grand , etc., lesquels sièges, réduits à leur essence propre, ne brillaient pas alors de toute l’ornementation, coussins, tentures , dais, etc., que le luxe byzantin y ajouta, ainsi qu’on le remarque par les manuscrits, émaux, etc., de cette école. Mais il y avait encore deux autres tribunes, sortes de chaires carrées ou octogones en marbre, nommées ambons: « Quod tribunal quidam è patribus vocant, » dit toujours Du Cange , vulgo nos tribune » , d’où les avocats prononçaient leurs plaidoyers devant les juges, dans les basiliques judiciaires : « Sedeant judices ingens utrumque » advocatio » (Pline, 1 . vi , ép. 33 ) , et que les diacres, les lecteurs et les psalmistes occupèrent plus tard pour lire l'Évangile et les Saintes-Écritures, super pulpitum. La transformation des tribunaux-bazars dos païens en églises chrétiennes n’ entraîna donc aucun changement notable, puisque l’officiant prit la place du juge, les acolytes celle des assesseurs, tandis que les lecteurs se substituaient aux orateurs ( comme il arrive aussi de notre temps), le clergé aux clicns, et les fidèles aux marchands chassés du temple. C'est une nouvelle démonstration de nos remarques sur la facilité , toute politique sans doute , que mit le nouveau culte, dès l’époque de son triomphe, à rapprocher ses usages de ceux du paganisme , pour abaisser la barrière qui le séparait encore d’innombrables populations que la douceur de la pente pouvait seule entraîner dans le giron de l’Église.
i On trouvait dans les premières églises d’autres sièges que ceux de l’hémicycle (v. les subselliæ ou sedilia dans l’fchnographie de Spanheim , à la fin de ce chapitre). Saint Clément, cité par Casalius (p. 188), dit à ce sujet, après avoir parlé des prêtres et des diacres : « Laici in altéra parte décoré et quiete sedeant. » Le même écrivain remarque aussi qu’il y avait des places assises réservées aux empereurs, qui s’asseyaient après les clercs en dehors des cancellos ou barreaux servant à séparer le sacrarium de la nef. Eusèbe dit même ( Vie de Constantin, 1. iv, ch. xxxm) que ce prince s’asseyait parmi le peuple pour entendre la parole de Dieu : « intra populum resedisse ad audiendum verbum Dei ; » ce qui forme une nouvelle contradiction avec ce que dit (1. iv, c. xxxm, p. 542 de la Vie de Constantin) le même Eusèbe de ses longs sermons que son prince écoutait toujours debout
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» occupaient le reste de l’espace. La basilique était séparée par une » muraille extérieure 1 de tous les lieux profanes, dans son en-
dans son palais même , par respect pour les choses saintes, quelqu’ instance que le prélat lui fît de s’asseoir (Tillcmont, Histoire des Empereurs, t. IV, p. 292.)
Ce ne fut sans doute qu’après l’ère de tolérance religieuse de Constantin et de l’Église de son temps, trop redevable envers ce prince pour ne pas déférer à ses vues conciliatrices, et lorsqu’on vit surgir ce rigorisme chrétien et l’ascendant sacerdotal dont les règnes suivans offrent tant d’exemples, que l’ascétisme du clergé et même des fidèles repoussa l’usage de ces moyens de repos redevenus plus tard une nécessité, surtout en France , où le zèle religieux ne se soutient qu’à l’aide de sièges et de coussins inconnus dans les églises de Grèce , de Russie et même de Rome et de l’Espagne.
Qu’on se figure à quelles épreuves les prêtres , les ascètes de cette époque, et même les fidèles , se soumettaient en assistant debout ou prosternés aux multiples et interminables offices de jour et de nuit, qui remplissaient la vie d’un chrétien de ce temps; car, ainsi que l’observe Tillcmont en citant saint Optât (Hisl. des Emp., t. IV, p. 292) , « le peuple n’était jamais assis dans les églises où les fidèles se pla- » paient distinctement , les hommes d'un côté et les femmes de l’autre » ( comme dans les basiliques judiciaires ). Cependant, vers le VIIR siècle , selon Desmarettes, un sentiment de pitié leur vint quelque peu en aide. On toléra l’usage, dans le saint lieu, d’une sorte de crosse ou potence nommée reclinatoria (de reclinis, couche', appuyé sur ) qui pouvait, jusqu’à un certain point, empêcher de succomber à la défaillance ces contemplatifs sur lesquels Dieu, selon l’expression mystique d’Hugues de Saint-Victor, se reposait du soin d’être honoré selon ses mérites : « Reclinatoria contemplativos désignant, j) in quibus Deus sine offensa requiescit » (Hugo, in Speculo Ecclesiœ, lib. i, cap. i) ; et encore les fidèles qui, bien que plus libres d’aller chercher ailleurs au besoin l’appui que l’Église leur refusait, en faisantégalement usage de cette béquille, étaient-ils tenus, ainsi que les prêtres, delà quitter aux passages particulièrement consacrés du saint sacrifice : « Plebs , » dit le même auteur (cap. vu) , cum cantalur Evangilium in missa, baculos hic deponit, » reclinatoria relinquit , caput delegit , etc. » Nous avons dit plus haut, d’après le témoignage récent de M. Albert Le Noir, que ces réclinatoires étaient encore en usage dans les églises de Grèce, où on les voit suspendus comme stalles mobiles dans les sacristies. Il en est de même, selon M. Cyprien Robert, dans le Sina'i et le Liban.
