‹ Les arts au Moyen AgeChapitre 19 sur 49 · I. ART CHRETIEN · texte numérisé non relu

I. ART CHRETIEN

dévastations inséparables des marches et contre-marches du roi des lfuns, à travers nos provinces, contribuèrent seules alors, par les sentimens pieux qu’éveille le désespoir, à serrer les rangs des fidèles accrus de tous les païens indécis que dut frapper, comme il advint à Rome lors du sac d’Alaric , le respect d’un tel Barbare pour les solennités chrétiennes.

Un mot sur cette terrible apparition :

Les succès du roi barbare qui, le premier, fit tomber le prestige de 1’ inviolabilité de Rome et vit le peuple-roi implorer sa clémence et lui prodiguer ses tributs, dut lui créer des imitateurs, à des époques surtout où les sources, alors taries, de la prospérité publique, renouvelées par un long repos, promettaient une itérative et abondante moisson de butin. Ajoutons que, d’après de pieux écrivains, cette recrudescence des rigueurs du ciel contre Rome , l’Italie et la Gaule , était d’autant plus inévitable que les populations qui se montrèrent, en général, moins résignées aux premières épreuves que saint Augustin, Orose, Salvien, etc., s’étaient bornées à reconstituer de leur mieux leur état social au point d’éveiller de nouvelles convoitises, sans témoigner, par des amendemens religieux , qu’elles eussent bien compris la haute portée de la leçon : mais ici la colère céleste , en suscitant les Huns pour la compléter, se montra plus rigoureuse encore que lors du premier châtiment; car c’en était fait cette fois de la société tout entière si, comme on pouvait le craindre, le nouveau chef de sept cent mille Barbares avides de

tianisme , et sans doute aussi par la haute vénération dont le caractère de ses chefs était alors empreint, comme par le courageux dévoûment dont ils faisaient preuve en bravant seuls et sans défense la fureur de ce lion indomptable. La ville de Troyes dut son salut à la mission évangélique que son évêque , saint Loup , s’offrit de remplir en se présentant a\ec son clergé au camp du chef barbare qui , dans sa retraite , après la bataille de Chàlons , voulut que ce saint évêque l’accompagnât jusqu’au Rhin (Surius , 29 jul. , p, 348 , § 4); autant en dit-on de saint Nicaise de Reims , qui périt toutefois victime de la barbarie d’un soldat. L’admirable scène de l'entrevue de saint Léon et de ce Barbare, sur les bords du Mincio, décrite par Jornandès (p. 673) et par la chronique de Tyro Prosper , nous fournit ailleurs l’occasion de faire remarquer combien le génie d’artistes comme Raphaël a pu encore ajouter à l’idée que nous donne l’histoire, de la condescendance, et si l’on veut, du respect que montra pour notre culte un guerrier qui consulta les aruspices avant la bataille de Châlons (ou de Mauriac), et dont les cruautés valurent à tant de chrétiens la couronne du martyre (Tillemont, t. VI, p. 158).

' Qu’on joigne à cette puissance numérique l’autorité morale que tirait l'indomptable

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