‹ Les arts au Moyen AgeChapitre 46 sur 49 · SS · texte numérisé non relu

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naient les moines après ces guerres funestes et ces tempêtes , « quæ » congre gationem Cluniacensem ineunte hoc seculo excitavit ? ex qua » monasticœ disciplinée, ne dicam etiani ecclesiasticæ, spleridor inple- » risque locis sensim restitutus est.» L’annaliste fait honneur surtout de ce retour à l’ordre , au soin que prirent les conciles de remplacer par des prélats réguliers les abbés laïques qui résidaient dans les monastères avec leurs femmes, leurs fils, leurs filles , leurs soldats et leurs chiens j car de même, ajoute-t-il , que l'or ne saurait, sans le concours d’un orfèvre, revêtir son ancien éclat, les ordres monastiques ne pouvaient refleurir sans abbés réguliers ( Annal . Bened. , t. III, p. 289, 290).

Voici d’ailleurs quelques uns des témoignages de l’exercice de l’art pendant ce siècle, dont Mabillon a tenu registre, et que nous extrayons presqu’au hasard de cette mine de matériaux historiques de tous genres.

En 901 . — Le noble Ademar et sa femme Lampagia donnent à Saint-Bénigne de Dijon, « capellam suam mohilem et specialem, cum » reliquiis sanctorum , crucibusque tam aureis quam argenteis, et » capsis, variisque ornamentis » (p. 292).

902. — Reconstruction par le comte Guillaume, dit le Bon, du monastère de Sainte-Groix-de-Bordeaux , entièrement dévasté par les Normands (p. 294) ', construction par Rampert de l’abbaye de Saint-Trudpert en Allemagne , et de sa basilique , avec dons divers, « cum ædificiis et ornamentis ad divinum cultum pertinentibus » (p. 295).

904. — Restauration du vieux monastère de Saint-Michel , près Verdun -, de celui de la Baume , fondé par saint Colomban, etc.

907. — Réintégration dans son ancienne splendeur de l’abbaye de Rebais en Brie, nommée Jérusalem, « quœ Nortmanicapenitusinfes- » tatione destructa etprope ad nihilum redacta erat » (p. 3o5).

908. — Dons faits au tombeau ou autel de Saint-Gall, par Adalber (pontifex Vindelicœ , pays situé entre le lac de Constance et le Danube) , <c crucem auream , gemmis ornatam, et calicem onychium » (sans doute plutôt d’agate onyx que d’albâtre) , auro et gemmis » eleganter instructum , cum patena aurea itidem gemmis ditata » imposuit cum palliolo quoque et casula , aliisque sacerdotalibus D indumentis, ad hæc campanam insignem eidemloco dédit -, » puis,

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passant de cet autel au lieu consacré dans le même monastère à saint Othmar, ce pontife Rhétien, non moins prodigue de largesses que les Adrien Ier, lesLéon, etc., « pretiosum ad ejus aram palliolum obtulit, » et multiplia ses dons de diverses natures pour les moines, « purpuras

w tyriacas . palliola viridia , cura albis seu linteis pretiosis .

» pellicium cum pelle curtamisia. . . sagum laneum album. . . refec- » toris circum quoque tapetibus instructo, convivium fratribus exhi- » buit , quibus calices argenteos prægrandes concessit, quin etiam )> in pyrali pectines eburneos appendi jussit » (p. 3o6).

