‹ Les arts au moyen âge et à l'époque de la renaissanceChapitre 13 sur 18 · FAC-SIMILE DES*' MAN U SCR ITS · texte numérisé non relu

FAC-SIMILE DES*' MAN U SCR ITS

Fig. 290. — Écriture du sixième siècle , avec majuscules, d'après un manuscrit, sur papjrus, des Sermons de saint Auguztin.

Bibliothèque nationale de Paris.

Lecture. — Spes nostra e\st\ non de isto tempore, neque de mundo est , neque in ea felicita[te...

Traduction. — Notre espérance n’a pas ce temps, ni ce monde, ni cette félicité pour objet.

Fig. 291. — Titfe et majuscules du septième siècle, d’après VEvangéliaire de Notre-Dame de Paris. Bibl. nation, de Paris.

Lecture. — Incipit præfatio.

Traduction. — Commencement de la préface.

Fig. 292. — Écriture de la fin du reptième siècle, d’après un diplôme de Childebert III, pour la donation d une villa à l’abbaye de Saint-Denis. (Ce fac-similé ne donne que moitié de la longueur des lignes.)

Lecture. — Childeberthus rex

Se oportune bénéficia ad loca sanctorum quud pro juvamen servorum... Et hoc nobis ad eterna retributione pertenire condemus. Ideoque...

Fig. 293. —Écriture du huitième siècle, d’après un Capitulaire de Charlemagne, adressé au pape Adrien I01', en 784.

Bibliothèque nationale de Paris.

Lecture. — Primo Capitulo. Salutant vos dominas noster , filius rester , Carolus rex [et f ilia vestra domna nostra Fastrada, flii et\ filie domini nostri simili, et omnis domus sua.

II. Salutant vos cuncti sacerdotes, episcopi et abbates , atque omnis congregatio illorum [in Dei servicio constituta etiam, et universus ] populus Francorum.

Traduction. — I. Vous saluent notre seigneur, votre fils , le roi Charles [et votre fille notre dame Fastrade, ainsi que les fils et] tilles de notre seigneur et toute sa famille.

IL Vous saluent tous les prêtres , évêques et abbés, ainsi que tout le corps ecclésiastique [établi dans le service de Dieu, et tout] le peuple des Francs.

Fig. 294. — Écriture tironienne du huitième siècle, d’après un Psautier latin. Bibl. nat. de Paris.

Lecture. — Exsurge, Domine, in ira tua et exaltare in finibus inimicorum meorum, et exsurge, Domine Deus meus, inprecepto quod mandasti ; et sinagoga populorum circomdabit te, et pr opter liane in altum regredere.

Traduction. — Lève-toi, Seigneur, dans ta colère, et dresse-toi sur les frontières de mes ennemis, et lève-toi, Seigneur mon Dieu, selon le précepte que tu as établi ; et la réunion des peuples t’environnera, et à cause d’elle, remonte au tribunal de ta justice.

Fig. 295. — Ecriture du dixième siècle, d'après un manuscrit des Commentaires de saint Jerome.

Bibliothèque nationale de Paris.

scribitur, aiunt non semper apostolum nec omnia Christo in se loquente dixisse. Quia neque...

Traduction. — Ceux qui ne veulent pas accepter parmi les épîtres de saint Paul celle qu'il a écrite à Philémon , prétendent que l’apôtre n’a pas toujours parlé et n’a point parlé en tout par l’inspiration du Christ.

Lecture. — Qui nolunt inter epistolas Pauli eam recipere quee ad Filemonem

Fig. 29'j. — Écriture diplomatique du dixième siècle, d’après une charte d’Hugues Capet. Archives nationales. (Ce fac-similé ne donne que moitié de la longueur des lignes.)

Lecture restituant le texte complet. — In nomine sanctæ et individuœ Trinitatis , Hugo gratia Dei Francorum rex. \Mos et consuetudo regum prœdecessorum nostrorum semper exstitit ut ccclesias Dei sublimarent et justis petitioni\bus servorum Dei clementer faverent , et oppression[em eorum benigne sublevarent , ut Deum propitium } haberent, cujus amore id fecissent. Hujiis rei grati\a , auditis clamoribus venerabilis Abbonis abbatis ] monasterii S. Maria?, S. Pétri et S. Benedicti Flori[acensis et monachorum sub eo degentium , nostram ] presentiam adeuntium, pro malis consuetudi[nibus et assiduis rapinis...

