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revêtu d’un or très pur 1 , devant lequel s’inclina la puissante reine de Saba% et de l’assurance donnée par le verset 21 « que tous
de la matière première , que la flotte de Salomon lui rapportait de Tharsis ( dans la Bétîque, selon la Martinière , qui suppose que les flottes de Salomon y recueillaient ces marchandises des mains des Phéniciens). Ces flottes rapportaient aussi des paons, des singes et jusqu a de l’argent, quoiqu’un autre passage de la Bible assure qu’on ne faisait aucun cas de ce métal secondaire à la cour du grand roi.
Quant aux autres produits tout continentaux par rapport à la situation du royaume de Juda, les moyens de transport de Salomon consistaient en quatorze cents charriots. Ce roi recevait d’ailleurs de tous côtés , par des communications continuelles, des chevaux d’Égypte, des étoffes précieuses , des armes, des parfums, etc.
1 Ce trône, est-il dit aux versets 19 et 20 , «avait six degrés: le haut était rond par » derrière, et il avait deux mains, l’une d’un côté et l’autre de l’autre, qui tenaient lesiége, » et deux lions auprès des deux mains. 11 y avait douze lionceaux sur les six degrés, « six d’un coté et six de l’autre. Il ne s’est jamais fait un si bel ouvrage dans tous les « royaumes du monde, » ajoute le texte.
Autant en disent , et peut-être avec plus de fondement encore, les écrivains grecs et romains, Strabon , Pausanias, Pline, etc., dans leurs témoignages savamment résumés et discutés par M. de Quatremère de Quincy, sur le trône d’or enrichi de pierres précieuses, d’ivoire et de bois de cèdre, sur lequel siégeait le chef-d’œuvre de Phidias, le colossal Jupiter Olympien, statue qui était elle-même d’ivoire avec une draperie d’or.
A part même les descriptions poétiques que fait Homère du siège de Pénélope , et du lit fabriqué par Ulysse lui-mcme, en matières analogues, il nous serait facile sans doute de trouver dans des dissertations toutes faites les moyens de gonfler cette note sur les meubles composés d’ivoire et d’autres matières précieuses ; mais nous nous garderons , par un calcul d’amour-propre bien entendu, de déflorer ici les aperçus nécessairement neufs, piquans et profonds que nous a promis M. Charles Le Normant , qui voit, sauf examen ultérieur , dans notre figure d’ivoire du IIIe siècle , et dans nos pommeaux (têtes de lion en cristal de roche) à peu près contemporains , des débris d’un de ces grands sièges de travail grec, à l’usage des Romains ou de leurs divinités. ( Voir notre chap. v.)
2 Les présens que cette reine fit à Salomon consistèrent en cent vingt talens d’or , une quantité infinie de parfums, de pierres précieuses , etc. Le roi reçut en même temps, par le retour de la flotte d’IIiram, «des bois très rares, dont il fit faire les balustresdela maison m du Seigneur , et des harpes et des lyres pour les musiciens , » tous objets qui témoignent d’un luxe et d’une recherche qui semblent avoir peu progressé depuis vingt-huit siècles, si l’on joint à ces détails ceux déjà donnés sur les vases, lampes, candélabres , restés en usage cheznous, mais en matières bien moins précieuses; il en est de même des menus objets à service quotidien, tels surtout que les fourchettes, qu’on était fondé à considérer comme d’invention presque moderne , faute de traditions écrites ou graphiques comme celles qu’on trouve pour les objets analogues dans les peintures des manuscrits, lorsque Monteil en rencontra la mention dans un inventaire de l'ostel de Charles VI. Toutefois leur usage habituel encore dédaigné par plusieurs peuples, ne paraît pas remonter en France au-delà de la première moitié du XVIe siècle.
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» les vases où buvait le roi, toute la vaisselle de son palais étaient d’un » or très pur, qu’il n’y en avait pas qui fût d’argent, car on ne fai- » sait aucun cas de ce métal sous le règne de Salomon, » véritable âge d'or , pour le coup ! Ces grandes manifestations d’art survécurent même à la chute spirituelle de ce prince, puisqu’alors que mille femmes et concubines lui eurent corrompu le cœur, en l’entraînant hors des voies du Seigneur, en même temps qu il élevait des temples à Chamos, idole des Moabites, à Moloch, l’idole des enfans d’Ammon, « il faisait la même chose pour toutes ses femmes étrangères qui brûlaient » de l’encens et sacrifiaient à leurs dieux » (chap. xi, v. 3, 7 et 8).