909. — Fondation de l’ordre de Cluny. A l’époque même oùRollon portait ses ravages jusque dans la Bourgogne, tout en s'inclinant dévotement , dit-on, devant ce qui rappelait saint Benoît (p. 309), apparaît tout à coup dans cette contrée comme exécuteur du testament de Guillaume-le-Pieux , duc d’Aquitaine , fait cette année même en faveur des apôtres Pierre et Paul, Odon , noble franc, « ex » militari F rancorum prosapia , » nouvel Esdras pour l'ornement des monastères et le triomphe de la loi monastique. Aussi Mabillon s’écrie-t-il, dans toute sa ferveur bénédictine : « Albo nobis notandus » lapillo est annus qui ei vitæ principium dédit. » La vie de ce premier abbé du monastère que Bernon administrait depuis 890, de ce véritable fondateur de l’ordre, par l’idée qu’il conçut de soumettre à sa discipline d’autres monastères dont l’agrégation prit plus lard une si vaste extension (y .Abbaye de Cluny, psx M. Lorrain, p. 26, 27 et 3i ) , prouverait seule d’ailleurs qu alors la barbarie n’avait pas encore envahi la France à la suite de ses terribles hôtes -, car Odon , qui avait étudié à Tours d’abord la grammaire, puis à Paris aux leçons de Remi d’Auxerre , la dialectique et la musique , art sur lequel il écrivit , <c huic adhcerens Odo liberales artes ac dialecticam » ab eo didicit, » fut très bien secondé dans sa grande entreprise -, il fit construire l’année suivante (910) l’église de Saint-Pierre (dite depuis Saint-Pierre-/c-/'7eM.r) , dont l’apside resta vouée à la Vierge Marie, patrone du premier oratoire. Il multiplia aussi, dès lors, les constructions du monastère proprement dit : « monachorum ojfcinas,'» et put , comme Charlemagne , par de fréquens voyages à Rome ( il en fit quatre) , s’inspirer du goût des arts , de l'art chrétien surtout, que n’excluait pas la sévérité de sa règle.

912. — (Epoque pour la France de cette désolation qui, portée au

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comble , produisit le traité de Saint-Clair). Manifestation , dans le monastère même de Saint-Gall , de la poursuite des plus riches traditions de fart , en sculpture, assez remarquable pour qu'on puisse l’imputer à la Vierge même 1 ; en calligraphie , et sans doute aussi en peinture de manuscrits -, incomparable 2 en travail d’ivoire appliqué aux feuilles , ou dyptiques destinés à couvrir ces manuscrits mêmes , comme aux tablettes enduites de cire affectées à l’écriture courante 3 , etc. Ainsi se produisaient encore, au milieu des plus grands désastres, lesfruits tardifs del’ancienne culture, devenue moins active chez nous dès ce moment même , nos discordes intestines ayant plus nui à la marche des arts que les assauts des dévastateurs , d’où surgirent au contraire de nombreux travaux de restitution , dans lesquels on pourvut plutôt, il est vrai, aux besoins matériels qu’aux recherches du luxe, lorsque : « Rollone et JNortmannis plerisque ad » Christianam fidem conversis, monachi hue illucque dissipati , ad » proprias reversi sunt sedes, et cœnobia tum vastata, tum con- » sumta incendio, instaurare cœperunt )> (p. 3 1 y). L’économie qui présidait à ces reconstructions, où l’on tirait parti des murs restés debout, des autels bouleversés , comme à Centule , se prouve par cette seule remarque : les toits ne se couvrirent plus de plomb , comme aux époques antérieures, mais seulement de tuiles, de bois : « ligneis » tegulis. »

91 3 et suivantes. — Reconstruction de nombreux monastères pour abriter ces troupeaux dispersés et ralliés après la tempête , travaux

• « Peritissimus ut illâ ætate cœlator, cui sanctæ Mariæ imaginem apud Mettas cœlanti » beatissima Virgo manum direxisse traditur , cùm autem in bractea ipsa aurea circuli » planitiem vacuam reliquisset, in ea quidam hune versiculum cœlavit :

« Hoc panthema pia cælaverat ipsa Maria (p. 3i5). »

2 « Eodem tempore vivebat apud sanctum Gallum egregius scriptor, nomine Sintram- » mus, qui inter alia, evangelium uncialibus litteris ea elegantia scripsit, ut ejus scripturæ » Ekkchardi tempore nulla alia comparabilis videretur. » Telle est, à notre avis, l’espèce d’écriture, fort recherchée dans ces siècles reculés, dont parle Eginhard, comme d’un écueil où échouèrent les tentatives de Charlemagne.

3 « Illud vero evangelium (écrit par Sintramme) inclusit Salomon (l’abbé de Saint- » Gall) in unam c duabus illis tabulis eburneis ; erant illæ tabulée ceratœ ad scribendum » quæ quondam usui fuerant Carolo Magno, qui eas in lecto sub pulvinari , ut se noclu » vigilans ad scribendum exercitaret, habere consueverat » (p. 316). Partant de notre donnée, l’analogie se trouverait par conséquent complète, à la réussite près.