Traduction. — Au nom de la sainte et indivisible Trinité, Hugues, par la grâce de Dieu, roi des Francs.

L’usage et l’habitude des rois nos prédécesseurs a toujours été d’honorer les églises de Dieu, de se montrer clémentement favorables aux justes demandes des serviteurs de Dieu, et de les soulager bénignement de l’oppression , et ils faisaient cela par amour de Dieu , et pour qu’il leur fût propice. En conséquence , ayant entendu les réclamations du vénérable Abbon , abbé du monastère de Notre-Dame, Saint-Pierre et Saint-Benoît, de Fleury-sur-Loire , et celles des moines qui vivent sous sa direction et qui sont venus en notre présence, à cause des abus et des rapines continuelles...

Fig. 297. — Écriture cursive du quinzième siècle, d'après une lettre originale, tirée d’un Recueil des lettres de rois.

Bibliothèque nationale de Paris.

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Lecture. — Messeigneurs et freres , ,vz fres humblement que faire pui ■{ a vo% bonnes grâces me recommande. Messeigneurs , rccez* vo^ lettres par le présent porteur : ensemble la

requeste et arrest de la court par icelle ensuivy. J'ay le tout communiqué a messeigneurs les generaulx de Langue doil et Normandie , et nous avons sonnant esté ensemble. Ils trouuent bien estr ange, aussi font d’aultres, qui Relent le bien et honneur de la chambre ans quel p pareillement...

Traduction. — Messeigneurs et frères, je me recommande à vos bonnes grâces aussi humblement que je le puis faire. Messeigneurs, j’ai reçu vos lettres par le présent porteur, avec la requête et l’arrêt de la Cour qui en est la suite. J'ai communiqué le tout à messeigneurs les généraux (des finances) de la Langue d’oil et de la Normandie, et nous en avons souvent conféré ensemble. Ils trouvent bien étrange, comme le trouvent également d’autres qui ont à cœur le bien et l’honneur de la Chambre, auxquels pareillement...

Fig. 298. — Écriture du quatorzième siècle, d’après un manuscrit de Y Histoire romaine , paraphrasée sur le texte de Valère Maxime. Bibliothèque nationale de Paris.

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Uxxxc. p®cnirqp tmoirquc ou temps que ^ w Ifô guis a notent pnfc amne. cp l , aflîs Te capitule jSv emc il cltMt / tenant* \iy mûrit îcîvus te rapt Jf totcTm icmicbome if mûrit mon in irathis "fabfufi axaicétoit Î'elutiîr

Lecture. Eadem, etc. — Glose. Ceste histoire touche Titus Liuius ou quint Hure. Pourquoy il est assauoir que ou temps que les Gais auoient prise Homme et assis le Capitole, si comme il est dit deuant, il y auoit dedens le Capitole un jeune homme qui auoit nom Cayus Fabius , qui estoit de la lignie des Fabiens. Et pour auoir la congnoissance de ceste lignie et assauoir aussi que il y ot asses près de Romme jadis une cite qui estoit appelée Gabinia : laquele cite apres moult de inconueniens se rendi a Romme par tel conuenant que il seroient citoyens de Romme.

Traduction. Eadem , etc. — Glose. Tite-Live dans son cinquième livre touche cette histoire. Il est à savoir que dans le temps où les Gaulois avaient pris Rome et assiégé le Capitole comme il est dit plus haut, il y avait dans le Capitole un eune homme qui se nommait Caius Fabius et qui était delà famille Fabienne. Et pour connaître cette famille, il faut savoir aussi qu’il y eut jadis assez près de Rome une ville qu’on appelait Gabinies ; laquelle ville, après beaucoup de vicissitudes, se soumit à Rome, à la condition que tous ses habitants seraient citoyens romains.

P n ruant' que il ferment armes 4 ir rame.

Fig. 299. — Fac-similé de YEx libns d'un manuscrit exe'cuté par Jean Flamel, écrivain et bibliothécaire du duc de Berry, à la fin du quatorzième siècle. Bibliothèque nationale de Paris.

