LES DÉCORS HE FERRONNERIE DANS LES BRODERIES FRANÇAISES
était de soie brodée de comparti nts octogones, renfermant alternative-
iiicnl un Jion et un aigle.
Un autre caractère des broderies du \m' siècle français étail de renfermer des éléments décoratifs empruntés à la ferronnerie, aux grandes pentures de portes. On ne saurail mieux le constater que dans la belle
Parement d'autel, art français, lin xm' siècle (Hôtel-Dieu de Château-Thierry).
chasuble de satin rouge conservée à la cathédrale de Reims « avec orfrois en mode d'arbres couverts de petites marguerites de perles, don de Guillautne de Joinville, archevêque de Reims, morl en 11".)'.) ». C'esl ainsi i|u (die es! décrite dans un inventaire de la cathédrale daté en L622. Remaniée au cours des âges, elle a consen é la forme d'une chape, décorée d'un orfroi d'un style très ferme, donl les enroulements symétriques rappellenl bien les pentures de 1er qui garnissenl les portes de la même époque. Des pierreries en rehaussaienl l'éclat, mais elles mil disparu au wi siècle.
160 LES BRODERIES FRANÇAISES DU XIVe SIECLE
Un dernier caractère du xme siècle est enfin de présenter dans les broderies les personnages sous des arcatures trilobées, comme nous voyons les statues dans les cathédrales gothiques. C'est ainsi qu'apparaissent les cinq apôtres debout, sur le beau parement de Saint-Bertrand de Comminges; il est intéressant de rencontrer sur celte pièce simultanément trois des procédés techniques de la broderie, les manteaux sont de lils d'or couché, les vêlements au point de chaînette, les carnations au point fendu. -- La chapelle de l'hospice de Château-Thierry possède aussi un admirable parement d'autel, où quatre arcatures trilobées il v en avait primitivement sept) abritent le couronnement de la Vierge, l'adoration des mages, la présentation au temple, et saint Jean et saint Paul : les mains et les visages sont peints sur soie blanche, les barbes et les cheveux sont brodés sommairement, elles vêtements brodés au point tendu. Le style magnifique qui caractérise cette pièce rappelle les plus belles sculptures de la Sainte-Chapelle (Farcy XXVIII). — Le Trésor de la cathédrale de Sens renferme encore un bien beau parement d'autel, dit de la comtesse d'Etampes ; sur une soie blanche sont brodées en soie et or six arcatures trilobées séparées par des colonnettes, présentant, de gauche à droite, l'adoration des mages, la circoncision et la présentation au temple, la fuite en Egypte, le massacre des Innocents, le baptême de Jésus-Christ, et la mort de la Vierge. Jeanne d'Eu, comtesse d'Etampes, qui donna ce parement à la cathédrale, mourut à Sens le G juillet 1389; elle le tenait des parents de son premier mari, dont les armoiries se trouvent dans la bordure (Gauthier V de Brienne, et Jeanne de Chatiilon, morts au début du xiv" siècle).
Le xi\' siècle nous a laissé quelques très beaux spécimens de broderies françaises, tels que le superbe parement d'autel, appartenant à la Société archéologique de Toulouse (Farcy XXXII., sur lequel sont représentés sur fond d'or chevronné douze scènes de la vie et de la passioiulu Christ, qu'encadrenl des médaillons quadrilobés, et dans les intervalles desquels sont autant d'épisodes de la légende de Saint-François et d'autres sainls martyrs, — ■ ou la belle mitre de Jean de Marigny, qui est au musée d'Evreux ; Jean de Marigny avail été évêque île Beauvais 1312-1347), et mourut archevêque île Rouen en 1351. L'une des faces de la mitre nous montre saint Pierre assis el bénissant, entre Cornélius, qu'il avait converti, et Dorcas ou le Thabite qu'il ressuscita. Sur l'autre face est saint Eloi, entre Enguerrand de Marigny et la femme de celui-ci, Alèpede Mous.
Dans le triptyque du musée de Chartres sur chaque volet, sainte