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USAGE ANCIEN DES TAPISSERIES

domaine de ceux que nous voyons pratiqués de nos jours, peut être constatée dans la qualification qui fut, par tradition, donnée à la célèbre tenture de Baveux dénommée « tapisserie de la reine Mathilde », et qui est tout simplement une broderie sur toile. Supposez ce monument textile disparu, n'étant parvenu à noire connaissance que par les textes, les érudits y auraient vu un des plus anciens monuments de la tapisserie en France.

Il eût été certes intéressant de pouvoir faire remonter à une aussi haute origine, le xi° siècle, les débuts de la tapisserie dans notre Occident ; mais il faut en prendre son parti, et quand nous essaierons de préciser sinon le point initial, du moins les plus anciens essais en ce genre d'industrie artistique que nous connaissons, il nous sera impossible de remonter plus haut que le xme siècle, époque pour laquelle nous possédons non seulement des documents écrits absolument probants, niais aussi quelques rares monuments.

Il n'est pas sans intérêt de se demander quel usage on lit au moven âge des pièces de tentures de quelque tissu qu'elles fussent, et plus tard à partir du xivc siècle, des tapisseries elles-mêmes. Il v a là une adaptation de ces choses à la décoration intérieure sur laquelle il est bon de dire quelques mots : d'autant plus que nous pouvons nous appuyer sur un assez grand nombre de textes, et sur d'assez nombreuses représentations figurées.

C'est une question, qui plus encore peut-être que l'étude des monuments mêmes, préoccupait, au plus haut point Viollet-le-Duc. Il aimait infiniment à reconstituer les choses, à faire revivre des ensembles, à se servir d'un élément isolé pour en rapprocher immédiatement un ou plusieurs autres réels ou iinaginatifs ; et on peut vraiment dire de lui qu'il lut le Cuvier de l'archéologie. Aussi la tapisserie, étant donné le rôle qu'elle avait joué dans la décoration des appartements, devait-elle tenter sa sagacité, et il lui a consacré' un long article dans son Dictionnaire du Mobilier français.

Dès les premiers temps du moven âge, à une époque où rien n'autorise ;i affirmer qu'il existât déjà des tapisseries de haute lisse, I usage était de faire déjà un large emploi de grandes pièces de tissus, dont on décorait à profusion les églises, soit comme lapis de pieds, soit comme ton tures : bien entendu dans tous les documents écrits anciens, ces pièces d'étoffes portaient le nom île « lapis et tapisseries ». sur lesquels nous

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