A cette première et insuffisante concession de la pitié en succéda , environ quatre siècles plus tard, une autre d’où naquit la miséricorde, ou demi-siége relevé dans des stalles qui, tout en simulant de la part du clergé l’action respectueuse de rester debout , offrait néanmoins au corps un meilleur point d’appui que le réclinatoirc. Ces miséricordes , dont le nom seul exprime le sentiment qui présida à leur invention , devinrent , à raison sans doute de leur destination et du rang inférieur qu’elles occupaient dans l’ornementation des églises, le point de mire des imagiers des XlVe et XV’e siècles pour l’exercice de leur génie burlesque , ainsi que nous le montrerons au chap. xir.
1 Cette séparation par une muraille extérieure des lieux sacrés des lieux profanes , nous reporte encore au temple de Salomon , érigé avec le concours d’un illustre artiste de cette même ville de Tyr , où nous retrouvons ici, quatorze siècles plus tard, un grand édifice religieux affecté à un autre culte, et présentant toutefois de nombreux rapports avec celui
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» clave , mais en dehors du temple , il y avait diverses pièces affec- » tées à l’instruction des cathécumènes-, le baptistère % la diaconie,
auquel travailla Itiram. Ainsi se perdirent, se détruisirent, et se reproduisirent pour se détruire encore, ces grandes manifestations de la puissance humaine, créées, croyait-on sans doute, pour un avenir sans bornes , et bientôt confondues dans le néant par la colère céleste ou par le choc de nos passions politiques ou religieuses , grands enseignemens sans portée pour nos vues courtes.
i Le baptême par immersion , auquel les fleuves et fontaines pourvoyaient seuls avant que le triomphe du christianisme permit de lui consacrer des édifices spéciaux , ne s’administrait, même dans la primitive Église, qu’après que les cathécumènes s'en étaient rendus dignes par des témoignages préalables de leurs dispositions à le recevoir, sorte d’initiation empruntée aux anciens cultes d’Orient , et qui tendait d’ailleurs à maintenir et même à relever la dignité du chrétien. Jusqu’au moment où cette grâce lui était octroyée, le cathécumène voyait le sanctuaire se fermer pour lui. Il errait habituellement dans l'atrium ou portique du temple : « area anteædera, postibus et columnis cincta unde etperistylium » et impluvium dicebatur ; » lieu d’asile d’ailleurs et d’immunité aux yeux des lois.
L’aspirant à ces faveurs de l’Église, dont les papes et les évêques se réservèrent l’octroi jusqu’au XIe siècle, avait toutefois sa place marquée aux heures des saints offices dans la partie de la basilique nommée narthex ou vestibulum , division placée entre le naoz (templum) et le portique , et qu’on rencontre encore dans plusieurs de nos basiliques des XIe et XIIe siècles, notamment à Vezelay, ainsi qu’on le verra par notre planche ( 4 de la ire série de l’Album) représentant le lieu dit encore aujourd’hui Porche des Cathécumènes.
De cette exclusion de l’église proprement dite, du néophyte non encore purifié par les eaux du baptême résultait nécessairement l’établissement du baptistère dans un lieu spécial non consacré, tel que le vestibule, comme dans l’Ichnographie de Spanhcim et de Yoigt , ou l’atrium : «Locus, dit Du Cange, in cujusmedio erat fons ubibaptisabanlurcathccumeni.»
Tel devait être, comme premier exemple d’isolement, le baptistère de Latran , décrit par Ciampini ( de Sacr. Ædific., cap. n ), et dont la forme ronde s’est conservée dans la plupart des édifices, même d’époques assez modernes, affectés à la même destination : « Florentiæ, dit Du Cange ( ut et Pisis, Bononiæ, Parmæ, urbe veteri et alibi), in Italia » è regione maximi tempü ecclesia est rotunda S. Joanni-Baptistæ sacra. » Notons que le baptistère de Florence , dont les portes sont si célèbres parmi les produits de l’art du XVe siècle, subsistait dès lors depuis neuf siècles.
On appelait aussi baptistère ( baptisterium ) la fontaine, comme celle de la calacombe de Saint-Pontien (d’Agincourt, Archit., pl. lxiii , n° 3 , et peint., pl. x, n° 8) , ou la cuve qui servait à l’administration du baptême, telle que « ce labrum ex lapide Ægyptio vulgo » basalta, magni pretii , in quo noster Cœsar baptisatus fuit » , dit Ciampini , qui , tout en promettant de discuter ultérieurement ce point , promesse dont l’exécution a échappé à nos recherches , adopte ici la version de Nicéphorc Calliste (chap. xxxv , p. 492, 493) sur le premier baptême de Constantin , et semble ne considérer que comme une purification complémentaire celui qu’il reçut avant de mourir dans le château impérial d’Aquyron, près de Nicodémie. Il est vrai que si Ciampini avait contre lui pour ce fait Eusèbe (ch. vr, p. 557, 558) , saint Jérôme, et la plupart des historiens ecclésiastiques même, il pouvait du moins, comme le fait Nicéphore par ces mots : « satis ostendit baptisterium, » se
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)) la sacristie, la salle d’ audience, etc., toutes pièces qui se commu- » niquaient entre elles. 1 »
prévaloir de l’autorité de la légende inscrite sur la mosaïque du baptistère de Latran , qui explique ainsi le scène baptismale :
« Rex baptizalus et lepræ sordes lavatur. »
Ce qui ne prouve cependant pas positivement qu’il s’agisse de Constantin.
