ORIGINES ORIENTALES
les saints dans les mosaïques et les miniatures, appartiennent au groupe de la tradition hellénique. 11 est d'ailleurs surprenant que dans l'étude des tapis d'Orient, on n'ait jamais songé aux tapis byzantins. Nous avons une description détaillée du tapis de la Néa à Constantinople, monument qui date de 8(17.
Il semble bien que l'Orient musulman ait commencé par continuera fabriquer le genre de lapis tissés d'or et de soie, d'après les traditions de la Perse ancienne, de ceux dont parle Vakout dans son Dictionnaire géographique, comme étant fabriqués à Kaschan. licite également une ville d'Arménie, Van, comme célèbre pour ses tapis de haute lisse ; faut-il v voir un des premiers centres de fabrication des lapis, dont d'ailleurs aucun spécimen ne serait parvenu jusqu'à nous ?
Il n'est pas possible actuellement de dire en quel point de l'Asie (nous supposons provisoirement que c'est en Perse), ni à quelle époque l'art de tisser les tapis noués prit naissance en Orient. En effet, tout texte certain nous fait défaut, de même que tout tapis portant une inscription, alors que pour les autres arts décoratifs de l'Islam nous avons des monuments à inscriptions certaines. Un seul tapis porte avec lui ce témoignage, mais il confirme seulement l'assurance qu'il nous avait donnée par son aspect, que nous avions là un très beau monument de la lin du xvi'' siècle, né en Perse, où cet art était alors à son apogée, et v avait été préparé par de longs siècles antérieurs de perfectionnement.
Est-il possible de faire un classement rationnel des lapis d'Orient? Celui qu'on peut proposer, en attendant mieux, est un classement par types, qui pour être un peu plus libre que le leur, ne diffère pas sensiblement de celui qu'ont adopté les archéologues allemands, et pour lequel ils ont pris pour base l'étude des tapis représentés dans les tableaux des Ecoles de peinture, flamande, hollandaise et italienne des xv" et xvie siècles. Il v avait là en effet un excellent critérium ; la présence si fréquente de lapis de certains genres bien déterminés dans les tableaux de ces trois Ecoles nous apportait la certitude que ces types de lapis ne pouvaient pas être d'une date postérieure à celle où les tableaux avaient été peints. Il fallait toutefois apporter un certain scepticisme à considérer comme tels tant de tapis de ces espèces, qui n'étaient que des répétitions modernes, preuves du respect des artisans d'Asie Mineure à leurs traditions; on aurait pu d'un autre côté objecter qu'ils pouvaient être
1 On trouvera te sujet des Tapis d'Orient plus développé dans un long chapitre de mon Manuel d'art musulman. Paris, Picard, r.iOT.