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dans lesquelles moines interviennent encore directement, sans qtf il existe aucune trace d’associations lombardes : « facultatis suce labo- » ratione et manuum operatione restauravit , » est-il dit du moine Uncciin , qui reconstruisit le vieux monastère de Saint-Michel ( ad Mosam), près de Verdun (p. 319).

q 1 4* — (P- 223). Ordination à’ O don qui reçut dans un songe le pressentiment de sa haute mission cluniençoise , et par contre, premiers symptômes de déclin du célèbre monastère de Saint-Gall parvenu à l’apogée de sa gloire, mais où des troubles intérieurs, une intervention armée des troupes de Conrad, viennent amortir un zèle qui avait triomphé des calamités de l’invasion. Ici encore la fermeté des moines obtint du moins l’élargissement de leur abbé Salomon, et la démolition de la forteresse élevée pour dompter leur orgueil, et vint offrir un premier exemple de ces luttes entre le pouvoir monastique et l’autorité royale ou féodale, si fréquentes plus tard et qu’irrita souvent encore l’intervention populaire et le besoin d’émancipation, comme il advint sous Louis VII, pour le monastère de Vezelay, dont le privilège date des époques dont nous traitons ici (g33).

916. — Fondation, par Guillaume-le-Pieux , bienfaiteur de Cluny , du monastère de Saucillay , en Auvergne ( Celsimense ) , au milieu des nouveaux troubles nés de la révolte des seigneurs (p. 3a8).

9 1 n . — Constatation , de quelque importance pour nous , de la présence dès cette époque dans la basilique de Saint-Remi deR.eims, d’un grand candélabre où nous serions disposé à retrouver Y arbre de saint Bernard, déjà cité par nous, et dont le tronc gît encore en éclats à la bibliothèque publique de la ville de Reims ( voir pl. xm de la 9e série de Y Album.') : « Pro omnipotente Dei amore , sancti- -» que Remigii Francorum apostoli veneratione dederit. ... in mo- « naslerio sancti Remigii ubi Frederunna regina (première femme h de Charles-le-Chauve) sepulta est et quidem subtus majus c.andc- » labrum , ut domesticæ mémorisé docent » (p. 33 1).

Construction du monastère de Dcols , en Berry : « Quod Ebbo » cornes unà cura uxore sua Hildegarde, construxit. )> C’est dans ce qui subsiste encore de cette fondation que se voit toujours le sarcophage de marbre et de travail grec qui, selon M. Pierquin de Gembloux (voir ci-dessus, p. 201), prouverait quels soins les succès»

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seurs de Phidias apportaient à l’observation du costume, même en reproduisant les habitudes des populations dont ils ignoraient à coup sûr jusqu’à l’existence.

Autre construction , par le même comte , du monastère voisin , de Saint-Gildase, détruit par les Normands, et restitution de ceux de Figeac et de Conques , ce qui semblerait reporter au Xe siècle du moins une partie des objets précieux qu’on montre encore aujourd’hui dans le trésor de cette dernière église, comme remontant à Charlemagne. Le texte (p. 33a) cite : « Hugo monachus et hortula- » nus labore corpus suum clomare solitus » , ce qui implique encore un travail monastique.

918. — Justification des citations faites plus haut quant aux beaux travaux de l’évêque d’Auxerre Gualdric « litterarum scientia » eruditus : præclara sunt quæ ad domus Dei decorem vel fecit vel » per fecit » (p. 335).

ga3 et 924. — Fondation du monastère de Gembloux ( Gemblacense), dans la Gaule-Belgique, et restitution de ceuxdeSaint-Symphorien, de Saint-Vincent (p. 353).

Progrès du relâchement introduit dans le monastère de Saint - Gall par les troubles cités sous l’année 91 4- Ici la faute en tombe sur l’abbé Hartman .... « is quâ pollebat industriel neglectos » -, mais le temps manqua aux efforts de son successeur Engilbert , car, dès l’année suivante (925), une invasion des Huns vint rompre les liens distendus : <c quæhujus lociferè supremam imposuitmanum» (p. 354). Les objets les plus précieux trouvèrent un refuge dans la citadelle , et les livres dans une abbaye voisine qui en fit son profit. Après cette terrible épreuve et malgré les ravages de l’incendie, le grand atelier monastique fut bientôt reconstitué par les soins de l’abbé Dietard -, mais son éclat , si longtemps vivace , pâlit de plus en plus devant l’astre naissant, le chef d’ordre de la règle bénédictine de Cluny.