Nous avons déjà fait pressentir le parti qu’on peut tirer des remarques de Ciampini sur les labra (bassins à lèvres) pour expliquer l’existence dans tous les musées de l’Europe d’une énorme quantité de prétendus sarcophages à sujets païens, comme les sept ans placés par M. de Clarac sous les numéros 460, 472,480, 490, 493, 494 et 723, de sa description savante, quoique sommaire, de notre musée des antiques, monumens que cet antiquaire rejette au moins au IIIe siècle, ce qui ne contribuerait pas peu à jeter des doutes sur la question de l’époque où l’inhumation des corps fut substituée à leur incinération. Raison de plus pour que les remarques de Ciampini nous paraissent décisives. Ce doit être en effet par un changement total d'affectation que ces sortes de cuves deluxe destinées aux ablutions si fréquentes des grands personnages de la Rome païenne ont servi de sarcophages aux héritiers de leurs biens, mais non pas de leurs habitudes, quoique Paciaudi établisse que l’usage des bains était encore très fréquent chez les premiers Chrétiens (F. de Sacris christianorum Bcdneis ). Tout est dans ce peu de mots : « labra in quibus lavabantur et » quorum muita adhuc visuntur per urbem, pretiosiora ad sanctorumrecondenda corpora. » Autrement, pour le français , baignoires passées à l’état de sarcophages.
Du Cange observe d’ailleurs que le mot labrum, d’où est venu le diminutif labellum ( citerne ), s’appliquait à la fois à une cuve pour les ablutions et à un sarcophage. Ces témoignages, ces doubles signification et affectation, résultent de ces mots d’Isodore (1. xx, ch. vi) : « eo quod in eo lavationem solitum est fieri infantum alveum, quod in ablutio- » nem fieri solitum sit » , et surtout des passages suivons : « est in porphyreticum labrum » pulcherrimum et in usus hujusmodi aptissimum; nam et Maximianus Diocletiani » socius ita humatus est ( S. Doctor, ep. xxxiv ), et « Otho II Romani rediens eodem tem- )> pore defunctus est, atque in labro porphyretico sepultus est in atrio ecclesiæ R. Pétri » apostoli. » ( Chron. , Casin , cap. ix. )
On voit que Constantin et sa famille ne se montrèrent pas seuls avides de ces sarcophages de porphyre qui , loin d’assurer, comme ces princes le croyaient sans doute, la longue surexistence de leurs dépouilles mortelles , en hâtèrent la dispersion et l’anéantissement, soit en excitant la convoitise de successeurs animés de la même ambition, soit en offrant à leur ingrate postérité les moyens de rendre ces cuves à leur destination première, comme le dit Ciampini (de Sacr. Ædific., p. 12) : « alia (labra) in fontium usum » fuere conversa , ut in platea faranesiana ubi duo magna extant. »
On retrouve également ici dans la sépulture affectée à Otlion II, mort à Rome en 983, et inhumé dans l’atrium de St-Pierre, une continuation de l'usage consacré pour Constantin et suivi par Pépin.
i La planche que nous joindrons à ce chapitre de notre texte offre ces diverses divisions, sur lesquelles on n’est pas entièrement d’accord, soit qu’elles fussent variables ou différentes d'une époque à l’autre, ou subordonnées, comme l’orientation, au gisement des basiliques d’Occident ou d'Orient.
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En nous arrêtant à quelques types pris dans les cinquante-neuf grands édifices religieux élevés sous le règne de Constantin , et que Giampini décrit en détail, avec de nombreuses citations de sources, nous ne pouvons encore donner qu'une idée bien imparfaite de l’ensemble des travaux entrepris et exécutés par ce prince et des inappréciables richesses 1 dont il dut pouvoir disposer pour seconder le zèle des populations dans la construction des églises d’Orient, qu’il dota en outre de trésors d’orfèvrerie et de dons et encouragemens divers % au moins égaux à ceux dont il combla celles de Rome.
1 II est vrai qu’indépendamment des abondantes ressources que Constantin puisa dans les donaria des temples païens , il en trouva de très importantes dans les trésors des palais de Maxence et de Licinius ; et qu’au lieu de suivre l’exemple de son père, qu’on surnomma le pauvre, parce qu’il laissait à ses amis le dépôt de ses richesses, ce fils prodigue, mais dans une juste mesure, sut faire un brillant emploi des siennes; ce qui n’empêcha pas son neveu de l’accuser « de n’avoir amassé de grands biens que pour les employer à » assouvir ses propres convoitises et à satisfaire celles de ses amis ( Césars , traduction de » Spanheim, p. 268). » Ce langage est, il est vrai, en opposition directe avecl’éloge que le même Julien fait de la grandeur d’âme et de la libéralité de sop oncle, dans sa première oraison sur Constantin , mais alors la passion ne l’aveuglait pas. Aussi récusons-nous ces derniers témoignages , pour nous en tenir, non aux éloges peut-être intéressés d’Eusèbe et de Lactance, non plus qu’aux traditions recueillies par Socrate, Sozomène, etc. ; mais aux aveux que la force de la vérité arrache aux ennemis politiques et religieux de ce prince, tels que Libanius (orat. 3), Praxagoras (in Photius), Aurelius Victor, et même Zosirne, qui , à travers mille reproches, rendent hommage à sa libéralité, peut-être abusive à quelques égards (Eusèbc , Vit. Const. ,1.x, cap. liv), et surtout au somptueux usage, constaté d’ailleurs par le Code Théodosien, que ce banquier , selon l’expression de Julien, fit de son immense crédit, sans l'épuiser ni le compromettre. Remarquons d’ailleurs que, loin de pourvoir à sa prodigalité par des surcroits de charges pour ses peuples , Constantin leur fit remise de la quatrième partie des tributs, ainsi que le prouve l’inscription « Rcmisso ubi- » que tributo » , citée par Spanheim ( Césars, p. 268.)