Lecture. — Geste Bible est à monseigneur le duc de Berry.

Flamel.

Nota. •— Le duc de Berry, Jean, frère du roi Charles V et oncle du roi Charles VI, était un grand amateur de beaux livres : il dépensait des sommes énormes pour faire copier et enluminer des manuscrits. La Bibliothèque nationale de Paris en conserve un grand nombre des plus précieux.

Fig. 3oo. — Écriture du quinzième siècle, d'après la première page d’un Bréviaire. Bibl. royale de Bruxelles.

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Cunuttcns .timpiicmi *

Lecture. — Sabbato in aduentu Domini , ad vesperas, super psalmos antiphona : Benedictus , psalmus, ipsum cum ceteris antiphonis et psalmis. Infra capitulum.

Ecce dies veniunt, dicit Dominas , et suscitabo Dauid germen.

Traduction. — Le samedi . pendant l’Avent, à vêpres, avant les psaumes, on chante l’antienne Benedictus, puis le psaume qui commence par le même mot avec les autres antiennes et psaumes. Après le capitule...

« Voici que les jours viennent, dit le Seigneur, et je susciterai le descendant de David. »

MINIATURES DES MANUSCRITS

Les miniatures au commencement du moyen âge. — Les deux Virgile du Vatican. — Peinture des manuscrits sous Charlemagne et Louis le Débonnaire. — Tradition de l'art grec en Europe. — Décadence de la miniature au dixième siècle. — Naissance de l'art gothique. — Beau manuscrit du temps de saint Louis. Les miniaturistes religieux et laïques. — La caricature et le grotesque. — Le camaïeu et la grisaille. Les enlumineurs à la cour de France et chez les ducs de Bourgogne. — École de Jean Fouquet. — Miniaturistes italiens. — Giulio Clovio. — École française sous Louis XII.

o mme on peut l’affirmer, l’art d’orner de miniatures les manuscrits est presque contemporain de l’idée qui a fait réunir d’abord, sous la forme et sous le nom de livre , des traditions orales, des chroniques, des discours et des poésies. Notre intention n’estpas de remonter aux sources, aussi obscures que lointaines, de cet art, mais seulement de signaler quelles furent, pendant la durée du moyen âge, ses principales phases de perfectionnement ou de décadence.

Les plus anciennes miniatures qu’on connaisse datent du commencement même de cette époque qu’on est convenu d’appeler le moyen âge, c’est-à-dire vers le cinquième siècle. Ces peintures, dont il n’existe plus que deux ou trois spécimens dans les bibliothèques de l’Europe, offrent encore, dans leur correction et leur beauté magistrale, le grand caractère ‘de l’art antique. Les plus

célèbres sont celles du Virgile conservé à la Bibliothèque du Vatican (fig. 3o2), manuscrit dès longtemps célèbre, parmi les savants, par l’autorité de son texte.

Fig. 3o2. — Miniature extraite du Virgile de la Bibliothèque vaticane, à Rome. Troisième ou quatrième siècle.

Un autre Virgile, plus jeune d’un siècle environ, et qui, avant d’avoir été offert au chef de la chrétienté, était un des plus beaux ornements de l’ancienne bibliothèque de l’abbaye de Saint-Denis, en France, renferme des peintures non moins remarquables au point de vue du coloris, mais trèsinférieures sous le rapport du dessin et du style des compositions. Ces deux

MINIATURES DES MANUSCRITS

Fig. 3o3. — Majuscules peintes, tirées de manuscrits du huitième ou du neuvième siècle.

monuments incomparables peuvent à eux seuls servir à constater l’état delà peinture des manuscrits à l’origine du moyen âge.

Les sixième et septième siècles ne nous ont guère laissé de livres à miniatures-, tout au plus peut-on signaler des lettres majuscules enjolivées par la

calligraphie. Au huitième siècle, au contraire, les orne-

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' ments se multiplient , et quelques peintures assez élé-

gantes peuvent être indiquées; c’est que, sous le règne .

de Charlemagne, un mouvement de rénovation se pro-

duisit dans les arts comme dans les lettres : l’écriture

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latine, qui était devenue illisible, se réforma, etlapein-

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ture des manuscrits essaya de se régler sur les beaux

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modèles de l’antiquité, qu’on possédait encore à cette

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