Loin que ces moyens d’obtenir d’aussi grands résultats et d’alimenter ce luxe fussent, comme sembleraient l’indiquer les remarques sommairesde Winckelmann etde ses annotateurs, le fruitd’uneimpulsion accidentelle, toute personnelle à Salomon, et l’œuvre d’artistes étrangers, on trouverait selon nous la preuve de leur continuité et de leur nationalité pendant les siècles d’indépendance de la Judée, dans la rapidité d’exécution des grands travaux de même nature, auxquels donnèrent lieu à tant de reprises les spoliations, dévastation ou destruction du temple élevé avec tant de pompe par le fils de David.
Trente-trois ans s’étaient à peine écoulés depuis son érection, lorsque Sesac, roi d’Egypte, dans sa guerre contre Roboam, suscitée, disent les rabbins, par la convoitise du trône d’ivoire de Salomon, et exécutée par soixante nulle cavaliers, douze cents charriots de guerre et une multitude de peuple, prend Jérusalem et emporte avec lui les trésors de la maison du Seigneur et du palais du roi, et jusqu’aux boucliers d’or.
Deux cent trente-un ans plus tard, Achaz, roi de Juda, achète le secours du roi d’Assyrie par l’envoi de tout l’or et l’argent du temple du Seigneur et du palais, profane le temple qu’avait réparé Joas, en brise les vases, y place un autel que le grand-prêtre Urie fait exécuter par ses ordres sur le modèle de celui de Damas, et en élève d’autres dans toutes les places de Jérusalem, dans toutes les villes de Juda.
Ezéchias son fils, qui brisa les statues que le peuple avait adorées sous le règne d’ Achaz, et qui détruisit le serpent d'airain resté l’ob-
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jet de la vénération de quelques enfans d’Israël, répara bientôt les désordres exercés par son père dans le temple, en rétablit surtout le grand-prêtre, jfà refaire les vases brisés , etc., mais il se trouva bientôt à son tour réduit à en retirer toutes les richesses, même les lames d’or des portes, pour satisfaire la cupidité de Sennachérib qui l’assiégeait.
... Puis vint Manassé , fils et successeur d’Ezéchias , et qui dans la première partie d’un règne de cinquante-cinq ans, rebâtit les hauts lieux que son père avait détruits, dressa des autels à Baal, plaça l’idole d’Astarte dans la maison de Dieu, enfin rétablit l’idolâtrie malgré la voix tonnante du prophète Isaïe son beau-père , et consacra le reste de sa vie à expier ses torts , à réparer le temple , à détruire les statues qu’il avait érigées , etc.
Enfin, des soins que se donna Josias (vers l’an du monde 338o , 620 avant J.-C.) pour réparer le temple du Seigneur négligé par ses prédécesseurs, on doit conclure que les interruptions, s’il en existe, durent plutôt tenir à l’insouciance des metteurs en œuvre qu’à l’absence des moyens d’exécution -, puisque vingt-cinq ans plus tard, lorsque Nabuchodonosor vint porter l’abomination et la désolation dans tout Israël , et conduire en captivité la population de Jérusalem, cette ville comptait alors , comme le reconnaît Winckelmann luimême, mille ouvriers dans une branche toute secondaire de l’art, la marqueterie.
Avant d’étendre nos remarques aux temps postérieurs à cette grande catastrophe qui divise en deux phases si tranchées les annales du peuple de Dieu, et qui sans doute, à raison de la longue interruption de travaux fondés sur une organisation stable, dut opérer une distinction quelconque entre l’art des Hébreux et celui des Juifs , épuisons le relevé qu il nous a été possible de faire des détails de la Bible, concernant la technique hébraïque de la première époque, en mentionnant ici nos annotations par nature d’art.
Gravure en pierres fines et sculpture. — Les versets 9 et 1 1 du chap. xxvm de l’Exode portent : « Vous prendrez deux pierres )> d’onyx, où vous graverez les noms des enfans d Israël -, vous y em- » ploierez l’art du sculpteur et du lapidaire -, vous enchâsserez les )> pierres dans l’or • » et le verset 28 du chap. xxxvm de l’Ecclesiaste
l’art chrétien.