2 Nicéphore Calliste, après avoir parlé ( chap. xxvi, p. 588 ) de la dédicace de Constantinople, dont l’église était alors sous la direction d 'Alexandre, dit ( dans la traduction latine) : « Hic denuo illis epulo exceptis, aliadona obtulit : etliteras ad provinciarum præ- « fectos dédit, ut in urbe quaque divino cultui addictis atque sacralis viduis virginibusque,
» ad sancliora divinorum templorum sacraria excubantibus, annonæ annuæ tribuerentur ,
» quæ ad libertatem splendidam magis quam ad usum necessarium périmèrent. » Et plus loin (p. 589), comme témoignage de l’utile concours de Constantin dans les constructions religieuses et dans les moyens d'enseignement : « Episcopis porro sane quam liberaliter » pecunias mittens, eos ad ecelesiarum ædificaliones excitavit, sumptusque ad id abunde » præbuit. Libros itidem ecclesiasticos manibus propriis describcre et concinnare jussit. » Le même écrivain reproduit au chapitre suivant la lettre du même prince à Eusèbe relative aux églises « quo; supersint , vel restaurandarum , vel ampli ficandarum , vel ubi hoc
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Les quatorze églises et les palais de Byzance, créations tout impériales, auraient suffi pour épuiser les plus riches épargnes, d’après la description que font les écrivains contemporains de leurs parois, lambris et voûtes revêtus de l’or le plus pur, au point de motiver le superbe dédain et l'injurieuse apostrophe des panégyristes de Constantin appliqués aux travaux de ses devanciers : « Nunc auri luce » fulgentia indecoram majorum parcimoniam prodiderunt !
Ces louangeurs brevetés avaient cependant présente à l’esprit la recherche de somptuosité dont firent preuve Néron dans sa maison d'or, Domitien dans sa coupole du même métal , et Elagabale dans le sanctuaire tout oriental de sa pierre noire : ils ne pouvaient ignorer non plus qu’à leur époque même, les temples d 'Athènes, d "Ephèse, d ’Olyinpie, etc., brillaient encore, grâce surtout à leurs chefsd’œuvre d’art, d’un éclat près duquel, pour des yeux exercés, la dorure de Constantin serait demeurée bien terne. Telle est cependant, et de nos jours encore, la fascination produite par ces pompeux rehaussemens, que leur seul aspect provoque l’acclamation publique mieux que ne ferait l’accomplissement des plus rigoureuses conditions de l’art, au point d’aveugler ceux-là même que la mission de traiter de cette marche de l’art, devrait tenir en éveil sur sa portée réelle.
Les panégyristes de Richelieu et de Louis XIV durent sans doute s’exprimer comme ceux de Constantin à l’apparition de ces brillans reflets de notre soleil du XVIIe siècle, qui, venant ranimer notre art prêt à s’éteindre , l’étouffèrent sous leur faste -, de même que les Lcmercier les Mansard et autres exploitateurs des rayons de cet
» nécessitas postulaverit, recens exlruendarum », et celles couronnant les copies à faire des textes de l’Écriture : « a notariis pulchre scribendi peritis, etc. »
» C- est à Jacques Le Mercier , l’architecte de la Sorbonne , du Palais-Cardinal (aujourd’hui mi-partie royal et plébéien), du grand château de Touraine de son Mécène Richelieu, et de notre église Saint-Roch , où se perpétuent de nos jours plus que jamais les traditions de son créateur, que l’on doit chez nous la première substitution tranchée de l’or à l’art bientôt étouffé dans les embrassemens de ce rival. Le luxe de dorures que Le Mercier déploya dans l’intérieur du Louvre , dont il fut aussi l’architecte , et surtout dans les appartenions d’Anne d’Autriche , peut être considéré comme la brillante aurore du sein de laquelle se leva l’astre rayonnant de Louis XIV. Prouvons cet aperçu par une citation de Sauvai , contemporain et témoin de ces travaux :
« Marie de Médicis, dit-il d’abord (t. II, I. vu, p. 34), fit dorer pendant sa régence
l’art CHRÉTIEN'.
astre, en substituant des ornemens d’une plastique grossière, mais richement recouverts d’une valeur pondérable et réelle, aux produits neutres de la sculpture proprement dite , de la ciselure sur fer, de la peinture sur verre, de l’émail sur cuivre ou tôle, etc., accusèrent nécessairement aussi l'indécente parcimonie des Bullant et des Delorme.
