‹ Les arts dans la maison de CondéChapitre 9 sur 21 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

HENRY-JULES, PRINCE DE CONDÉ

Les honneurs rendus à la mémoire du Grand Condé ont amené dans les comptes les noms de plusieurs artistes. Le 22 juillet 1687, le fameux dessinateur Berain reçut « 200 louis d'or, valant la somme de 2.300 livres, pour les soins et les peines qu'il a prises pour les ornements et le mauzolée faits tant à Notre- Dame qu'aux Jésuites de la rue Saint-Antoine pour feu S. A. S. M*'" le Prince ». M. Germain Rapst a retrouvé dans le minulier d'un notaire de Paris les différents marchés conclus pour la décoration de Notre-Dame le jour où Bossuet prononça l'oraison funèbre du héros Berain fut chargé de dessiner le mausolée, et pour l'exécution il fit appel au concours des sculpteurs Coysevox, Etienne Le Hongre, Jean Hardy, Pierre Cotton, Jean Regnault, des peintres André Camot et Jean Lemoine. Le total des marchés s'élève à la somme de 15.294 livres. De l'oeuvre de ces artistes, il reste le médaillon en bronze doré ciselé par Coysevox, superbe effigie du Grand Condé, aujourd'hui conservé à Chantilly dans le trophée de la galerie des Batailles. Il en reste aussi les gravures intitulées Le Camp de la douleur ; le 21 août 1687, le graveur Dolivar reçut 800 livres « pour avoir gravé toutes les planches de la pompe funèbre de feu S. A. S. M»'' le Prince d'après les dessins de M. Berain ». Enfin, dans le compte de l'année 1689, nous trouvons les mentions suivantes : l""" avril, « au s' Vermeulen, graveur, la somme de 150 livres pour avoir gravé une planche représentant les victoires de feu Ms' le Prince, pour estre mise dans le livre que le père La Baune,

(10 mars 1687)

' Gaze/le des Beaux-Aiis, 1»' mars 1892. — Lecture faite devant IWcadcmie des Beaux-.\rls, le 29 avril 1899.

j('Siiile, fait faire des honneurs liinèhies (|ui ont été rendus à feu S. A. S., de inarciié fait avec le s'' Berain » ; 20 avril, « au s'' Berain la somme de 1.100 livres pour distribuer aux graveurs (jui font les planelies des mausolée et service de feu S. A. S. M*'"'' le Prince ».

Les embellissements de Chantilly ne souffrirent pas de la mort du Grand Condé, et sous la direction de son lils Henry-Jules les travaux prireid un nouvel essor. « Chanlilly ('lait ses délices, dit Saint-Simon; il s"y [)romenait toujours suivi de plu-

l''lliiM|,~|'l(JK IIK L'OUAISDN Fl'MOHIU-: DU UHAND CoNDl;, PAR I.K P. DE LA BaINE giavi'' par Vp-;iimi-.ii.i:k, d'après Skvin.

sieurs secrétaii'cs, avec leur (■criloirc cl du pa[iier. (pii ('crivairnt à mesure ce qui lui passait par l'esprit pour raccommoder et embellir. Il y di'pensa des sommes prodigieuses )). Le remaniement inliM-ieur du petit château elail presqiu' terminé en 1086; Mansarl avait donné le plan de la transFormalion du grand chàleau, dont revécution fut dirigée par rarchilect'.; tîitard. Le vieux manoir va perdre son aspect pittoresque ; l'édilice fantaisiste, à lignes brisées, d'élévations inégales et de façades variées, va devenir une énorme bâtisse, foute en hauteur, uniforme dans foules ses parties, cribh'n! de feuélres, nan(|U(''e de fours se ferminanl en (b'ime. Dès lOSS on v D'availle : « M. h; l'rinci' fait travailler pr('seufemenL à rendre le dedans de la coui' régulier, vl adonner au dehors une face toute nouvelle, soif par i'ouvei'lure de trois rangs de fenêtres el deux grands balcons qui régneront font autour du château, soil par les combles qui seront tous d'égale hauteur à la. mansarde » (La Fesle de Chan-

[li'( (inif) ifi'jii 0()iiltiii:.\.'!l!-m ,h i:,i:,r,-,' j^t

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La I'O.MPE Fl'XÉUUE du UUANU Co.NDÈ (graMirc ilc Dni.ivAii,d'ai)rÙ!- UtuAiN).

