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LXXI. — lorsqu’un artiste est obligé d’exécuter

UNE DÉCORATION MURALE EN DEHORS DU LIEU OÙ ELLE DOIT ÊTRE PLACÉE, ET DANS l’iGNORANCE DES CONDI- TIONS EXACTES d’éclairage AUXQUELLES CETTE DÉCORA- TION SERA SOUMISE, IL DOIT CONCEVOIR SA COMPOSITION DANS DES TONALITÉS NEUTRES QUI, S’ACCORDANT AVEC TOUTES LES NUANCES , NE RISQUENT PAS DE PRODUIRE UN EFFET DISCORDANT.

Il arrive souvent qu’un artiste, pour des raisons de convenance ou autres, se voit contraint de peindre, soit dans son atelier soit dans tout autre endroit, une décoration appelée à prendre place sur une paroi dont l’éclairage diffère essentiellement de celui auquel l’œuvre est soumise au cours de son exécution. Dans ce cas, le seul moyen qu’il ait d’éviter des discordances fâcheuses qui pourraient naître de la qualité de la lumière nouvelle et de reflets dont il n’a pu analyser la composition, c’est de concevoir sa peinture dans des tonalités générales qui s’accommodent de tous les voisinages. Nous avons dit plus haut que le gris, participant, comme le blanc, de la réunion, de la concentration des six couleurs du prisme, jouissait de ce rare privilège. En donnant une tonalité grise à l’ensemble de la composition, on parvient donc à éviter les notes discordantes. C’est ce qu’a parfaitement compris I\I. Puvis de Ghavannes. Ses grandes et magistrales décorations ont pu parfois être discutées quand elles étaient présentées isolément dans nos expositions ; mais leur savante harmonie a toujours ravi ceux qui ont pu les considérer dans leur emplacement définitif.

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