Mais à part les questions de style et de valeur intrinsèque donnant un prix commercial aux œuvres quelles qu’elles fussent, dans quel siècle, à quelles époques trouvera-t-on réunis dans une période aussi circonscrite que celle du règne de Constantin , de plus nombreux, de plus grands et surtout de plus utiles travaux, lorsqu’on les juge non seulement par leur effet immédiat pour la consolidation de l’édifice chrétien à peine sorti de terre, mais aussi parles liens qu’ils serrèrent entre les populations divisées de l’empire, en opérant sur les faibles, par le prestige de l’entraînement et par la presque similitude des pompes nouvelles avec les anciennes 1 , l’effet de prosély-
» une chambre dans l’appartement des reines-mères , et n’oublia rien pour la rendre la » plus riche et la plus superbe de son temps. Elle fut ornée d’un lambris et d’un plafond;
» on y employa un peu d'or et de peinture . Chacun admira ce beau lieu comme le
)> dernier effort de la propreté , de la galanterie et de la magnificence ; mais on n’est pas » longtemps demeuré dans cette erreur. Présentement nous avons des chambres bien plus » riches chez les particuliers même... » Puis il ajoute : « Anne d’Autriche a depuis bien
» enchéri là-dessus . La chambre des bains que nous avons vu faire est de la conduite
» de Jacques Le Mercier ; l’ or jusqu’ici avait été employé à Fontainebleau et chez les « particuliers comme par mépris (mot répondant ici à celui de parcimonie) ; mais là il » a été répandu avec une espèce de profusion, etc. , » profusion sur laquelle ont enchéri de nouveau les successeurs de Le Mercier, et surtout Mansard. On sait que les peintures d’ornement, et surtout les dorures exécutées à Versailles de 1664 à 1600, ont coûté, d’après le compte établi en 1701 par Mansard lui-même , l’énorme somme de 1,676,286 fr. , que la variation du prix du marc d’argent, flottant pendant cet intervalle entre 26 et 29 livres, doublerait presque aujourd'hui.
Ne dût-il pas en être du règne de Xâge d’or sous Constantin comme chez nous de sa première phase, si bien constatée et toujours dominante au grand préjudice de nos artistes en toute autre matière ? L’art brillait par lui -même sous Auguste et ses premiers successeurs, comme sous nos derniers princes de la branche des Valois ; et la métamorphose qu’on lui fit subir en l’écrasant par cet éclat d’emprunt , n’accuse-t-elle pas plutôt l’impuissance des transformateurs que la parcimonie des créateurs?
i Sous le rapport monumental surtout , et quant à la richesse des objets consacrés au service des temples, car les pompes hiératiques ne se développèrent que plus tard, pour achever la séduction des tièdes, et surtout pour impressionner les Barbares étrangers à tout prestiges religieux et auxquels cette magie sacerdotale imposa plus que la force des armes,
l’art chrétien.
tisme que l’exemple des vertus chrétiennes, le courage des martyrs et le lâche acharnement des persécuteurs , avaient produit sur les forts ?
C’est en l’envisageant sous ces aspects que la renovation de l’art sous Constantin nous paraît surtout remarquable, comme ayant été l’ancre de salut d’une civilisation prête à disparaître dans le gouffre d’une décadence sociale parvenue à son dernier terme , et comme constituant une ère spéciale, une souche neuve d’où l’art chrétien^ puisqu’on peut lui donner désormais ce titre , a tiré ses longues ramifications restées presque vierges pendant plus de huit siècles, au milieu de vicissitudes de formes et de variations de goûts importées ou admises par les hordes barbares , et que nous retrouverons encore jusque dans nos provinces au moment où poindront notre architecture et nos arts nationaux.
Considérée de ce point de vue pliïtôt que de celui où l’on se place habituellement pour juger les œuvres de ces époques comparativement aux productions du siècle d’Auguste , ou même de celui des Antonins , l’histoire de la marche plus accélérée sans doute que glorieuse , imprimée à l’art par Constantin , dans l’intérêt urgent de ses vues politiques, offrirait la matière d’une belle étude dont nous ne voyons pas qu’on se soit occupé sous ce rapport d’ensemble. La vie du vrai fondateur de l’Eglise chrétienne par l’évêque de Césarée, de même que l’œuvre de Ciampini froidement encadrée édifice par édifice , quelque exacte et savante qu’elles soient, ne constituent que de précieux matériaux auxquels manque la mise en œuvre avec les autres parties d’art corrélatives, assemblage difficile sans doute, tant les traditions matérielles d’une authenticité incontestable, sous ce dernier rapport, sont rares , tant celles écrites sont passionnées ou incertaines j les écrivains contemporains de ce prince ayant, selon la leçon de tous les temps , des époques critiques surtout , gonflé démesurément ou rabaissé les gloires de ce prince, au gré de leurs passions, et les autres historiens de l’école byzantine, auxquels il appartint surtout de le montrer sur son plus grand théâtre, réduits par ces
comme le prouve l’effet produit sur Attila par la seule intervention directe du pape saint Léon, et le salut de noire ville de Troyes, préservée comme le fut Rome de la fureur du même Barbare, par l’apparition et par les saints cantiques de saint Loup et de ses diacres.
l’art chrétien.
lit
incohérences même , par les incendies de Byzance , par les dévastations des Barbares , etc. , à procéder dans le vague , ayant souvent confondu jusqu’aux origines des traces monumentales qu’il consacrent.
Ce tableau, dont la place reste vide dans cette immense galerie consacrée à Constantin, où Voigt comptait déjà, en 1720, cent quatrevingts ouvrages traitant des actions de ce prince ( Histovia litteraria Consl. il/.)? exigerait une indépendance de pinceau, autrement dit une liberté d’opinion bien rare à notre époque même , où la question religieuse qui domine cette grande phase , quoique moins brûlante qu’aux périodes antérieures, reste toujours vivace dans le choc des principes de politique et d’ordre social qui s’y rattachent et qui , divisant encore le monde , réagissent jusque sur le sens intime de nos chefs d’école. Or , comment espérer d’obtenir sous ces influences un portrait historique d’une époque aussi incisive , dégagé des altérations que l’esprit de panégyrisme ou de dénigrement apporte à la vérité des tons par le mélange des teintes broyées sous les préventions du dogme ou de sa négation? Une philosophie éclairée pouvait seule faire ce départ de l’or pur de l’alliage qui le ternit , mais malheureusement encore , chez nous et depuis trop longtemps , Y aspect philosophique n’est autre que l'effet du prisme renversé.
