‹ Les arts au Moyen AgeChapitre 26 sur 49 · I. Ui r CHRETIEN · texte numérisé non relu

I. Ui r CHRETIEN

comme avec les églises que fondait, vers le même temps , l’évêque Perpétuez Tours (Grég. Tur., lib. u, cap. xiv)1, le prêtre Euphronius à Autun, saint Numatius à Clermont, sa femme hors des murs

i On doit considérer la première basilique de Saint-Martin de Tours comme contemporaine de celle de Lyon, puisque sa fondation, déterminée par l’affluence des fidèles au tombeau de saint Martin , déjà célèbre par de nombreux prodiges, remonte au cinquième successeur de ce saint , qui la construisait vers 460 , à la place d’une chapelle indignam talibus miraculis.

Ses proportions relatives que nous donne l’historien , 160 pieds de long , 60 de large et 45 pieds de hauteur jusqu'à la voûte , devaient être à peu près, sauf réduction à une échelle de plus de moitié, celles de notre basilique actuelle de Notre-Dame de Paris, longue de 390 pieds, large de 144 et haute de 104. Quanta ses dispositions également décrites, de visu, par Grégoire, les voici : « trente-deux fenêtres dans la partie qui entoure V autel, vingt dans la nef et quarante-une colonnes ; et dans tout l’édifice cinquante-deux fenêtres et cent vingts colonnes; huit portes , dont trois autour de l’autel et cinq dans la nef. » Une répartition de jours et de colonnes aussi insolite et contraire au type de la basilique constantinienne a donné lieu à de nombreuses dissertations et à diverses suppositions dont une seule nous paraît pouvoir expliquer la disproportion , en sens inverse de l’usage habituel, des fenêtres et des colonnes de Yallarium (ou chœur) etdecelles delà nef (ou capse) ; on la doit à la haute sagacité de M. Charles Le Normant, qui, dans une note annexe du tome IC1 de la belle édition de Grégoire de Tours de la société de l’histoire de France, après avoir fait remarquer que dans une basilique ordinaire le chœur ou l'abside, comparativement peu développé , n’avait pu recevoir qu’un petit nombre de colonnes , et que , dans l’époque mérovingienne , on s’est souvent écarté des plans de saint Sylvestre, pour n’y revenir rigoureusement qu’au XIe siècle , établit , en s’appuyant sur la disposition de l’église du Saint-Sépulcre , que la nef de l’église Saint-Martin était subordonnée au chœur construit sur un plan circulaire pareil à celui des premiers baptistères , ce qui pourvoyait au besoin qu’éprouvaient les nombreux pèlerins d’approcher du tombeau du saint placé au centre de Yaltarium. Un plan avec coupe, dû à l’habileté de M. Albert Le Noir, sont venus en outre, selon l’expression de M. Le Normant, donner un corps à sa conjecture ; d’où il suivrait que comme importation en France du style oriental adopté par Constantin pour sa basilique des Saints-Apôtres , etc., la croix grecque, la coupole centrale, etc., l’église de Saint-Martin de Tours formerait un specimen bien antérieur aux églises de Saint-Germain-des-Prés et de Saint-Cesaire d’Arles.

Grégoire de Tours, qui rebâtit cette église qu’il avait vue dans son état primitif : « quœ » usque hodie permanet », mais qui fut brûlée avant son épiscopat de 574, cite, à son sujet, une circonstance qui dépose en faveur de notre question d’art, même pour une époque antérieure à la construction dont il s’agit: « comme la voûte delà première chapelle,

» dit-il, était d’un travail élégant, ueleganti opéré fuerat fabricata» , l’évêque jugea que » cet ouvrage ne devait point périr , et il construisit en l’honneur des bienheureux apôtres » Pierre et Paul une autre basilique, dans laquelle il fixa cette voûte.» Voit-on, même de nos jours , beaucoup d’exemples de ces soins conservateurs?

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