QUATRIÈME PARTIE L0LIS-J0SE1»H, PRLXCE DE COXDÉ
B. Lenoiii. — Le PlUNCE DE CoNUÉ
Louis-Josopli de Rourbon-Condé n'avait que quatre ans à la mort de son père, et fut élevé sous la tutelle de son oncle, le comte de Cliarolais. Celui-ci géra la fortune de l'enfant en administrateur émérite.
et paraît n'avoir eu d'autre ambition que de mettre les maisons et domaines en parfait état, écartant les travaux de luxe, se bornant à l'entretien et aux réparations. Pendant treize ans, de 1740 à 1753, son œuvre à Chantilly fut très considérable : nettoyage et revêlissemcnt de tous les canaux et étangs, transformation des ponts de bois en ponts de pierre, des clôtures de bois en murs et grilles de fer, remplacement des conduites d'eau, dont beaucoup étaient encore en bois, par
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(les tuyaux de fer, créalion de routes dans la forêt, etc. Dans le parc, signalons Tabatage « des deux allées couvertes du grand parterre, qui étaient sur le retour, et que Son Altesse Sérénissime a fait replanter » (1740;, la réfection du pont du Roi, la construction des ponts des Bois-Verts (1745), des trois ponts du coude de Vineuii, dont un en ponl-levis avec portique (H-iG), la pose de toutes les grilles des loges et cours de la Ménagerie (174G à I752j, la construction en pierre et dalles du pont de la Volière, qui élait en bois et menaçait ruine (1749), du pont de dalles entre le rez-dechaussée du petit château et les voûtes du grand (1730), la reconstruction du pont d'entrée du petit château, du grand escalier dans le grand château, du mur de terrasse en portiques au-dessus de l'étang du Serrurier (1731), du grand degré de la terrasse, «donttoute la partie inférieure a été refaite à neuf » (1752), etc. Sans doute, tous ces travaux ne relèvent guère de l'art; mais, en remettant à son neveu le domaine de Chantilly dans un admirable état, le comte de Charolais permettait au jeune prince d'avoir les coudées franches pour continuer les traditions artisti([ues de sa maison. Le 3 mai 1753, le prince de Condé épousa Gharlotte-Élisabeth-Godefride de Rohan- Soubise. Le splendide cortège qui sortit ce jour-là de l'hôtel de Condé souleva l'admiration du public. Les deux principaux carrosses avaient été ornés par Jean Bethon et Charles-André Tremblin, peintres auxGobelins, et les autres parle peintre ordinaire des équipages de la maison deCondé, Jacques Nicolas Girardin, directeur de l'Académie de Saint-Luc'. Les sculptures du train des équipages étaient l'œuvre de Van Nerven. Nattier exécuta aussitôt le portrait du jeune prince, « de quatre pieds et demi de haut sur trois pieds et demi de large », et reçut pour ce travail la somme de 2.400 livres. Le même prix lui fut payé, l'année suivante (1754), pour le portrait en pied de la princesse de Condé (ce portrait est conservé à Chantilly): Coquelet en fit deux copies, et Ileilmann- cinq, à 14't livres chacune. Les peintres en miniature furent aussi appelés à reproduire les traits des jeunes et charmants époux. Penel reçut 57G livres pour trois portraits de la princesse; Welper ', 3.888 livres pour dix-huit portraits, tant du prince que de laprincesse; il en lit d'aulresles années suivantes. En 1775 encore, il faisait le portrait du duc de Bourbon. Lefebvre le jeune fournit «quatre portraits eu bracelet » en 1734, payés 762 livres. Quelques années plus tard (17G1), il fit un autre portrait du prince en miniatui-e, et son frère, Lefebvre l'aîné, « peintre du roi au pastel », reçut 408 livres « pour deux portraits de Son Altessse Sérénissime par luy faits les 22 avril et 15 mai 17G1 ». Il est regrettable que de tant de portraits il en reste si peu; les œuvres que nous allons citer n'ont pas eu plus de bonheur.
' Girardin, ne en 1751. mourut le 5 mai 1700, en sa maison de la rue de Sèvres, laissant une veuve, Geneviève-Ursule Baclielet, et f|uatre enfants de neuf ;i trois ans. La veuve se remaria eu 1762 avec un certain liazire. Après la mort de Girardin, les peintres des ci|uipages du prince de Condé furent Tremblin et Vincent.
■ .lean-Gaspard Ileilmann, ne à Muliiouse en 1718, élève de Doggeler, travailla d'abord pour l'évêque de Uàle, puis se rendit à Home, où il fut protégé par l'ambassadeur de France, le cardinal de Teucin, qui l'enuiicna à Paris en 1742. Ses portraits y curent un si grand succès qu'il dut y consacrer tout son temps et renoncer au.K tableaux d'histoire, II mourut en 1760.
' Jean-Daniel Wclpci', « peintre du roi et du prince de Condé », mourut en 1780, âgé de soi.vante ans environ.
Jean Mauc N.VTTiEn. — L\ puinxesse de Conué ex 1734
LOLMS-JOSEl'H, l'RLXClC DE CONDE
En 1757, Wialy^ reçut 3.000 livres « pour le portrait de Madame la Princesse en pèlerine, huit copies, et un portrait en miniature ». En cette même année, le prince eut recours au pinceau d'un jeune artiste dont le talent était plein de promesses : François-Hubert Drouais, né en 1727, venait d'être agréé par l'Académie royale do peinture, dont son père était membre.
11 réunit sur une même toile les effigies du prince et de la princesse, costumés en jardinier et jardinière, et ce tableau, qu'il exposa au Salon, lui fut payé 1.200 livres. D'autres portraits de Leurs Altesses furent exécutés par lui en 17o9 et 1760. La demoiselle Hébert fut la dernière à reproduire les traits de Charlotte de Rohan-Soubise, qui mourut le 5 mars 1760, enlevée par un mal foudroyant, laissant deux jeunes enfants de quatre et trois ans, le duc de Bourbon (Louis.
Henri-Joseph; et la princesse Louise, dont les portraits en cire venaient d'être faits par Houdard. Les peintres ordinaires de la maison furent alors Pierre- Robert Tremblin et son fils.
A la fin de l'année 1762, au retour de la campagne où deux des rares succès de la guerre de Sept Ans avaient été dus ù, la valeur du prince de Condé, celui-ci, au cours d'une visite chez le duc d'Orléans, fut rapidement portraituré par Louis Carrogis de
Carmontelle, « lecteur » du duc de Chartres; ce dessin, relevé d'aquarelle, où le peintre-amateur n'a pas manqué d'ajouter les lauriers de Griiningen et de Johannisberg, est aujourd'hui conservé au Musée Condé avec 483 autres portraits de Carmontelle ^ En 1703, nous voyons le prince donner sa confiance à Bernard Lenoir^ qui
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