‹ Les arts dans la maison de CondéChapitre 4 sur 21 · LE GRAND CON'DE · texte numérisé non relu

LE GRAND CON'DE

liaul; un marcliand ilalien qui fait venir des lalilcaux d'Italie pour les revendre à Paris le fit monter jusques à mille quatre-vingts livres. J'aurais bien souhaité prendre de V. A. un nouvel ordre, tant pour ce tableau que pour un Guide dont je ne lui avais pas parlé; mais la presse où je me trouvais ne m'en donna pas le temps, la vente se devant commencer le même jour que je revins de la campagne sur l'avis qui m'en fut donné un peu trop tard ; tellement que tout

Bealurin. — Madame de Longueville

ce que je pus faire ce fut d'aller promptenienl m'assurer de M. Mignard, qui reçut fort respectueusement la proposition que je lui fis de votre part, il ne pourra toutefois y travailler qu'à la fin du mois, étant pressé d'achever un tableau pour Saint-Gloud, qui doit être achevé avant que le roi y aille. Encore que je souhaite extrêmement de faire la révérence à V. A. S., je voudrais bien qu'elle ne fût ici que quand cela sera fait, afin d'avoir le plaisir à son arrivée de la régaler de ce tableau, qui sans doute lui plaira si les choses me réussissent comme je l'espère, car plus je le regarde et plus j'y trouve de beauté. Je supplie V. A. S. de trouver bon que j'en fasse faire une copie, à laquelle je ferai corriger ce qu'il peut y avoir à souhaiter à l'original, le tout par l'avis de M. Mignard ; et cela même ne lui nuira pas et lui servira comme d'épreuve pour travailler à l'original. Si elle peut être faite bientôt et ([ue

V. A. nfi rcviciiuo pas à Paris, je pminai la lui envoyer ou la poricr moi-même, car pour l'origiual il est trop fi;rand pour èlre Iransporté sur ie dos d'un iiomme ».

Il s'agit évidemment du tableau de Louis Carraclie dont il est ([uestion dans les lettres de Passart du 1''' ;i<tùt et du T) octobre 1681. Passart avait-il fait une bonne opération, et sa proposition de faire retouelier le tableau par Mignard était-elle opportune ? La lettre suivante en fait douter ; Mignard paraît fort peu pressé d'exécuter ce travail, et Passart bat en retraite ; il esl probable que Condé renonça au tableau, qui ne ligure [)as sur l'inventaire de Chantilly dressé en 1709.

Dernière lettre de Passart, i29 mai 108:2 : « Je viens consulter V. A S. sur le tableau qu'elle sait. Les choses ne s'avancent pas fort du côté de M. Mignard, <[m à la vérité est fort incommodé de sa santé, ce qui recule les ouvrages qu'il est obligé indispensablement d'achever. Celle longueur, et la crainte que j'ai d'ailleurs que ce tableau ne lui plaise pas exlrèmemenl, me fait douter s'il ne vaudrait pas mieux prendre l'occasion de s'en défaire si je ne vois jour à y faire travailler bientôt. J'estime que la dépense qu'il y faudra l'aire n'ira à guère moins de vingt pistoles ; car, outre le régal de M. iMignard, je serais bien d'avis qu'en y faisant mettre une toile neuve i)ar Mauperché on le fit croître de (juatre doigts par en haut, auquel cas il faudra une autre bordure. Je crois devoir informer de tout ce petit détail V. A. S., afin (]ue, sans aucune persuasion de ma part, elle consulte seulement son goût et qu'elle me fasse l'honneur de m'informer de ses instructions, que je suivrai ponctuellement ». — Nous ne connais.sons pas ces instructions, mais il esl facile de les imaginer. Condé marqua-t-il son méccmlentemeut à M. Passart? Dans la suite nous ne lrouv(Mis ])lus aucune lettre de ce dernier.

Ml août 1(58:2 : « Au sieur Bega, peintre hollandais, la somme de 770 livres jiour le i)rix de deux tableaux représentant deux vues de Chantilly, qu'il a faits et livrés par ordre de Mgr le l'rince ». Les deux bordures dorées de ces tableaux sont ])ayées 96 livres au sieur llolilapliddl le :2I octobre 1682. — Ce Hega était sans doute le frère ou h; lils du jieiutre hollandais Cornelis Pega, (]ui mourut de la peste à llaarlem en lOtii. — Il y a au Musée Ciuidé une gouache sur V(''lin, de jielites dimensions, qui représente Chanlilly et le grand parterre v<'rs 1680 ; on j»<'ul l'iillribuer àce Bega ou à Levinus Cruyl.

L'ingénieur Volland ('ci-il de Lille à M. le Prince, le :22 janvier 1683 : « Ayant ap])ris depuis pi'U de jours (|ue V. A. s'informa, dans le dernier voyage (|u"elle lit avet- h^ roi dans ce pays, s'il n'y avait point de peintures d'Italie à vendre en celte ville, et comme j'ai une s(eur (pii est devenue veuve (le|)uis (juehivu' temps, dont le mari était un grand amateur de belles peintures, j'ai cru (jue V. A. ne serait point fàcln-e qiH' je prisse la liberté de lui donner avis que j'en ai fait partir pour Paris une ([uantit('' des ])lus belles, et des plus fameux maîtres. Si V. A. souhaite de les voir, elle pourra les envoyer chercher dans la rue de Cléris, à l'enseigiu' du Nom de Jésus, à Paris ; elles sont là entre les mains de M. de La Vallerie, gentilhomme de celle ville, à qui je lésai adressées, à la réserve des bas-reliefs de Michel-Ange, qui sont encore ici... ». — A celte date, Volland travaillait aussi pour le Grand Condé, (jui lui avait commandé un pout-levis pour le parc de (îliantilly.

Voici encore un peintre hollandais qui fui en relations avec Condé. Il s'agit

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