\a:s a ht s dans i.a maison de condf.

lil/l/, août I6.S8) '. iJuiis la cour, le travail porta sur les exquises façades de dioilc et du fond, élevées par Pierre Chambigcs de 1528 à lo3'2 ; sur le périmèlre extérieur, une nouvelle tour fut construite ; trois furent « percées et mises ii la moderne » ^ ; on travailla aussi dans le soubassement voûté. C'est à toute cette transformalion (lue se rapportent les mentions suivantes :

1" mars 1089, « à M. Gilard, architecte, la somme de 1.18:) livres, (|ue S. A. S. lui a accordée par f^ratificalion pour les peines et soins (pi'il a pris ii l'occasion des ouvrages des bâtiments de Cliantilly et pour plusieurs dessins qu'il a faits pour le service de S. A. S. du passé jusqu'au dernier décembre lt)88 ». — '(septembre 1(389,

E.'IIIE IIE .MvNSUir l'illU 1,.\ Tin.NSFDUMATKl.N IJI (illAM) CIlATKVi; llK Cil AMII.I.y

marché avec Hubert Simon, maître maçon, moyennant 4. olo livres, <. piim- ht démolition et réfection des deux pignons du bâtiment neuf et de I appartement de M""' la

Princesse au château de Chantilly et dans la tour qui est entre les deux pignons »,

9 Janvier 1(390, marché avec Hubert Simon, moyennant 'i.'ôûlj livres, « pour les ouvrages qu'il a entrepris de faii'c [lour la nouvelle tour (|ue S. A. S. fait coiislruii-e à l'angle du château de Chantilly, du C('ilé et vis à-vis de la pointe du pelil parterre, pour le pont qui doit aller dudit parterre aii\ pièces voùh'cs du chàleau. traversant le fusse des carpes ', et pour les murs de rcvètisscnu'ut de la tète de l'étang de Sylvie ». — 19 juin IG9;), marché" avec Hubert Simon, moyennant 2.17.') livres, <( pour l'exhanssement de la tour du milieu de la façade du chàleau de Chantillv (|ui regarde le grand parterre, depuis le fond du mâchicoulis ». — De juillet à dè'cemlire

' ExIr.Kiiiliiiau'e (lu Mciciii'c, sciilciiilnT IGSS.

* Manuscrit îiuonyme de la Ijibliotlièque de GiiaïUilly.

' C'est le fossé qui séparait le grand chàleau du petit el du partene de la Vulière.

HENRV-.TL'LES, PUlXCt': DE CONDE

1690, Hubert Simon reçut en cuire I.il4 livres pour des ouvrages non compris dans les précédents marchés.

Un autre maître maçon, Jean Lemaire, passe en 1688 un marché de 2"2. 639 livres pour des travaux à exécuter au château et dont le mémoire fut arrêté le 17 août 1689. Il entreprend, le 26 juin 1689, la maçonnerie de Fescalier du bâtiment neuf, travail

CoiiNtiLi.E ^Michel). — Le HEi'E.Nïiu DU Gkvnd Coxdé

terminé la même année et payé S. 523 livres. La menuiserie, fournie par Roger et par Antoine Rivet, fut ornée de sculptures par Noël Briquet, Jean François, Jacques Legrand, Marin Bellan, Pierre Taupin, et l'élévation des sommes payées témoigne de l'importance des travaux. Le sculpteur Jean Hardy reçut 8.030 livres en 1689 et 1690, le marbrier Duchesnoy plus de 14.000 ; le 6 juin 1690, celui-ci passe un marché « pour les ouvrages de marbre qu'il doit faire à la niche et à la fontaine qui doit être faite au bout de la salle voûtée du labyrinthe du château de Chantilly » (cabinet des Lettres actuel). Citons aussi les peintres et doreurs Jean-Christophe Cau, Simon, Francart, Thibault, Meusnier, et le serrurier Toussaint Le Chauve.

