‹ Les arts de l'ameublement; la décorationChapitre 9 sur 118 · VI. LE CPIOIX DES SUJETS LOllSQU’lL EST LAISSÉ A l’aIî · texte numérisé non relu

VI. LE CPIOIX DES SUJETS LOllSQU’lL EST LAISSÉ A l’aIî

TISTE, DOIT TOUJOURS ETRE EFFECTUE AVEC LE PLUS GRAND SOIN. IL DOIT S’ACCORDER NON SEULEMENT AVEC LA NATURE ET LA DESTINATION DE LA PIECE, DU MONU- MENT OU DE l’objet qu’il s’aGIT DE DECORER, MAIS ENCORE AVEC LEUR FORME PARTICULIÈRE.

Le caractère franchement décoratif de sa composition n’est pas, toutefois, la seule particularité qui doive préoccuper l’artiste soucieux de sou rôle. Lorsque le inaltre de l’œuvre lui abandonne le libre choix des sujets à interpréter ou des motifs à condiiner, il s’ellbrce d’harmoniser ceux-ci avec la destination de la surface ou de l’objet confiés à ses soins. Il serait malséant, en effet, de prétendre déco-,

rer un tombeau d’ornements exprimant l’abondance, les festins, les plaisirs. Il ne serait guère plus convenable d’orner une salle de spectacle d’attributs lamentables ou de scènes rappelant les funérailles et la mort.

Enfin, ce n’est pas seulement la destination de la surface ou de l’objet qui éveille l’attention du décoraleur expérimenté; il doit encore en considérer la forme. Lorsque cette forme estplane et qu’elle ne comporte pas de divisions apparentes, le problème est simple et sa solution semble facile. Quand au contraire elle présente des divisions, et principalement lorsque ces divisions se justifient par une nécessité de la construction, le décorateur habile s’efforce toujours de tenir compte de cette disposition, et surtout de ne jamais la contrarier. Enfin, lorsque la surface est courbe, — convexe ou concave, — la difficulté devient souvent considérable, et l’artiste doit choisir son motif de telle façon que la représentation n’en soit pas forcément déformée. N’est-il point quelque peu ridicule, en effet, de représenter une bataille sur la panse arrondie d’un vase, comme on l’a fait à Sèvres, au commencement de ce siècle? N’est-il pas plus fâcheux encore, comme l’ont fait les céramistes de la Renaissance italienne (voir fig. 10), de prolonger sur le marli d’une soucoupe ou d’un i^lat un paysage ou une scène d’histoire commençant au fond de ce plat ou de cette soucoupe ? L’image, en suivant ces courbes diverses, perd son unité, présente des raccourcis fâcheux, des d é fo r mati o n s regrettables.

Ainsi, et pour nous résumer, quelle que soit la liberté qu’on laisse au décorateur, cette liberté ne doit jamais violenter ou contredire la forme qu’il a pour mission d’orner. L’artiste, au contraire, par l’ingénieuse répartition de son ornementation, doit s’appliquer â rendre cette forme bien lisible. Il doit en souligner les traits principaux, en accentuer le caractère.

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