Dans la mission plus modeste que nous impose le titre de notre chapitre ni, il nous suffit de signaler les efforts tout personnels de Constantin (ses lettres en font foi), pour étouffer les germes du brillant polythéisme sous les pompes d’une religion mystique , et son adroite et courageuse résistance aux exigences, souvent trop impérieuses de ce dernier culte, pour assurer, par des moyens que la fin justifie, la conservation des chefs-d’œuvre de l’antiquité païenne menacés, mais préservés en général de toute atteinte sous son règne.
Ce prince, honoré comme saint à sa mort par les Chrétiens, qui lui devaient bien cette canonisation spontanée, reçut en même temps des païens les honneurs de l’apothéose-, mais à quoi tint-il que bientôt après, ce double témoignage si positif de la douceur de son règne et de la haute habileté de ce réformateur religieux opérant sans secousse le plus grand bouleversement moral dont le monde ait été le théâtre, ne prévalut pas sur quelques rancunes isolées; et que le christianisme, déjà si radieux, quoiqu’à peine sorti de terre, n’y fût replongé
l’ap.t chrétien.
sous l’effort de nouvelles persécutions , en ne laissant peut-être à son grand fondateur, au conquérant et législateur de tant de royaumes , que les titres d’ambitieux , de brouillon , d 'usurier 1 , de chef de cuisine , de coiffeuse % tirés non des torts malheureusement trop
i « Et toi, dit Mercure à Constantin ( Banquet des Césars, traduction du baron de Span- » heim, in-4°, p. 268 et suivantes) , quelle chose as-tu jugée la plus belle de toutes ? A quoi » il répondit : Ramasser de grands biens, etc. Sur quoi Silène riant à gorge déployée, etc. »
Comme le naturel ne change jamais , on ne peut concilier ce reproche d’amasser de grands biens , par des moyens sans doute illicites , avec les dégrcvemens de la Gaule ( Eumène , Panégyric., ap., scrip. fr. 1, 720) avec la remise de cinq années des tributs, excessifs, il est vrai, avec toutes ses lois contre la rapacité du fisc : « cessent jam nunc » rapaces officialium manus » (Lex Constant., inCod., Theod., lib. 1 , tit. 7,leg. ire). Voir d'ailleurs dans le même Code un grand nombre d’autres lois de ce prince , pour la répression des abus en matière de tributs (notamment lib. ix, tit. l,leg. 4, lib. i,lcg. 2, lib. xi, tit. 28, leg. 1 et 16).
a La suite de cette citation des Césars porte : « Mais avec ce beau dessein, lui dit-il , » de te faire banquier , comment est-ce que tu t’es oublié toi-même, en menant la vie » d’un aide de cuisine et d’une coiffeuse ? Ta chevelure et ton visage te donnaient déjà » assez à connaître. »
A part la question des convenances outrageusement violées dans ce langage d’un neveu sur un oncle illustre, dont il exploitait, violemment même, le grand nom et les droits au trône, tout en en faisant litière, l’odieuse injustice et l’impudeur de l’épithète à’ aide de cuisine , qui aurait fait de Constantin un nouvel Elagabale livré aux soins culinaires, au culte de son ventre, ont été victorieusement démontrées par Spanheim (page 269.) Ce savant s’est prévalu à cet égard, non seulement de ce que dit Eusèbe de l’extrême sobriété , de la tempérance fondée sur des principes d'hygiène et sur des considérations morales , dont Constantin , dans l’intimité duquel il vécut si longtemps , fit constamment preuve, mais aussi du témoignage des auteurs païens et de celui exprimé par Julien luimême avant qu’il eût pris à tâche de saper par sa base l’édifice chrétien , en le montrant comme l’œuvre d’une rouerie purement politique, comme le sanctuaire des vices sous la forme de vertus. Ce n’est pas que la tempérance de Constantin , quelque rigoureuse qu’elle fût, pût approcher de la rude austérité que Julien s’était imposée par régime ou par calcul ; mais en pareille matière surtout , ce n’est pas par soi-même qu’il convient de juger autrui , car l’abstinence de tel serait excès pour tel autre.
L’apostrophe de coiffeuse paraît d’abord un non sens , qu’explique cependant ensuite le reproche de Julien sur la chevelure de Constantin , placé plus loin (pages 276 et 277) « auprès de la mollesse qui le revêt d’un habit de femme , à fleurs , et le conduit auprès » de la luxure. » Il paraît , en effet, et les médailles en font foi ( voir celles données par Spanheim , page 271), que ce prince, à l’exemplede Dioclétien , subit par politique ou par entraînement l’influence des usages orientaux en adoptant , dans ses dernières années, un faste personnel bien contrastant sans doute avec le manteau de philosophe de son neveu ; mais qu’importent les formes extérieures plus ou moins recherchées d’un vieillard, soigneux sans doute avant tout, de complaire aux populations asiatiques qui l’environnaient? Constantin en était-il moins ce soldat intrépide dont Julien lui-même célèbre les hauts faits
l’a.ut chrétien.
us
réels 1 qu’on pouvait lui imputer, mais du besoin d’avilir la majesté de son grand nom , et d’imposer même aux souvenirs des populations encore éblouies par son auréole de gloire? Triste exemple des hasards que courent les plus grands renoms!