LKS AKTS DANS LA MAISON DE COXDE

Aux IravauK do hàlimoiils cxtcuIôs alors, il ronvionl d'ajoulcr la Iransformalion (lo la forme do Biiran on corps do logis, rarliôvomont do la Mônagori(! à Vinoiiil, et siirloiit la conslruction do I "église do Cliantiliy, d('Tidéo dès IG84par le Grand Condé, alors que les premières maisons de la future ville s'élevaient sur les terrains par lui concédés. Sous la direction do rarchitocte Gitard, l'église fut édifiée do 1G<S7 à HÎOÛ.

Jean Lomaire, maître maçon, avait pass('' marché lo 28 avril 1687 «pour le bâtiment de l'église et dos chapelles en dépendant », moyennant 27.n00 livres, auxquelles s'ajouta on IG90 une somme do 2.400 livi'os pour les travaux du clocher. La menuiserie fut entreprise par \ntoine Itivel, et la sculpture par les frères Louis et Jean François. Le compte de 1()92 a disparu, mais celui de IG93 mentionne un acompte de 1.500 livres donné « au s'' Boullogne lo jeune, peintre, pour les tableaux qu'il a faits pour l'église de Chantilly ». En 1G'J2 sans doute avait été réglé le compte du peintre nouasse, dont une Adoration des licrgei'g, mentionnée par Dulaure et Dargenville, se voit encore aujourd'hui au-dessus du maître-autel.

Les grandes peintures qui ornent à Chantilly la « galerie où sont peintes les actions de M. le Prince », appelée communément la galerie des Batailles, sont l'œuvre d'un élève de Van der Moulon, Sauveur Lecomte. Elles représentent les actions militaires du Grand Condé depuis sa première campagne, 1640, jusqu'à l'année 1674 (bataille de Seneffe), à l'exclusion des faits de guerre accomplis de 1652 à 1659, période de rébellion du héros. Ces peintures furent exécutées do 1686 à 1694 et payées, l'une dans l'autre, 1.200 livres, prix modeste, même pour l'époque, vu les dimensions des toiles, le noml)ro des personnages et la minutie du détail. Trois tableaux plus petits, payés ensemble 400 livres et placés au-dessus des portes de la galerie, étaient consacrés à la campagne de Hollande (siège de Limbourg) et à celle d'Alsace en 1673 (secours de Saverne et d'IIaguenau), cette dernière campagne où le Grand Condé ne remit l'épée au fourreau, et pour jamais, qu'après avoir vu le dernier soldat de l'Empire quitter le sol de l'Alsace, le sol de la France !

11 était bien délicat de faire peindre et de mettre sous les yeux de Louis XIV et de la cour les faits de guerre accom[)lis par le rebelle de 1652 à 1659, et cependant le héros y avait acquis assez de gloire pour (juils ne fussent pas oubliés : combats

IIE.VIIV-JULES DE LOUKBON, PlilNCE DE CoNDli gravf par Poir.LV, cl'aprJs Mii;NAriD.

HEXHY-JULES, PRINCE DE CONDE

de Bléneau et du faubourg Saint-Antoine, retraite d'Arras, secours de Valenciennes et de Cambrai, bataille des Dunes, etc. L'esprit inventif d'Henry- Jules résolut la difiiculté, et le tableau du Itepenlir, s'il n'est point une grande œuvre d'art, est au moins d'une merveilleuse imagination. Le Grand Condé, debout, altier, dans une attitude qui n'implique pas le moindre repentir, retient do la main gauche la trompette d'une Renommée qui s'apprête à publier ses coupables actions, actions qui d'ailleurs sont toutes inscrites sur des banderoles qu'il foule aux pieds; de la main droite il donne l'essor à une autre Renommée qui embouche la trompette pour proclamer son repentir, quantum pœnituil ; dans un coin, Clio arrache du livre de l'Histoire les pages oi^i étaient relatées les actions coupables, et sur les deux

Mauemoiselle de Nantes, duchesse de BontuoN (alli'ibué à Marc Nattirh).

feuillets qui gisent à terre se trouve un curieux récit de la bataille des Dunes, que M. le duc d'Aumale a reproduit dans le tome VII de son Histoire des princes de Condé. Cette peinture allégori(jue fut exécutée en 1691 par Michel Corneille.

Les comptes d'Henry-Jules de Bourbon, prince de Condé de 1687 à 1709, se présentent dans une série assez complète de gros registres recouverts de maroquin rouge ; les lacunes ne portent que sur quatre années, 1692, 1698, 1699, 1701.

