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IV. — Gravure à la manière noire

La gravure en manière noire porte aussi le nom de mezzo tinto, et s'exécute ainsi :

On prend une planche de cuivre rouge, — ou de cuivre jaune, — parce que le grain du métal est plus résistant.

On polit cette planche à l'aide du grès, de la pierre ponce, de la pierre à aiguiser, du charbon de bois de saule et du brunissoir.

Pour s'assurer du degré du poli, on avait autrefois

recours au moyen suivant : on portait la planche polie chez l'imprimeur; l'imprimeur l'encrait comme une planche gravée et tirait une épreuve de cette planche ; si, au sortir de la presse, le papier apparaissait entièrement blanc, c'est que le poli nécessaire était atteint; sinon, il fallait continuer à polir les parties qui avaient formé des taches à la surface de la feuille de papier.

Les planches ainsi polies sont ensuite grenées à l'aide du

Oulils pour la gravure en manière noire. — Berceau vu de face et de profil, racloir ou sorte de grattoir pour enlever les blancs sur le fond grené, petit berceau pour ajouter du grain dans les petits espaces.

berceau. Le berceau est un instrument qui a la forme d'un ciseau de menuisier, mais d'un ciseau non coupant et piquant comme une molette dont les pointes seraient très aiguës. Un des côtés du berceau porte un biseau couvert de filets très fins, et chaque filet se termine en pointe en promenant ce berceau sur toute la surface de la planche, en l'inclinant alternativement sur lui-même de côté et d'autre; on couvre la planche dans tous les sens, en carré, en diagonale, etc., d'une multitude de pointes en creux qui, à l'encrage, se traduisent par une teinte noire intense d'un bel aspect velouté. On juge

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la grenure terminée, lorsqu'à l'impression la planche donne une plaque d'un beau noir bien égal.

C'est sur ce fond noir que Ton travaille avec le racloir et le brunissoir.

Avec le racloir, on enlève comme avec un grattoir; et, avec le brunissoir, on lisse et on polit les parties grattées pour obtenir des lumières. On modèle sa planche comme on dessinerait au crayon blanc sur une feuille de papier noir, et,

pour éviter de remettre du grain dans les parties trop faibles de ton, il vaut mieux poser d'abord des blancs intenses et

Croquis théorique indiquant les lignes de direction du Çflçpçflgp ]p£ demiberceau, en carré, en diagonale, etc., puis en parallèles

de plus en plus rapprochées, de manière à former un fp;ntp^ inf Prmpdmimc

fond aussi uni que possible. WlU teb IDier IIieUldH es

ensuite. Autrement , souvent entraîné à exagérer la note claire de cesdemi-leintes, on ne saurait faire valoir les blancs purs.

Les planches gravées à la manière noire, — excellente pour interpréter des effets de nuit, des scènes fantastiques, et dont les Anglais ont tiré au siècle dernier un parti admirable en exécutant de grandes compositions, portraits, tableaux d'histoire, d'une merveilleuse intensité de coloration, — s'impriment comme des planches en taille-douce, mais nécessitent cependant des précautions spéciales quant à l'essuyage.

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