Un complot de rhéteurs faillit faire avorter l’œuvre de génie, de soins et d’art , qui compte aujourd’hui plus de quinze siècles de
( Césars, p. 133 ); et les soins de sa parure empêchèrent-ils ce conquérant infatigable, ce législateur d’un empire aussi vaste que celui d’Auguste , dont il eut de plus à changer la religion et les mœurs , de poursuivre et d’achever cette œuvre immense , de fonder et de terminer une nouvelle capitale que Julien aussi reconnaît comme la digne rivale de Rome; en un mot , de préparer à son ingrat neveu cette immense succession impériale , objet de sa convoitise? Ce fut, parmi les derniers empereurs, Dioclétien qui, le premier, ceignit son front du diadème persan tant reproché à Caligula, et que rappelle le bandeau de pierreries des médailles de Constantin, gravées dans Spanheim, luxe étendu d’ailleurs jusqu’à la chaussure par ce prince et par ses successeurs. Quant à la coiffure, elle était factice et se composait de chevelures rousses que lés rois barbares envoyaient en présent à l’empereur , selon Eusèbe, qui, parlant aussi de vestes brodées d’or et à fleurs que Constantin portait sous son manteau de pourpre, observe « que cet éclat , jugé nécessaire par ce prince comme >> moyen d’imposer à ses nouveaux peuples , n’ affaiblissait pas la vigueur de son esprit .» Voilà la réponse aux reproches de Julien, dont l’ignobie tenue, « les doigts toujours tachés d’encre , la barbe garnie d’animaux incommodes, » ainsi qu’il s’en fait gloire , offrirait , sous le rapport de l’exemple que doit donner un souverain , même dans l’observation des règles hygiéniques, plus de prise à une sage critique que la recherche de luxe de son oncle ; quoiqu’il soit reconnu qu’ici, comme en tant d’autres cas,
« L’un et l’autre excès choque , et tout homme Lien sage
n Doit faire de l’habit ainsi que du langage. . . »
La partialité de Julien à cet égard, son aversion même pour les moindres soins de toilette, se trouvent d’ailleurs prouvées par l’acharnement qu’il montra à son avènement contre les barbiers admis par Constance, outre mesure il est vrai, dans le palais impérial de Byzance.
i Constantin, dont le caractère naturellement emporté, cruel même, s’était manifesté de bonne heure par la vengeance qu’il exerça sur les rois francs livrés aux bêtes dans l’amphithéâtre de Trêves, et par le suicide auquel il contraignit Maximien son beau-père , eut à se reprocher, même comme prince chrétien, des torts qu’on pourrait, à la rigueur , qualifier de crimes. D’abord , sa sentence de mort contre son fils Crispe, qui, coupable ou non, ne devait être jugé que sur un fait constaté : mais la terrible expiation, prouvée selon Codin (p. 34) par un deuil et une abstinence de quarante jours, et par cette inscription mise par lui sur la statue d’or de sa victime : « A mon fds condamné à tort , » aurait dû désarmer le ciel même. Julien fut plus impitoyable; à moins qu’en accusant son oncle « d’avoir répandu le sang de ses proches » il n’entende parler que de sa femme Fausta , ou peut-être de son neveu Licinius , dont quelques écrivains lui imputent la mort. Outre ces deux meurtres, dont le dernier n’est rien moins que constant, les inductions qu’on pourrait tirer de passages d’Eusèbe et de saint Jérôme, étant très vagues, une distinction serait à faire. En faisantétouffer dans un bain chaud ; «Extinxerat conjugem Faustam calore balnei,»
l’art chrétien.
durée. Bien qu’ainsi que l’établit M. Michelet ( Hist . de Fr. , t. I, p. 102 ), « l’avénement de Constantin et du christianisme fut une « ère de joie et d’espérance pour la Gaule surtout » où ce prince
(Sidon. Appollinaris, liv. v, ép. vm), sa femme surprise en adultère avec un esclave , dit rhilostorge (liv. h, c. 4), l’époux, doublement outragé de ce crime et de la cruelle erreur qu’il lui révélait, put croire à la fois laver son affront impérial et sacrifier aux mânes du nouvel Hippolyte ; mais le massacre du fils de son ancien copartageant de l’empire, enveloppé, on ne sait pourquoi , dans la sentence inique qui atteignit Crispe , ne pourrait être quel’inspirationd’une froide et ombrageuse précaution qui ne nousparaîtni dans le caractère ni même dans les intérêts bien entendus de ce prince. On ne voir pas en effet que son trône, inébranlable de son vivant , ait jamais été sérieusement menacé , la seule rébellion mentionnée dans l’histoire de la deuxième partie de son règne étant l’émeute de l’île de Chypre, suscitée par un chef obscur, Calocerus, qui ne tarda pas à subir la peine qu’il avait encourue. Ce qu’on peut reprocher à plus juste titre à Constantin , ce sont les abus qui se commettaient en son nom et sous l’égide de son autorité, malgré le soin qu’il prenait d’en prévoir les cas et de les interdire par de nombreuses lois insérées sous son nom dans le Code Théodosien ; mais par une faiblesse qui s’accorde souvent avec de hautes vues, il plaçait trop légèrement sa confiance ou déléguait son pouvoir sur des apparences souvent trompeuses, à des hypocrites indignes de ses bienfaits. Eusèbe lui-même attribue à cette facilité de caractère la tache qu’imprima à une si belle vie la protection temporaire que son prince accorda à l’arianisme et la proscription d'Athanase, faute grave sans doute d’après l’opinion que nous donnent les écrivains sacrés des hautes et solides vertus de ce dernier évêque , mais question toute d’orthodoxie en ce qui touche aux séductions qu’opéra sur Constantin ce schisme qui divisa si longtemps l’empire.
