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moine Théophile1 , qu’il est difficile, malgré l’opinion de plusieurs savans, de rattacher à ce même siècle , d'après leurs traités sur la peinture à l'huile et sur verre , sur l’art italien ào fabriquer les vases, de dorer, de sculpter l’ivoire, l’ambre et les pierres précieuses, et surtout sur la suprématie qu’exerçait dès lors la France dans la fabrication de ses précieux vitraux , dont on ne connaît aucun fragment notable qu’on puisse raisonnablement faire remonter au-delà du XIe siècle.
Payons aussi , mais en toute hâte, notre tribut personnel de recherches sur cette question neuve encore, en consultant d’abord les Annales Bénédictines, où Mabillon a résumé et classé chronologiquement tant de documens épars -, et nous arriverons également à démontrer par ce contrôle que , bien que l’art en général devenu inutile aux intérêts de la politique et privé de l'appui de nos princes, ait, comme les lettres, subi pendant ce siècle une éclipse réelle, ses lueurs, plus vacillantes sans doute, furent bien loin de s’éteindre -, le sentiment religieux qui dominait , même l’ambition et la cupidité des grands , lui ayant offert un refuge dans l’obscurité des cloîtres , où d’illustres et savans prélats, se substituant aux princes, préservèrent du moins l'art chrétien d’une ruine complète, en exerçant sa pratique par leurs largesses , au milieu même des plus tristes conflagrations.
Pour nous surtout, qui prenons à tâche de signaler la participation active aux splendeurs du moyen âge de l’ordre célèbre dont notre résidence porte encore le nom , il devient remarquable que ce soit à la fondation de cet ordre , qui date en effet des premières années de ce Xe siècle, que Mabillon attribue principalement les clartés qui percèrent à travers ses ténèbres : « verum hrevi adfu.it Dci miserantis » providentia, » dit-il, après avoir déploré la vie misérable que traî-
i II en est de même de la question bien décisive, si elle était résolue, des époques précises auxquelles remontent les ouvrages didactiques d ' Eraclius ( De coloribus et de artibus Romanorum) et de Théophile ( De omni scientiâ picturœ artis ) . La discussion en sera bien mieux placée à nos chapitres vi, vu , ix, etc. , à raison surtout des déductions qu’on en pourra tirer quant a la prospérité dans ces siècles réputés barbares , de certaines branches ou procédés d’art, découverts ou du moins en usage plus tard, dit-on : tels que la peinture à l’huile, \&peinlure sur verre, les émaux, les nielles, la sculpture sur bois, etc., décrits avec détails dans ces curieux traités.
i/art chrétien.