‹ Les arts de l'ameublement; la décorationChapitre 21 sur 118 · XVII. LORSQUE LA DECORATION DECOULE DE LA FORME · texte numérisé non relu

XVII. LORSQUE LA DECORATION DECOULE DE LA FORME

GÉNÉRALE, ELLE PRÉSENTE TOUJOURS UN CARACTÈRE d’hO- MOGÉNÉITÉ, d’ampleur ET SURTOUT d’uNITÉ QUE NE SAURAIT AVOIR UNE ORNEMENTATION SURAJOUTÉE.

Il n’est pas nécessaire, croyons-nous, d’insister sur ie caractère d’homogénéité , d’ampleur et surtout d’unité qu’offre une décoration lorsqu’elle prend son point de départ dans la forme même de la surface ou de l’objet qu’elle a pour mission d’embellir. Ce sera l’éternel honneur de la France d’avoir vu naître, grandir et se développer chez elle deux styles très puissants , très personnels , répondant à des besoins ou à un idéal très différents, qui n’ont rien de commun entre eux et qui résolvent, cependant , ce difficile problème : le fityle ogival, improprement nommé style gothique, et le style rocaille. Il est impossible, en effet, quand on contemple une de ces admirables efflorescences de pierre qui ont jailli de notre sol, entre le commencement du xiiF siècle et la fin du xv®, de nier que l’ornenientation de ces monuments, quelque riche, quelque abondante qu’elle puisse être , découle tout naturellement de la construction et fait absolument corps avec cette dernière. On ressent une impression analogue lorsf[u’on étudie les beaux meuldes et les riches lambris sculptés entre la fin du xviF siècle et le milieu du siècle suivant. Le

posé parMeissonnier. Exemple (le clécoratiou naissant de la forme même de l'objet.

décor se marie si bien aux conlours qui le limitent et l’enserrent; il y a entre eux une concordance si absolue; l’ornementation, faite de rinceaux à la fois souples et solides, s’associe d’une façon si parfaite à la structure de ces tables, de ces consoles, de ces fauteuils, qu’à première vue l’on se demande auquel, du constructeur ou du décorateur, il faut faire l’honneur de la conception initiale de l’ouvrage.

Tous deux, en effet, auraient un droit égal à notre admiration si, en ces époques particulièrement fécondes, constructeur et décorateur ne se confondaient en un seul et même artiste. Au lieu de demander à un collaborateuL de décorer plus ou moins heureusement la construction qu’il élève, le créateur de l’œuvre a construit du premier jet et sans effort une décoration.

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