11 nous a paru intéressant pour l'histoire

de l'art de citer tous les noms d'artistes que nous y avons relevés. D'abord les peintres :

20 janvier 1687, « au s'' Ferdinand, peintre, la somme de 37 -i livres pour le portrait de M"° de Bourbon (depuis princesse de Conti) avec son cadre doré, et pour une copie qu'il a livrée aussi à M""^ la Princesse «. Louis Elle, dit Ferdinand, le jeune, né en 1648, mourut en 1717. Le musée de Rennes possède un tableau de cet artiste, La Présentation de la Vierge au Temple, 1702.

20 janvier 1687, « au .s'' Petitot la somme de 220 livres pour un portrait d'émail de M"°de Bourbon, qu'il a fait et livré à M""" la Princesse ». Petitot est bien connu et ses émaux sont célèbres ; le Musée Condé en conserve une quinzaine.

13 novembre 1687, « au s' Bonnet, peintre, la somme de 337 livres 10 sols pour un tableau représentant une chasse au sanglier, qu'il a fait pour Chantilly, où il a été envoyé, suivant le mémoire arrêté par M. Lebrun ». Il s'agit sans doute de Sylvain Bonnet, cité dans la liste des plus fameux peintres publiée en 1679 par Félibien.

4 octobre 1688, « au s'' Riclioinme, peinli-c, la .somme de 119 livres \i\ sols pour avoir nettoyé et raccommodé plusieurs tableaux de S. A. S. aux mois de juillet et août 1(387, et avoir colh' sur toile et aclieté plusieurs estampes du s'' Vau der Meulen ».

7 novembre 1G88, « au s'' Vignon, peintre, la somme de lUO livres pour avoir l'ait le portrait de M""" la Duchesse en Psyché qui est placé sur une cheminée du Petit- Luxembourg ». Il avril 1689, « au s' Vignon la somme de 90 livres pour le prix de deux tableaux qu'il a faits par ordre de S. A. S., Ies([uels sont à Cliaulilly ». Philippe Vignon, peintre de portraits, né en 1634, mourut en 1701. On conserve de lui, à Versailles, les portraits de W^''* de Blois et de Nantes, filles de Louis \IV et de M'"" de Montespan; M"" de Nantes de\int duchesse de Pourbon, et c'est elle que Vignon peignit en Psyché pour le Petit-Luxembourg. Le frère de Philippe Vigrn)n, Claude, était aussi peintre ; reçu académicien en l(j(')7, il mourut en 1703.

l'hi 1687 et 1688, le prince de Gondc lit faire au Havre un « balon » et des chaloupes dont la peinture fut exécutée par André Camot, p;'inlre ordinaire des bàlinients du roi. Camot était nH)rl avant le 10 février 1690, et le paiement fut fait ii sa veuve, Marie-Anne ,loing : 633 livres, y compris les frais du voyage de Cannd au Havre.

En 1690, de Ti'oy lit un ixu'lrail de M""' la Duchesse qui fut placé à Chantilly et payé i280 livres. François de Troy. père de Jean-François, né à Toulouse en 1654, reçu académicien en 1674, mourut en 1730. Bien que sa renommée ait été elTacée par celle de son (ils, l'rançois de Troy possédait un récitaient; je suis tenté de lui attribuer le portrait de M""' la Duchesse (M"'" de Nantes) qui, au Musée Coudé, est donné à Marc Natlier.

26 décembre 1690, « à Jean-Christophe Cau, peintre, la somme de 125 livres pour avoir peint un lableau des Bacchanales que feu M. Lebrun avait ébauché [lour Chantilly ».

23 novembre 1690, « au s'' Cotelle, peintre, la somme de 300 livres pour le prix de deux tableaux qu'il a faits pour Chantilly, l'un représentant la fable de la Lionne et de l'Ours et l'autre celle des Grenouilles et du Lièvre ». 15 janvier 1691, a au s'' Cotelle la somme de 200 livres pour le prix d'un lableau représentani Le Jardinier et son seigneur, qu'il a fait pour (ihantilly ». Jean Cotelle, peinire et graveur, né en \^%, mort eu 1708, travailla beaucoup pour Versailles.

