I. ATELIER DE TAPISSERIE DE MANTOUE
Le plus ancien atelier italien qui nous soil connu est celui de Manloue. Nous venons de dire que François Gonzague y avait montré un oui 1res vif de ces sortes île choses. Un inventaire de 1406 nous apprend qu'il avait une série de plus de 50 tapisseries. Dès 1419, un tapissier que les textes nomment Johannes Thomae de Francia était installé à la Cour des Gonzague, et y exécutait des travaux pour le Pape Martin V. Il \ mourut en 1442. Il fut suivi de près par Nicolas de France, puis par Guidone et Adamante, tous deux français ; le peintre Giovanni dei Corradi leur fournissait des cartons. Louis de Gonzague porta l'atelier de Manloue à son apogée, et la marquise Barbe de Brandebourg n'y contribua pas peu elle-même. L'atelier de Mantoue était alors dirigé par un certain Rinaldo Boteram de Bruxelles, puis par Rubichetto.
Un des plus grands maîtres de la Renaissance italienne, Andréa Mantegna, avait accepté la lâche de fournir des cartons aux tapissiers de la Cour des Gonzague. Il est bien regrettable que nous manquions de détails sur ces travaux, qui jouirent au xvie siècle d'une extraordinaire célébrité. Les fameux cartons conservés au château royal d'Hampton Court en Angleterre, représentant les Triomphes de Jules César, et se développant en longues frises qui rappellent les bas-reliefs antiques, sont généralement considérés comme des modèles que l'illustre peintre avait dessinés, pour l'atelier des tapissiers de Manloue. Mais à la fin du xvc siècle l'atelier déjà languissait. Ce n'est pas cependant que le goût desGonzague eût diminué pour les belles tapisseries. L'inventaire de leur mobilier, dressé en 1541, compte plusieurs centaines de pièces : C'est pour eux que fut exécutée la suite des Enfants jouant qui est à Milan, et celle des Actes des Apôtres qui fut transportée à Vienne en 1896.
Ces ateliers de Venise sont presque aussi anciens que ceux de Manloue. Deux ouvriers du Nord, Jehan île Bruges et Valent in d'Arras, y venaient établir un atelier en 1421. Leur entreprise fui éphémère. Ils tirent sans doute ces nombreux dosserets ou devants d'autels conservés dans les églises de Venise; et le peintre Alvise Yivarini exécutait les carions pour une suite de ['Histoire </<- saint Théodore.
Le Bruxellois Rinaldo Botteram était venu en 1438 installer des métiers de liante lisse à Sienne. La ville lui avait accordé une subvention dont il sollicita le renouvellement deux ans plus tard, à la condition d'instruire deux élèves. En 1 142, il était remplacé par Jacquet, lils de Benoît d'Arras.