Youlant, comme témoignage de notre impartialité, placer quelques ombres dans notre esquisse des vertus et des vices d’un prince dont le crime dominant est, aux yeux de certains écrivains , d’avoir fait asseoir le christianisme avec lui sur le trône du monde , nous aurions pu nous dispenser de ces analyses de détail, en empruntant à Sextus Aurelius Victor ( de Cœsaribus Historia ses aperçus si tranchés sur le règne de Constantin : « Parfait » comédien , dans les dix premières années de son règne ( trachala deeem annis prœstan- » tissimus); brigand dans les douze années suivantes (duodecim sequentibus annis latro); » et enfant prodigue dans les dix dernières années ( deeem navissimus pupillus ob profu- » siones immodicas nominatus); » mais cette trilogie, qui classe par périodes rondes les dispositions bien mobiles en ce cas , d’un tel prince , et confond sous une même teinte, sans distinction de nuances , les traits même entièrement analogues appartenant aux trois divisions, quoique reproduite comme proverbiale par cet écrivain, ne nous a jamais paru digne de la gravité de l’histoire. Préfet de Panonie sous Julien, qui lui érigea une statue d’airain pour récompense de son concours dès l’époque de la campagne de Sirmium, « ubi » victorem apud Sirmium visum , scriptorcm historicum . . . et honoravit ænea statua » ( Ammien Marcellin, 1. xxi. c. 18), Aurelius Yictor aura voulu se montrer digne de cette haute faveur , en résumant ainsi dans son histoire des Césars les gracieuses plaisanteries , plus explicitement exprimées, comme on l’a vu plus haut, dans la satire, d’ailleurs savante et spirituelle , publiée presque sous le même titre (les Césars) par son royal protecteur. C’est donc moins par ménagement pour Constantin que par respect pour la dignité
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1 1 iî
s'était fait connaître par des vertus, son règne, qui concéda pourtant et au-delà tout ce qu’on pouvait en attendre, ne put extirper tous les germes de sédition. Les sophistes, qui s’étaient maintenus par
et la vraisemblance historiques que nous ne nous arrêtons pas à ce classement par époque dont l’absurdité nous semble démontrée par cette seule remarque qu’on pourra faire, d’après nos exposés, que les profusions immodérées qu’on rejette au 3e acte, remplissent également le second, qui comporte la construction et la dotation par d’immenses richesses en orfèvrerie, etc., de toutes les basiliques et églises de Rome et d’Occident , et que les faits de brigandage , si brigandage il y a , les plus sensibles sans doute aux yeux des écrivains de l’école de Julien , la destruction de quelques temples païens souillés de nouveau par la persistance de pratiques superstitieuses, l’humiliation des faux dieux arrachés à la cella des temples de la Grèce et de l’Asie mineure , pour venir , chargés de liens comme des criminels , prendre rang seulement à titre do chefs-d’œuvre sur les places, dans les palais et dans les églises de Byzance, appartiennent presque tous au troisième période. « Constantinopolis dedicatur, pene omnium urbium nudidate ,» dit saint Jérôme ( Chron ., p. 181). Or la dédicace de Constantinople ne précéda que de sept ans la mort de son fondateur. ( Voir aussi dans Cedrenus, Hist. compend.,p. 369) la description d’un buste d’IIomère qui faisait partie de ces dépouilles, et Thevenot (1. i, c. 17), sur le pilier de l’hippodrome formé de trois serpens dont les têtes soutenaient le trépied d’or du temple de Delphes, monument mutilé par la hache d’armes de Mahomet II, qui avait d’autres moyens d’illustration. Resterait le premier période signalé seulement comme la scène sur laquelle Constantin fit preuve de son talent comme grand et beau comédien ; mais pourquoi cette division exclusive, motivée sur sa conversion, puisqu’on ne peut nier que, sauf quelques témoignages de condescendance pour Arius, accordés à l’obséquiosité d’un protégé de sa sœur, il ne cessa pas de jouer habilement le même rôle, surtout pendant vingt-cinq ans (de 312 à 337), auxapplaudissemens du monde entier?
Est-il besoin d’ajouter qu’Aurelius Victor, préfet de Rome longtemps après l’usurpation de Julien, « mullo post urbi prefectum ( Âmmien , ut supra), » et qu’on retrouve consul avec Valentinien en 369, ayant vécu jusqu’à la fin du IVe siècle , n’aura sans doute pu assister qu’à la péripétie du grand drame constantinien; et que si ses souvenirs d’enfance, en lui retraçant les regrets universels laissés par la mort de ce grand acteur, n’ont pas mieux impressionné sa mémoire sur l’effet produit par le long exercice de son art , la faute en est sans doute aux sanglantes distractions qu’amena le partage de l’empire, au dégoût que put laisser à cet écrivain la poursuite, sous Constant et sous Constance, du système de leur père, et surtout au parti par lui pris dès lors de seconder l’usurpation de Julien, puis de justifier son apostasie par le dénigrement de la conduite et des principes de son oncle, afin de se montrer conséquent ; condition toute de vergogne, à laquelle tant de profondes convictions sont journellement sacrifiées chez nous ?
Pour ne rien oublier d’important dans cette note toute d’incriminations, citons encore les inductions que l’on tire de ces deux vers que le consul Ablave fit placer secrètement, « clam, » aux portes du palais de Constantin :
« Saturai aurea secla quis requirat?
» Sunt liæc Gemmce , sed Neroniana. »
qualification dont le rang de l’accusateur et sa participation aux affaires publiques accrol-
l’ K r. T CHRETIEN