RiùAiD (iljacinllici. — IjOiis lit he lîiiiluioN, PETrr-i'ii.s \tv GiiAMi Conhk

:23 novembre 1G90, « au s'' Houasse, peintre, la somme de 300 livres pour deux lal^lcaux qu'il a faits pour Chantilly, lun représentant La Grenoiiille et le Bœuf, l'autre Le Coiueil des Rats ». 26 décembre 1690, « au s' Houasse la somme de 150 livres pour un tableau qu'il a fait pour Chantilly, représentant Le Loup déguisé en berger». 14 mai 1691, « au s'' Houasse la somme de 400 livres pour deux tableaux qu'il a faits pour Chantilly, l'un représentant Orphée et Eurydice, et l'autre le Dénicheur de rossignols ». René-Antoine Houasse, né en 16'i-o, élève de Le Brun, mourut en 1710. Il y a de lui des tableaux au Louvre et à Versailles, et une Adoration des Bergers dans l'église de Chantilly.

Louis de BouUongne, dit le jeune, né en 1654, mort en 1733, dont il reste de nombreuses œuvres, çt d'après lequel Langlois a gravé une planche qui donne les portraits réunis du Grand Condé, de son fils et de son petit-fils, travailla aussi pour Chantilly en 1690 et 1691 : trois tableaux représentant La Maison de campagne (150 livres), une Danse de Bergers (200 livres), I^e Berger et le Bouvier (loO livres). — Les comptes ne disent pas si c'est à BouUongne l'aîné ou à BouUongne le jeune que se rapportent les mentions suivantes : 26 décembre 1700, « au s' BouUongne, peintre, la somme de 884 livres pour quatre tableaux qu'il a faits pour S. A. S. et retouché quelques autres » ; 26 septembre 1703, « au s' BouUongne, peintre, la somme de 1.580 livres pour les tableaux ci après qu'il a faits par ordre de S. A. S. pour Chantilly : deux tableaux de fleurs, 100 ; deux tableaux d'enfants, 200 ; un portrait de M"'' de Charolais (fille d'Henry-Jules), 280 ; le tableau des Égyptiens placé dans le salon d'Isis à la Ménagerie, et d'autres ouvrages qu'il a faits sur l'ancienne peinture dudit salon et sur les croisées, 1.000 ». Mais c'est bien BouUongne l'aîné qui est mentionné dans le compte réglé après la mort d'Henry-Jules : « A BouUongne l'aîni', peintre, la somme de 320 livres pour avoir peint la moitié de la figure à un grand portrait do M'"" la princesse de Conti, et avoir nettoyé et retouché les petits onfanls ».

26 décembre 1690, « au s'' Moreau, peintre, la somme de 125 livres pour le prix de deux portraits (|u'il a faits pour Chanlilly, l'un de feu M^' le Prince (le Grand Coudé), l'autre de M''"'' le Duc (de Bourbon, Louis III, mort en 1710) ». Le portrait de ce dernier venait d'être aussi exécuté par Hyacinthe Kigaud, qui avait reçu pour ce travail la somme de 696 livres (9 septembre 1690).

Thonuis Pesne, connu surtout \wv\v avoir été le maître de son fils, Antoine Pesne, qui devint peintre de Frédéric II et directeur de l'Académie de Berlin, fut frécjuemment employé par le prince de Coudé : 15 juillet 1691, « au s' Pesne, la somme de 300 livres pour le prix d'un tableau représentant M""" la princesse de Conti, qu'il a fait pour Chantilly » ; quelques jours plus tard, 100 livres pour la copie d'un portrait (lu prince de Conti. 12 mars 1695, « au s'' Pesne, la somme de 300 livres pour reste et parfait paiement de celle de 133i livres qui lui était due pour plusieurs tableaux qu'il a faits, portraits et autres, pour le service de S. A. S. à Chantilly ». 17 juin et 15 novembre 1698, «au s'' Pesne, peintre, la somme de 373 livres pour cinq portraits de M^'' le Duc (de Bourbon, Louis III) et ([uatre bordures»; quatre autres portraits en 1699 (300 livres) ; encore un en 1702, un autre en 1703, etc.

Nous avons parlé de Michel Corneille à propos de la galerie des Batailles ; voici

HENRV-JULES, PRINCE DE COXDE

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