attribué à Salomon, dit textuellement: a Celui qui grave les cachets » diversifie ses figures par un long travail. »
Si l’on prenait à la lettre le verset 9 du chap. ni de Zacharie, où ce grand-prêtre, rangé parmi les prophètes, fait dire au Seigneur : « Ego cælabo sculpturam ejus, » on pourrait croire que Dieu serait revenu sur sa propre interdiction en l’enfreignant lui-même -, mais nous nous bornerons à faire remarquer ici que cette expression , mise dans la bouche du Seigneur par un interprète de la loi, semble appuyer fortement F interprétation donnée au verset 4 du chap. xx de l’Exode , en ce sens qu’il n’aurait interdit aux enfans d’ Abraham l’exercice des arts, de la sculpture et de la peinture , que dans la configuration des idoles, en restreignant de fait la portée de la défense à ces mots du verset suivant : « Vous ne les adorerez point et vous ne » leur rendrez point le souverain culte. »
Cette interprétation , admise par beaucoup de commentateurs , se corrobore à quelques égards des passages suivans également extraits des Saintes-Ecritures, tels que : « Nous ne devons pas croire que la » Divinité soit semblable à de l’or, à de l’argent ou à de la pierre , » dont l’art et l’industrie des hommes ont fait des figures ( Actes , )) chap. xvii , v. 29) • » ce verset d’Isaïe (20 du chap. xlv) : « Ceux-là » sont plongés dans l’ignorance qui élèvent en honneur une sculpture » en bois » : et encore le verset 6 du chap. xv du livre de la Sagesse, qui porte : « Ceux qui aiment le mal sont dignes de mettre leurs » espérances en de semblables dieux » : mais il faut reconnaître aussi qu’en général les livres saints se montrent peu favorables à l’exercice de l’art -, témoin la suite de cette dernière citation , qui comprend parmi ceux qui aiment le mal, « ceux qui se livrent à ces travaux et ceux qui les aiment ce qui étend l’anathème aux artistes et aux amateurs.
Le passage du même livre , Nec umbrœ picturœ labor , etc. , est encore plus explicite si c'est possible, et surtout plus injurieux pources classes, dans la dernière desquelles nous tenons à honneur d’occuper une place, puisqu’il impute leurs goûts à folie, en disant : « Le sage » se félicite de ne pas s’être laissé séduire au vain travail de la pein- » ture, à une figure taillée et embellie d'une variété de couleurs (preuve » de l’existence à cette époque reculée de la sculpture polychrome),
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» dont la vue donne la passion à un insensé, et lui fait aimer le fanw tome d’une image morte et sans vie. »
11 est heureux pour la mémoire de Salomon qu’on conteste le livre de la Sagesse à la gloire de ce prince, dont les préceptes différeraient autant des exemples que sa conduite première de celle qu’il tint publiquement plus tard, lorsqu’il eut quitté les voies du Seigneur.
Peinture. — A l’exception de cette dernière boutade contre une branche d’art si séduisante, mais envisagée seulement ici comme moyen à' embellir une figure taillée, la Bible ne nous révèle , du moins d’après nos recherches, aucun travail spécial applicable à nos annotations. Les seuls passages où l’emploi de cet art se trouve mentionné concernent la peinture de décors : Pingit Synopide , etc., ou celle appliquée à la figure humaine, comme dans le verset 3odu chap. iv de Jérémie : Et pinxeris stibio oculos tuos ( quand vous vous peindrez le visage avec du vermillon) • usage d’une grande antiquité, comme on voit, et rejeté de nos jours seulement dans les habitudes théâtrales, en attendant peut-être une nouvelle exhumation au profit de tel front qui ne rougit jamais.
Ivoire. — En considérant comme spécialité Yivoirerie ou le travail de cette matière , qui embrasse à la fois la sculpture et la confection des lits, meubles, etc. , en ivoire, et surtout la marqueterie, genre de travail où les Orientaux excellaient et excellent encore , on trouverait dans la Bible , comme plus tard chez les Grecs et chez les Romains, d’innombrables témoignages de l’emploi, en Palestine, de ces dents d’éléphant que les flottes de Salomon lui rapportaient de Tharsis. Nous citerons seulement avec le trône matériel, pour la possession duquel Sesac mit , dit-on , soixante mille cavaliers et mille deux cents charriots de guerre en campagne, la maison ornée d’ivoire qu’Achab fit faire (iii, Rois, cap. xxii, v. 3q ), les maisons à’ ivoire « a domibus eburneis, » citées dans les Psaumes (ch. xliy, v. 9), les cordons de fin lin passés dans des anneaux d'ivoire (Esther, ch. 1, v. 6), tous les vases « et omnia vasa eboris, » mentionnés dans P Apocalypse (ch. xviii, v. 12), les lits d’ivoire dont le prophète Amos, qui vivait environ huit cents ans avant l’ère vulgaire, reprochait l’usage à ceux qui vivaient à Sion dans l'abondance de toutes choses ( chap. vi , v. 1 et 4 ), etc., etc.