LIX. A DÉFAUT DE LA FIGURE HUMAINE, LES ANIMAUX
LES PLANTES, LES FLEURS, DONT LA TAILLE ET LES DIMEN- SIONS NOUS SONT FAMILIÈRES, CONSTITUENT FACILEMENT
l’Échelle a laquelle nous rapportons les proportions d’un objet décoré.
Il est nombre de circonstances où l’échelle humaine ne saurait intervenir comme critérium des jugements que nous portons sur les dimensions d’un meuble ou d’une oeuvre d’art. Dans ce cas, l’œil jieut adopter pour jouer ce rôle tel autre objet dont la taille lui est connue. Supposons que nous ayons à décorer une assiette de grandeur ordinaire, et qu’une rose doive constituer le principal motif de notre décor. Nous connaissons tous les dimensions moyennes d’une rose. Dès lors, c’est elle qui fournira l’échelle à laquelle nous rap|)orterons l’étendue de la surface décorée, et, comme conséquence, à mesure que notre rose diminuera de taille, les dimensions de notre assiette paraîtront augmenter. Les, deux figures (n*^® 81 et 82) que nous donnons ci-contre, bien ({u’il soit facile de constater qu’elles ont un diamètre égal,, olfrent un exemple assez fra}>pant de l’impression que l’on peut produire en tenant compte de cette observation.
LX. — LE CHOIX DE l’Échelle ne devant jamais être ABANDONNÉ AU HASARD, LE DÉCORATEUR HABILE LE SU- BORDONNE LE PLUS SOUVENT AUX CONDITIONS DANS LES- QUELLES l’objet ou la surface décorés sont appelés A ÊTRE CONSIDÉRÉS PAR LE SPECTATEUR, ET AUSSI A LA NATURE DE l’oBJET ET AU ROLE ASSIGNÉ A LA SURFACE.
Il est clair que l’échelle de décoration ne saurait être la même pour un bijou, une boîte, un éventail, une tasse à café, que l’on tient à la main et qu’on est appelé, par conséquent, à regarder de très près, que pour un vase à fleurs, un coffret, un bouclier ou une cuirasse, qui doivent être contemplés à une certaine distance. Un plat de faïence, suivant qu’il est destiné à figurer sur une table ou à être suspendu à la muraille , réclame dans son ornementation une échelle différente. Celle-ci doit se développer à mesure que le spectateur, pour apprécier l’objet, est obligé de prendre un recul plus considérable. C’est pourquoi l’échelle des décorations intérieures est toujours plus réduite que celle des décorations extérieures, et, pour cette même raison, il est généralement admis en architecture que, « dans les monuments élevés, l’échelle doit croître de la base au faîte, les détails des parties supérieures ne pouvant être perçus qu’à une grande distance^ ». Le contraire cependant produit parfois une impression des plus heureuses. Nous citerons notamment l’arc de triomphe de l’Etoile, où l’échelle humaine diminue à mesure que l’élévation augmente. L’effet obtenu par cette diminution progressive est même fort curieux. Il aide à faire paraître le monument encore plus colossal. La plupart des édifices de la période ogivale dérogent également à cette règle. Ils respectent de la base au sommet l’unité d’échelle, et doivent en partie à cette unité leur étonnante élévation. Nous avons vu, au contraire (proposition LVII)