LES G0BEL1NS SOUS LOUIS XV
tures des Saisons <•( des éléments, personnifiés par un des Dieux de l'Olympe, smil un des plus purs chefs-d'œuvre de l'art textile sous la Régence. L'exquise fantaisie, le charme de la composition et de l'arrangement, révèlent en Claude Audran un des décorateurs les plus ingénieux de son temps. — La tenture des Mois grotesques avait été commandée pour la décoration de la chambre du Grand Dauphin, au château de Meuiliui : A pièces sur 12 manquent à la série du garde-meuble, entourée d'une bordure à losanges où sont répétés les douilles L de Louis, el les dauphins enlacés de l'unique exemplaire royal. Avec ces deux suites, d'un goût si original et très nouveau, l'esprit du xyiii" siècle, on peut le dire, vient d'entrer en scène. Un artiste tel que Claude Audran aurait été capable de régénérer la manufacture. Là où il était plus que jamais nécessaire qu'il y eût un peintre d'une délicate fantaisie, on nomma le duc d'Antin.
La manufacture des Gobelins sous Louis AT. Pendant son administration de près de trente ans (1708-1736), le duc d'Antin s'occupa personnellement très peu des travaux de la manufacture, et s'en remit presque complètement à l'architecte Robert de Cotte. De cette époque datent : une suite de l'Histoire de Louis XIV en 6 pièces, une nouvelle suite île la Tenture îles Indes. En 1711 est commencée la Tenture iel'Ancien Testament, d'après Coypel, en X pièces, qui naturellement appelait une réplique, le Nouveau Testament, que composèrent Jouvenet et Restout. Ces deux séries présentent une très réelle valeur artistique, et les compositions ont la plus belle allure décorative. Quant à leur perfection technique, elle est telle que peu d'oeuvres du xvii° siècle sauraient leur être égalées.
Ce fui celle tenture du nouveau Testament qui fut offerte à Pierre le Grand, quand il vint, deux ans après la mort de Louis XIV, visiter à Paris la manufacture des meubles de la Couronne. Ce fut alors, sur le désir du Czar, que le duc d'Antin consentit à ce qu'un certain nombre de tapissiers des Gobelins se rendissent en Russie, pour y fonder une manufacture analogue à celle qui faisait la gloire de la France. Et c'est en 1716 qu'était fondée à Saint-Pétersbourg une « fabrique île tapisseries el d'étoffes» sur le type de celle des Gobelins. L'architecte Leblond, s peintres Jean-Marc Nattier et Louis Caravaque y étaient partis. ompagnés d'un certain nombre d'ouvriers. La production de celte nufacture lui assez pauvre. Dans les inventaires des palais impé-
Les mois grotesques par bandes Avril, mai. juin ou Venus, Apollon, Mereure, d'après Claude Audran.