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CHAPITRE XIII L'ATELIER DE MORTLAKE EN ANGLETERRE

L'exode des ouvriers flamands adirés en France à l'instigation du roi, ne fut pas un cas unique, particulier à noire pays. Une nation voisine a pratiqué à peu près le même embauchage.

Vers 1619, Jacques Ier, roi d'Angleterre, aurait fait venir des Flandres plusieurs tapissiers expérimentés, les aurai! installés dans le voisinage de Londres, à Mortlake, en les plaçant sous La direction de sir Francis Crâne, et en calquant cette organisation sur le contrat qu'avaient passé à Paris Marc de Comans et François de la Planche (cela ressort d'une correspondance manuscrite que possède M. C-E. Newton-Robinson) et tout de suite le nouvel établissement prit un essor remarquable, avec la clientèle de toute la Cour. Un collaborateur y était venu en la personne de Francis Cleyn, primitivement au service de Christian II de Danemarck.

Ce fut sous Charles I"' qu'il atteignit son plus liant degré d'éclat et de prospérité, et dès ce moment, le concours royal le plus absolu lui fui assuré.

L'acquisition des fameux cartons de Raphaël négociée à Bruxelles par Rubens, fournit à la nouvelle manufacture de merveilleux modèles. A l'exposition, organisée en 1876, ce fut une surprise générale quand à Paris on vit la suite des Actes des Apôtres lissée à Mortlake possédée par noire garde meuble. Les bordures, surtout, en parurent extraordinaires de linesse, de grâce et d'arrangement, et bien qu'aucun document n'ait permis de découvrir le nom de l'artiste de la Cour de Charles Ie' qui en fut l'auteur, il n'est pas permis de douter que ce lui un 1res grand artiste.

Rubens peignit pour Mortlake mu- la demande de Charles Ier une suite de 6 pièces de {'Histoire d'Achille, el van Dyck avail eu l'idée, qui ne fut pas réalisée, de 4 pièces de ['Histoire de l'Ordre tir la Jarretière.

310 l'imitation im:s tapisseries françaises

Il en iil même un très beau dessin conservé dans une grande collection anglaise.

Continuée sous Jacques II. la fabrication deMortlake était déjà languissante sous Charles II. La révolution de ItiSS dut lui porter le dernier coup.

Bien que très inférieure aux belles suilrs sorties îles ateliers de Paris à la même époque, les tapisseries de Mortlake eurent au x\ n' siècle une vogue incroyable. Toutes les grandes collections du temps, celle de Mazarin parmi tant d'autres, en possédaient. L'inventaire de Louis XIV nous en signale 20 suilrs. qu'il faut accepter avec prudence, l'attribution de plusieurs d'entre elles aux ateliers anglais étant îles plus contestables.

De très complets détails sur l'atelier de Mortlake ont été donnés par M. W.-G. Thomson, dans son Histoire de la tapisserie, d'après des documents d'archives.

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