LES DIRECTIONS DE MIGNARD ET DE MANSART
L'état de dépenses indique assez que durant cette période Les ateliers lirent preuve d'une surprenante activité. Malheureusement elle n'allait pas tarder à subir une éclipse, lui ltlS?., Colbert était mort, et Louvois devenu tout puissant. Déjà, durant sa vie, Colbert avait eu à souffrir des menées sourdes de Louvois auprès du roi. Devenu tout puissant, ce dernier lança Le roi dans toutes socles d'entreprises militaires, [mur lesquelles il fallut partout faire des économies. La manufacture des Gobelins dut s'y soumettre, et l'on y supprima l'emploi des lils d'or et d'argent, si coûteux. Le Brun avait beau résister; il avait affaire à plus fort i|ue lui, et abreuvé de dégoûts, il mourait en lli'.ti) Avec un acharnement féroce, Louvois faisait faire de suite un inventaire de tout ce qu'il laissait, afin de jeter dans l'espril du roi îles soupçons abominables : mais cela tourna à la confusion du ministre.
Pour remplacer Le Brun, au lieu de prendre un de ceux qui axaient été de ses intimes collaborateurs, et vivaient depuis longtemps dans la manufacture, en connaissant tous les rouages, ^ vart ou Douasse, Louvois alla chercher le vieux rival de Le Brun, le peintre Mignard, âgé de soixante-dix-huit ans, trop âgé pour exercer aucune influence sur l'atelier. Le seul fait intéressant de sa direction, fut l'installation d'une Académie de dessins d'après l'antique et le modèle vivant . dirigée par deux peintres et deux sculpteurs. Mais les guerres avaient amené le dépari de nombreux ouvriers ; Jans lui-même reçoil un congé, puis il est rappelé un peu après, ainsi queLefèvre. Les traditions sont rompues, La direction n'a plus d'autorité.
A Mignard avait succédé un architecte, Mansart, qui s'adjoint comme directeur des ateliers l'architecte Robert île Cotte. 11 trouva la manufacture désorganisée, le personnel dispersé, les ateliers vides et déserts. Tout était à réparer: l'argent était devenu rare cl les ressources limitées. On en était réduit à recopier les anciens modèles. C'est ce que prouve le Registre des entrées des magasins du mobilier de la Couronne à cette époque.
La première Tenture des Indes, imitée de sujets indiens, qui fut plus lard entièrement refaite par le peintre François Desportes, esl à peu près le seul modèle nouveau dont l'exécution soit signalée sous La direction de Mansart. Le moment n'est pas aux grands travaux, on se contente d exécuter des portières et des entre-fenêtres.
De celle période datent Les Portières des Dieux, ou bien les Saisons et les Elèmenti et les Mois grotesques à bandes de (Mande Audran. Les cS ten-
Les Saisons.
Vénus ou le Printemps, d'après Claude Audri