927. — C’est de cette année que datent réellement les splendeurs de ce dernier ordre. A peine Odon succède-t-il à Bernon , qu’aux largesses de Guillaume-le-Pieux vient se joindre l’entière donation des biens de Gerbald, légués , comme ceux de Guillaume, à Saint-Pierre et à Saint-Paul : « res suas in Gluniacense monasterio » perpetuo permansuras » (p. 36o). Ces riches subsides, très multipliés dès lors , préparèrent les hautes destinées de cette fondation ,

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d’abord si humble , et devenue bientôt et pendant tant de siècles le refuge des papes : « Odon cœptum pridem monasterium perfecit :

» qua in re sancti Martini opem ac familiare subsidium expertus » est, tribus millibus solidorum ex Gothia, sive Septimania per ejus » invocationem acceptis. Absolutâ monasterii basilicâ , invitati ad » ejus dedicationem episcopi cum ingenti satellitum ac ministro- » rum comitatu Cluniacum accesserunt, etc. » (p. 36'i).

93 1 . <— Preuve de la disposition générale à cicatriser les plaies faites par l’invasion aux fondations monastiques, dans ce qu’on lit sur la restauration du monastère Tutelensis : « is , cum nova in » Galliis monachorum piissimorum cœnobia surgere et vetera in » pristinum statum reparari » (p. 3y5). On y trouve aussi un nouveau témoignage à l’appui de notre remarque sur le choix habituel, et sans doute mystique, des lieux élevés pour la consécration des églises à l’archange Michel, dans la désignation de celle de Caïete « ecclesia sancti Michaëlis sita in monte » (p. 378).

q32. — Témoignage de la culture, même sous des conditions ardues de la poésie et de la musique, dans ce qu’on lit d’Hucbald, moine d’Elnone, qui dédia à Charles-le-Chauve un poème de trois cents vers à la louange des inchevelus , dont chaque mot commençait par la lettre C , et qui composa sur la musique un ouvrage, au moyen duquel celui-là même qui ignorait l’art du chant pouvait l’enseigner à d’autres

q33. — Plusieurs constatations d’œuvres d’art ou de fondations, notamment par Blidulfe, primecier de Metz, qui éleva Bellum montem 5 « ibidemque ecclesiam exstruxerit cum novem altaribus, cancellis )> et criptis, adjunctis circa illam claustro et officinis...)) -, par Eberhard, abbé de Saint-Gall, qui « et novam ædem eamque multoam- » pliorem et augustiorem Deiparæ Virginis, sanctique Mauricii ac » sociorum exstruere cœpit» (p. 388).

1 « Nolum est ejus carmcn trecentorum versuum ad Carolum Calvum de laude CaU » vorum, eu jus ornnia et singula verba a littera C incipiebant ; ingratus et inutilis » labor in re tam ludicra », s’écrie avec raison le savant bénédictin qui, parlant des enseignemens musicaux du même moine ainsi qualifiés par Sigebert : « Cantus dulci et regu- » lari melodia composuit », dit : « Utilior fuisse videtur abus ejus liber de arte musica , » sic contemperans ebordas mouochordi litteris alphabeti, et quivis per eos absque alte- » rius magisterio cantum sibi ignotum discere potuisset » (p. 380).

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On y voit aussi le comte Arnulfe, abbé de Sithin, vouer à l’ autel le calice d’or dont il faisait habituellement usage, et convertir ses bracelets en patène

934. — Restauration des monastères de Saint-Cyprien (Poitiers) et de Saint- Augustin (Limoges).

g3 6. — Nouveaux édifices dans l’abbaye de Gorziense (diocèse de Metz), dans le monastère de Sens, réduit au plus déplorable état ; et construction de divers autres dans le territoire de Narbonne, sur l’Ailier, etc. (p. 397 à 4°3). Nous y signalerons en outre la trace d'unarï échappé à nos prévisions et non compris dans les spécialités de notre budget, et qui apparaît (p. 4oo) par cette mention : « congregatio ancillarum Dei quæ opéré plumario ornamenta ecclesiæ laborabant. »

937. — Sollicitude d’Odon, abbé de Cluny, pour la réparation des désastres occasionnés par l’invasion dans le monastère de Saint- Julien-de-Tours et autres (p. 4°5)i principes de cet abbé sur l’importance du silence dans les habitudes monastiques : « sine quo videlicet ducenda est pro nihilo vita monachi (p. 4°6) sur la présence des femmes dans les monastères (p. 4°9)2'? incendie du monastère de Saint-Gall, dont les chances de prospérité suivent toujours la marche inverse de celles de Cluny.

