‹ Les arts au Moyen AgeChapitre 8 sur 49 · JO · texte numérisé non relu

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P ART CHRÉTIEN

tance , également couverts de sculptures sans symboles chrétiens et placé de même aujourd’hui dans le vestibule du musée du Vatican, le mausolée de Byzance, les quatre colonnes en même matière de l’autel de l'église de Sainte-Agnès, etc., sembleraient, en raison du temps nécessaire pour mettre à fin de semblables œuvres , contredire la remarque des historiens sur l’impatiente ardeur de Constantin -, et que si tout examen fait, la gloire doit lui en rester, selon l’opinion de Bosio et de d’Agincourt lui-même , l’art, si l’on tient compte surtout de la difficulté dé opérer , avait déjà marché depuis les sculptures de l’arc. Les cavaliers et les esclaves enchaînés qu’on voit sur le beau sarcophage de sainte Hélène , et les scènes de vendange de l’urne dite de sainte Constance, pourraient, s’il ne s’agissait pas , comme nous chercherons à l’établir , de monumens antérieurs et à tout autre usage, incriminer un peu la piété de Constantin, mais du moins ils n’offrent pas un anachronisme historique aussi choquant que les victoires sur les Parthes dans le monument triomphal d’un prince qui ne les combattit jamais.

Ce fut surtout lorsqu’il résolut de transporter son séjour habituel et le siège de sa puissance sur un nouveau théâtre , qui lui permît de dominer à la fois ces contrées orientales et les anciennes dépendances de son empire, que Constantin manifesta ce que peut, même dans un siècle de décadence et de délaissement des beaux-arts, la ferme volonté et l’activité d’un grand prince; exemple qui, sans doute, ne fut pas sans influence sur la prospérité trop temporaire de nos arts d’Occident sous Charlemagne.

Selon Zosime, qui attribue (1. h , p. 686) l’éloignement de Constantin aux dispositions hostiles des habitans de Rome , c’aurait été pendant son dernier séjour ( en 3 26) qu’il aurait conçu le dessein de substituer à cette capitale , où sa gloire lui semblait sans doute pâlir devant la splendeur antique dont elle n’était que le reflet , une autre ville qui fût son ouvrage et pût transmettre à l’avenir la tradition de sa grandeur et de ses œuvres personnelles sans mélange ; mais puisque le père Petau et Du Cange lui-même (de C., 1. I, p. 26) s’accordent enfin sur ce point, qu’après divers essais de construction en Asie mineure, la fondation de Byzance ne commença qu’en 328, époque que Tillemont (t. IV, p. 653 ,) reporte même en novembre 829 ? une sorte de pouvoir magique aurait présidé à l’érection

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de cette nouvelle capitale, dont la dédicace, faite au mois de mai 33o, n’aurait été , selon Codin , postérieure que de neuf mois aux premiers travaux de construction. La dédicace , il est vrai , ne constate pas plus Inexistence complète d’une ville, qu’un prologue ne constitue l’œuvre qui doit le suivre • mais en admettant même l’espace de moins de dix années pendant lequel Julien dit (Or. I, p. 14, n. p. 246) que son oncle parvint à rendre sa ville la première après Rome % ne devrait-on pas s’étonner encore d’une fondation aussi rapide, lorsque surtout les historiens nous montrent ce nouveau siège de l’empire de Constantin possédant à la mort de ce prince , en 33 7 , un capitole , une école pour les sciences, deux forum dont un avec portiques et arcs de triomphe , un cirque , deux théâtres , huit thermes publics et cent cinquante-trois bains particuliers, cinq greniers publics, huit aqueducs ou réservoirs, quatre grandes salles ou cours de justice pour les assemblées du sénat , quatorze églises , quatorze palais et quatre mille trois cent quatre-vingt-huit maisons que leur grandeur et leur magnificence distinguaient de celles du peuple 2 ?

Nul doute que cette rapidité d’exécution ne doive être attribuée en grande partie au même effet moral que nous avons signalé en parlant de l’élévation féérie du temple de Zorababel, toutes distances gar-

* Les accroissemens et embellissemens se poursuivirent longtemps. Sozomène dit (I. n, c. ni, p. 445) que cent ans après sa fondation, elle surpassait Rome par son importance, par ses richesses et par sa population. ( Voir aussi, pour ses augmentations successives, Zosime, p. 689). Les dépenses qu’y fit Constantin sont évaluées à 60,000 liv. pesant d’or.

^ Ces immenses résultats, si rapidement obtenus , sont constatés par les témoignages de tous les écrivains , même de ceux presque contemporains, comme Julien , Zosime, Socrate et son continuateur Sozomène. ( Voir aussi la Chronique d’Alexandrie , Codin, et les beaux ouvrages de Du Gange , notamment sur Constantinople. )

Le luxe de construction , même de certaines habitations privées, peut se déduire aussi des deux circonstances suivantes :

Placidie, fille du grand Théodose , choisit pour son palais la maison qu’avait fait élever Ablave, ce favori de Constantin que Baronius(an. 337, § 60) nomme la Boule, autant sans doute à raison de ses missions diverses que pour les vicissitudes de sa fortune; et l’entière conformité des principales habitations avec celles de Rome, résulterait de ce qu’on raconte que, pour familiariser certains patriciens avec sa nouvelle résidence, Constantin les aurait d'abord envoyés à dessein guerroyer quelque peu avec les Perses, et que mettant à profit leur absence pour faire reproduire, à s’y méprendre , sur les rives du Bosphore leurs habitations des bords du Tibre, il y aurait en outre installé leurs familles, faisant en sorte qu'en venant au retour seulement pour déposer leurs lauriers aux pieds de l’empereur , ils se trouvassent nécessairement fixés près de lui par le prestige de cette galante surprise.

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