LES LOIS DECORATIVES DE LA TAPISSERIE
à la Bibliothèque de Strasbourg, et qui y fut détruit lors du grand incendie de 1870. représentait une scène, la mort d'Holopherne, où Judith écartail la tenture du lit pour couper le cou d'Holopherne avec un
immense glaive.
Quand on arrive au xivc siècle, nous pouvons être certains, si nous relevons dans des inventaires ou dans des comptes le terme « tapisserie ». <[ue nous avons affaire à des tapisseries de haute lisse, et leur emploi à celte époque devint pour ainsi dire général. Les salles de châteaux avaienl des clous à crochet qui servaient à suspendreces tapisseries maintenues seulement à la partie supérieure, tombant jusqu'au sol, et masquant les portes, qui parfois encore n'étaient pas munies de vantaux. Derrière ces tapisseries on pouvait se cacher : aussi chaque fois qu'on voulait être assuré d'être seul, avait-on soin de tâterles tapisseries autour de la pièce. Une autre coutume consistait aussi, à l'occasion des fêtes publiques, des entrées de rois ou de reines, à tendre des tapisseries dans les rues devant les maisons ; cette coutume de tendre d'étoffes les rues dans certaines occasions, existe encore en Espagne, surtout à Madrid.
Les grands seigneurs, les princes, les capitaines, ne se faisaient pas faute d'emporter aussi quelques pièces de tentures dans leurs bagages, quand ils parlaient en expédition et en guérie. Ces tentures sers aient dans les camps à l'ornementation de leurs lentes. C'est ainsi que Charles le Téméraire promenait toujours avec lui en campagne quelques-unes des plus belles tapisseries de la maison de Bourgogne, et qu'à Granson, à Moral et à Nancy, ses vainqueurs trouvèrent sur les champs de batailles des tentures du plus haut prix qu'il avait abandonnées dans sa fuite.
A considérer le rôle décoratif que joua la tapisserie au moyen âge cl à la Renaissance, à consulter les monuments ligures, peintures, gravures où elle se trouve représentée, il est bien certain que son caractère était d'être flottante ou drapée, qu'elle décorât les murs, les lits, les dais ou les trônes. Dans ces conditions, et comme le sujet pouvait être coupé par un ou plusieurs plis, il importait que dans l'ordonnance de la compo sition les règles de la symétrie ne fussent pas régulièrement observées. Il n'était pas mauvais non plus que les ligures dans ces compositions, fussenl parfois un peu pressées, que ce lût un peu tassé, afin que I effet étant rompu par les plis, il apparût toujours un certain nombre de ces figures d'un si grand caractère et vêtues de si beaux costumes, au hasard des chutes de l'étoffe.