939. — Restitution du monastèrede Saint-Bavon(p. 4 1 5) -, Jumiéges, brûlé par Hasting, renaît de ses cendres après quatre-vingts ans (p. 4ï6), par les soins de Guillaume-Longue-Epée et avec l’aide d’Odon (voir le texte de la pl. Ire de la 3e série de Y Album) \ grands concours d’efforts analogues pour les monastères suivans : S. Illidii apud Arvernos, Augeriacense S. Michaelis ad Cremum, S. Maxentii, et fondation de deux monastères par un comte de Bourges (p. 4I7"

(>4,- — Blandinien.se apud Gandavam instauratur. Mort d’Odon

peu de temps après son retour du quatrième voyage qu’il fit à Rome,

« « Dédit calicem aureum quo ad potandum uti solebat et baltheum ad calicem conse-

crando dorninico sanguiui faciendum , ad hæc sancli Audornari basilicæ armillas suas » reliquitad patenam coniiciendam » (p. 388).

2 « Cùm etiam nulli unquam feminæ intra monasterii ambitum , nisi orationis causâ ,

» permissus fuisset accessus. » ( V . tout le paragraphe de la page 409 commençant par ces mots : Leonis pontificis , etc. )

immense foyer, vers ces époques surtout, de la ferveur monastique, car l’écrivain que nous analysons compte dans cette ville, en 994, soixante monastères, dont quarante de moines et soixante chapitres de chanoines (t. IV, p. 83).

942. — Relativement à une charte de cette année pour la basilique Ambroisienne de Milan, on lit cette indication, bonne à recueillir comme note, sur la reliure, en cuir de poisson, de certains manuscrits de ce temps : « Litteris aureis et quidem in corio piscis exa^a- » tum » (p. 433).

943. — Restitutions des abbayes de Mici (fondée par Clovis), de Saint-Savin, et dédicace de la basilique de Saint- Julien-de-Tours (p. 434 à 436).

944* — Fondation de plusieurs monastères, V alciodorensis , sur la Meuse, etc., etc. (p. 438).

945. — Nombreuses fondations et restaurations, Liziniac en Auvergne, Baixinone, Saint-Savin en Gascogne, Sainte- Glodesinde, etc.-, pacte d’association entre Saint-Gall et Augie renouvelé après cent quarante-quatre ans ^ nouveaux alimens pour la prospérité de Cluny. L’archevêque Gerald se fait moine de ce couvent et lui abandonne tous ses biens « onines res suas » (p. 442 à 44^) ; trois ans plus tard, le noble Acjuinus et sa femme Doda se signalent par les mêmes largesses <( perrenunciationem seculi et habitus commutationein » (p. 456).

946. — Continuation pour ce siècle des témoignages donnés pour ceux qui le précèdent, quant à l’exécution par les moines sous la direction de leurs abbés et à l’exclusion des architectes lombards ou autres, des grands travaux de constructions monastiques. Parlant d’Anstée, abbé de Saint* Arnulfe de Metz, les Annales disent : « Nam, )) ut architecturce peritissimus erat, habitacula inonastico congrua or- » dini pulcherrimo schemate construxit » (p. 44^)*

948. — Preuve de l’influence des passions politiques sur le goût des arts, et de la barbarie dont le clergé lui-même, soit tiédeur ou cupidité, donnait dès lors le funeste exemple. A l’époque même où se débattaient, dans le synode dlngelheiin, les intérêts opposés de Louis d’Outre-Mer et de Hugues-le-Grand, Farabert, évêque de Langres et abbé du monastère de Prüm , cité plus haut pour son riche trésor, le dilapidait sans motif apparent du moins : « Tune corona ilia rega- » lis aurea hactenus deplorata, miri operis et non minirni pretii, con-

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