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LES TOILES PEINTES

savons à quoi nous en tenir. Dans les châteaux et les appartements, les salles de parement ou de parade étaient tendues le plus souvent d'étoffes, ou tout au moins de toiles peintes. Disons un mot en passant, de ce genre de tentiiics qui fut ordinaire au moyen âge. On commençait par coucher un encollage assez épais sur le tissu, à peu près comme le font nos décorateurs de théâtre, et sur cet apprêt on peignait soit des sujets, soit des ornements. Il était fréquent qu'on décorât les rues de toiles peintes, lors des grandes solennités publiques. Grégoire de Tours dit qu'à l'occasion du baptême de Clovis, les rues de la ville de Reims étaient ombragées de toiles peintes, « telis depietis adumbrantur plateae ». Reims possède encore aujourd'hui, en son musée, tout une série de vingt-quatre toiles peintes, provenant de son Hôtel-Dieu, représentant la mise en scène du théâtre îles confrères de la Passion. Ces toiles sont d'époques diverses, dessinées d'un trait de bistre, les bordures de feuillages déchiquetés rappellent la flore du gothique flamboyant, les plus anciennes pouvant être du temps de Charles Vil, les autres de Louis XI, Cdiarles VIII et Louis XII.

Nos collections, nos églises ou nos châteaux ne possèdent pas de fragments de tenture de toile peinte antérieurs à cette époque, et nous ne pouvons par conséquent avoir qu'une idée bien vague du genre d'ornementation qui s'y trouvait pratiqué.

Aux temps du haut moyen âge, l'emploi était assez généralisé des pièces de tentures suspendues, en guise de grandes portières, pour séparer les pièces d'un appartement, ou même pour diviser une chambre. Frodoard l'apporte que saint Rémy laissa par testament à l'évèque son successeur » trois tapis qui servent les jours de fêtes à fermer les portes de la salle du festin, du cellier et de la cuisine ». Cette coutume des portières se perpétua d'ailleurs longtemps, puisque Saint-Simon, racontant la scène qui, au château de Marly, précéda la mort de Monsieur, frère du Roy, remarque que le cabinet de Louis XIV n'était pas fermé par des vantaux de lu lis, mais seulement par des portières, ce qui permit à tous les courtisans, cl même aux gens de service, d'entendre la querelle îles deux princes.

I n autre usage, aux premiers temps dunioven âge, consistait à dresser autour des lits des tentures dont la disposition mérite d'être remarquée. C'était comme une sorte de tente, dont la partie supérieure était lixée à une tringle de bois et de métal, et qui tombait des deux côtés, avec une ouverture permettant d'entrer dans le lit. à peu près connue les moustiquaires qui sont en usage dans les pays du midi. Une miniature d'un manuscrit céli lue, celui d'Herrade de Landsberg, qui était conservé

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