LXXXVI. LE DEGRÉ DE GAIETE d’uN APPARTEMENT ETANT
EN RAISON DIRECTE DU NOMBRE DE SES OUVERTURES AP- PARENTES OU RÉELLES, EN MULTIPLIANT LE CHIFFRE DES FENÊTHES ET DES PORTES APPARENTES, ON PEUT ARRI- VER A AUGMENTER LA GAIETÉ d’unE PIÈCE. EN LE RÉDUI- SANT ON COMMUNIQUE, AU CONTRAIRE, A CETTE PIÈCE UN AIR DE RETRAITE ET DE RECUEILLEMENT.
Forts de la remarque contenue dans la proposition précédente, il semble que rien ne soit plus facile que d'imprimer à une pièce, à une façade, à une construction quelconque, un caractère joyeux ou morose. Pour cela il suffit d'augmenter ou de diminuer le nombre sinon des ouvertures réelles, ce qui n’est point toujours possible, du moins des ouvertures apparentes. C’est ce que ne manquent pas de faire les architectes lorsqu’ils décorent une muraille de fausses fenêtres ou de fausses portes. Le plus souvent ces orbevoles ont moins pour but de satisfaire aux exigences d’une vaine symétrie, que d’éga}mr l’aspect de la façade.
A l'intérieur le riMe des ouvertures n’a pas une importance moindre. Une seule fenêtre et une seule porte donnent à un vaste salon une allure retirée, difficilement accessible, ]>eu en rapport, par conséquent, avec sa destination. Ouvrez deux fenêtres et quatre portes, et votre pièce, devenant abordable de toutes parts, prendra aussitôt un caractère joyeux. Un cabinet de travail a été gratifié de deux fenêtres et de quatre portes et nous paraît, grâce à cela, manquer du recueillement nécessaire. Vite bouchons une fenêtre et deux portes, et immédiatement notre pièce semblera plus austère. Mais s’il est toujours, — à l’intérieur comme à l’extérieur, — • facile de masquer des baies existantes, il n’est pas toujours permis d’en ouvrir de nouvelles. On est, en effet, tenu de compter avec les murailles, et de respecter les exigences de la construction. Aussi avons-nous parlé d’ouvertures
réelles ou apparentes. Lorsqu’on ne peut percer les portes ou les fenêtres que l’on estime indispensables pour assurer à une pièce le caractère qui lui convient le mieux, alors on recourt à des simulations qui créent une illusion suffisante.